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El Haqîqah

Haqîqah : « réalité ; vérité ; authenticité »

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Soufisme

Soufisme (tassawûf)

Introduction “Jawâhir al-Ma‘ânî” [2/2]

‘Alî al-Harâzim al-Fâsî écrit dans « Jawâhir al-Ma‘ânî » (Vol.1,p.8-11)

« Sache — qu’Allâh te fasse miséricorde — que je ne peux pas traiter la totalité des exploits, des signes, des mérites et des prodiges de nôtre seigneur (sayyidinâ), notre Shaykh, nôtre maître (mawlânâ) Ahmad al-Tijânî (رضي الله عنه). Je ne peux pas les énumérer le long de l’éternité et en parcourant les époques. La raison est la suivante : Chaque fois que je me rappelle une vertu, je découvre d’autres vertus. Et chaque fois que je réfléchis sur un signe, je trouve un autre signe plus important, et ainsi de suite, particulièrement en ces moments-là, où il (رضي الله عنه) est encore en vie, c’est-à-dire en ce mois de Sha‘bân de l’année 1213 H.

Tout ce qui parvient au lecteur dans le présent livre n’est qu’une partie de ce qui est déjà passé avant cette date. D’autres choses vont apparaître par la suite. Soyez patient ! Vous allez trouver, cher lecteur, quelque chose de noble, s’il plaît à Allâh, quelque chose d’éminent, comme divers prodiges et récentes informations qui vous procureront de la lumière et qui lanceront de la joie dans votre coeur.

D’ailleurs, toute nouvelle information sonne bien aux oreilles. C’est ainsi que, dans le présent livre, s’il plaît à Allâh, je vous mentionnerai ce qui rendra les yeux souriants et donnera de la joie à toute personne chagrinée. Je ne mentionnerai que ce qui est authentique, véridique et ce qui pourrait convaincre les gens qui comprennent et réfléchissent bien. Vous allez voir que les exploits de ce Shaykh (رضي الله عنه) n’ont pas de limites. Ses mérites sont immenses et il est impossible des les mesurer. Ils sont bien diffusés chez les gens. Ils n’ont pas de limite ni de mesure. On se propose alors d’en citer une petite partie dans le présent document, sinon la plume risquerait de se fatiguer ainsi que la main et le pied. Ces exploits sont très célèbres chez les gens, comme du feu sur un drapeau. Le poète a ainsi raison de dire :

Interrogez-donc sur lui les détenteurs du savoir, de la raison et de la pensée ** Ainsi celui qui dispose d’une certaine connaissance et des dignitaires de la piété.

Je vais vous mentionner ses paroles devant lesquelles les oreilles restent stupéfaites. Ces paroles provoquent des larmes aux yeux, et profiteront selon la volonté d’Allâh, à la fois à l’obéissant et au désobéissant. Elles me sont parvenues ou bien :

  • En écoutant moi-même les paroles qu’il prononcent
  • Ou bien en lisant sa propre écriture
  • Ou bien par l’intermédiaire de ses compagnons qui ne l’abandonnent quasiment jamais et qui rapportent ce qu’il dit
  • Ou bien par une constatation personnelle
  • Ou bien en lisant l’écriture de ceux qui écrivent sur lui

Je n’écris rien avant de m’assurer de l’authenticité et de la crédibilité de ce que j’écris et de celui qui me rapporte l’information. Mais je crois à la crédibilité des narrateurs. Les rapporteurs à partir desquels j’ai mentionné des informations, sont tous vertueux et dignes du titre de maître, d’homme de religion, d’homme doté d’amour pour Allâh et d’homme de confiance. Chacun d’eux peut être considéré comme un modèle qui guide les gens par ses causeries. Qu’Allâh m’accorde, ainsi qu’à vous chers lecteurs, l’adhésion à son parti, et qu’Il nous fasse connaître sa valeur et celle de ses compagnons qui l’aiment. Nous nous dirigerons vers lui tout en nous mettant derrière son bien-aimé, nôtre maître, Muhammad, sa famille ainsi que ses compagnons.

Celui qui s’accroche à ces gens, atteindra ses objectifs et ne sera pas loin d’obtenir ce qu’il veut. Lorsque vous les mentionnez, cher affectueux, étalez vos mains d’invocation et patientez un moment devant leur porte d’une manière obséquieuse. Dites par la langue du démuni : “Ô Allâh ! Sois clément à l’égard de ton pauvre et faible serviteur malgré son injustice et sa tricherie.” Allâh — le Très-Haut — a dit par la langue de Son Messager (صلّى الله عليه وسلّم) : “Je suis chez ceux dont le cœur est abattu par moi.” La servilité et la nécessité auprès d’Allâh constituent la meilleure chose à se procurer dans ce monde ici-bas.

Sache — qu’Allâh te fasse miséricorde — que j’ai commencé à écrire ce livre béni début Sha‘bân de l’année 1213 H à Fès. Qu’Allâh protège cette ville et la surveille par l’oeil de la diligence. Qu’Il vous vienne en miséricorde et qu’Il nous offre Ses biens. Il est vraiment miséricordieux et affectueux. Je n’ai pas écrit un seul mot de ce livre sans que je ne fasse la consultation (istikhârah) prophétique (en vue d’acquérir la permission du Prophète avant d’agir) sans que je ne me réfugie chez Allâh et sans que je ne lui montre ma nécessité auprès de Lui seul. J’invoque le glorieux qu’il m’accorde inspiration pour corriger ce document. Allâh est Généreux et Grand Donateur.

Ce n’est pas un pauvre homme comme moi qui va oser collecter les propos des saints d’Allâh — le Très-Haut — et leurs attributs. Et ce n’est pas un pauvre homme comme moi qui va rassembler dans ses notes leurs affaires et leurs dons. Mais lorsque j’ai vu que les compagnons de nôtre maître (رضي الله عنه) n’avaient pas osé rassembler ses propos, et que par inattention, ils n’ont même pas pensé à cueillir ses sciences et ses secrets, j’ai su que l’effort, le sérieux et l’initiative doivent venir d’un être anéanti “comme moi” détaché de ses préoccupations personnelles. Ce type de préoccupations est en général la source de toute souffrance chez l’être humain. C’est alors que j’ai commencé à ramasser ces perles durant cette période de “stagnation”, où chacun s’occupait de ses propres objectifs. Mais j’ai toujours su qu’un jour viendra où le “stagnant” deviendra sollicité. Il ne tarde, en effet, jamais à devenir recherché et désiré. Et il se peut qu’il soit sollicité sans qu’on le trouve, à cause de sa rareté chez ceux qui connaissent sa vraie valeur et son importance.

Je me suis alors engagé à m’occuper de ces “perles”. J’ai orienté mon énergie à les chercher et à les collecter. Et chacun obtiendra ce qu’il cherche en fonction de son énergie et de sa capacité. Certes, ma détermination est faible et elle est troublée par mes actes malsains, mais j’espère qu’Allâh récompensera notre initiative selon la parole de la meilleur des créatures : “Chacun sera avec celui qu’il aura aimé.” Et sa parole (صلّى الله عليه وسلّم) : “Celui qui aime un groupe de gens fera partie d’eux.” Et comme il a été dit : “Ce sont des gens (les soufis) dont le compagnon ne peut pas être malheureux.”

Ô Allâh ! Comme Tu nous a accordé la faveur de nous les faire connaître, ne nous voile pas de leur amour et de leur regard. Conduis-nous selon leur modèle et leur voie. Ne nous sépare pas d’eux jusqu’à ce que Tu nous permettes d’obtenir leurs états (spirituels) et de rentrer par leur portail, Ô Seigneur des univers ! Je T’invoque, Ô Allâh ! Pardonne-moi si j’ai exagéré par la plume et si j’ai dévié par le pied. Car Tu es certes Allâh, Tu détient la grâce et la générosité. Je T’invoque, ne considère pas ce que j’écris comme une preuve contre moi. Considère-le en ma faveur, Ô Seigneur des univers !

Comment peut-on prétendre la perfection alors que nous sommes le lieu du défaut, de l’erreur et de l’incorrection. On a du mal à accélérer les pas pour aller vite. Mais notre croyance est excellente à l’égard des maîtres. Ces maîtres sont le lieu de la grande générosité. Ils ne sont pas du genre à négliger ou à abandonner celui qui s’attache à eux ou qui se met de leur côté. Même le pique-assiette de leur entourage n’est ni refoulé, ni chassé de leurs portes. Qu’Allâh récompense celui qui a dit :

Ce sont mes maîtres, ma tranquillité, mon aspiration *** Les dignitaires de la pureté ont acquis les meilleures perfections
Celui qui les aime ou qui leur rend visite ne peut jamais *** Être négligé par eux dans la céleste cité

Un autre a dit :

J’ai un privilège sur les gens, grâce à vôtre compagnie *** Celui qui vous aime ne sentira aucun souci
Vous êtes mon objectif; je ne vois que vous dans cette galaxie *** Sans vous, ni mon âme ni mon souffle ne seront exquis
Ne me négligez pas, je suis le serviteur de votre présence *** Je suis à vôtre service et sous vos ordres en silence.

Je souhaite que le lecteur du présent document ferme les yeux sur ce qui est critiquable. Qu’il me pardonne les erreurs et les incorrections, les excès et les défauts. Qu’il participe à sa correction et à l’élimination des fautes qu’il contient. Qu’il affronte mon ignorance par la rémission, le pardon et les meilleurs actes. Je ne suis pas parmi les gens du savoir, ni parmi les spécialistes de la grammaire ou de la rédaction. Mais ce qui m’a conduit à l’écriture de ce livre, c’est plutôt mon intense amour pour ce shaykh, ainsi que mon attachement à ses bien-aimés. D’ailleurs, celui qui s’excuse annule les reproches et la réprimande qui peut lui être adressée. Le poète a dit à son égard :

Lorsque le pécheur présente ses excuses, celles-ci annulent son péché si je ne m’abuse *** Le vrai pécheur est celui qui n’accepte pas les excuses

Maintenant que j’ai fait cette présentation, il est temps que j’indique au lecteur les objectifs de ce livre, et que je lui présente ce qu’on lui a promis. Il s’agit en effet de lui présenter les mérites de ce Shaykh (Ahmad al-Tijânî) (رضي الله عنه), ses enseignements, ses oraisons, ses actes, ses traces, ses lumières, ses secrets, ses litanies, ses “wird” et ses citations qui touchent les cœurs et les esprits afin de les tranquilliser et substituer leurs nuits d’isolement et de solitude par des jours rappelant les soleils brillant.

Je dis alors, tout en m’appuyant sur l’aide d’Allâh, dont le soutien est suffisant, Il est le meilleur suffisant et Il est mon meilleur auxiliateur : J’ai articulé ce document, ses tomes, ses parties, ses biographies et ses fondements en six chapitres, une introduction et une conclusion. J’invoque Allâh pour qu’Il me serve de Sa prodigieuse providence. Il est le Solonnel, le Très-Haut, l’Unique, le Singulier et le Seul à être imploré.

Chapitre I : Concernant sa biographie, sa naissance, ses parents, sa généalogie, son entourage proche de lui, son éducation, ses débuts, ses efforts et son affiliation au chemin de la raison et de la guidance. Il comporte trois parties.

Chapitre II : Concernant ses illuminations spirituelles et ses états; sa station spirituelle qui le caractérise et sa perfection; sa conduite prophétique; un ensemble de ses valeurs éminentes et ses bonnes relations avec ses confrères et avec les gens dignes de sa dilection. Il comporte trois parties.

Chapitre III : Concernant sa générosité et sa largesse. Sa magnanimité et sa fidélité. Sa crainte pieuse et sa haute détermination. Sa piété, son ascèse, son conseil et sa liberté. Sa guidance vers Allâh et ses efforts de rassemblement des nations autour d’Allâh, par son comportement ses propos. Il comporte trois parties.

Chapitre IV : Concernant l’organisation ses litanies et ses oraisons. Sa voie et ses disciples. Le mérite accordé aux litanies et à leurs lecteurs. La description du disciple et de son état. Ce qui coupe le disciple de son éducateur. Les caractéristiques du Shaykh à suivre dans ses paroles et dans ses actes. Les conséquentes du chant spirituel (samâ‘) sur le disciple. Et différentes invocations, qu’Allâh a rendu courantes sur sa langue comme cela est la coutume du Généreux sur les coeurs de ceux qui Le connaisse. Il comporte trois parties.

Chapitre V : Ses explications concernant certains versets coranique et hadîth prophétique. Il traite également ses correspondances, ses paroles et ses signes. J’y ai mis ce que j’ai entendu grâce au débordement de ses sciences et de ses rapports. Il comporte quatre parties.

Chapitre VI : Concernant ses prodiges et quelques-unes de ses gestions courantes. Il évoque aussi certains dévoilements dont ont été témoins ses compagnons. En conclusion venant à la fin des chapitres, et donnant au document l’arôme du musc, j’ai terminé en rapportant différents de ses prodiges supplémentaires, selon des citations agréables à entendre. Le sympathisant sera réjoui en trouvant ce qu’il cherche. Son désir et son amour seront rassasiés.

Je l’ai appelé (ce livre) : “Perles des significations et exaucement des souhaits au sein de l’afflux d’Abû al-‘Abbâs al-Tijânî” (jawâhir al-ma‘ânî wa bulûgh al-amânî fî fayd abî al-‘abbâs al-tijânî). Qu’Allâh nous appuie et nous aide. Qu’Il nous accorde l’ouverture (fath) et providence, succès et bonheur. Allâh est Le Généreux et l’Hospitalier. Gloire à Lui ! Qu’Il nous accorde force et aide. Comptons sur lui pour compléter ce livre et le terminer. Il n’y a pas d’autre source d’énergie en dehors de la Sienne. On ne peut compter sur personne à part Lui. Il est le protecteur et le garant et Il me suffit. Il est mon meilleur garant. Qu’Allâh m’accorde le succès, c’est Lui qui me guidera vers le droit chemin. »

Fin de citation


  • Texte en arabe :
واعلم – رحمك الله – أنّي لا أستوفي ما لسيّدنا وشيخنا ومولانا أحمد التجاني رضي الله عنه من المآثر والآيات ، والمناقب والكرامات ، أبد الآبدين ، ودهر الداهرين ، لأنّي كلّما تذكّرت فضيلة وجدت فضيلة أخرى ، وكلّما تدبّرت آية رأيت أكبر من أختها إلى هلم جرّا ، لا سيما رضي الله عنه باق في قيد الحياة لهذا العهد ، شهر الله شعبان سنة ثلاث عشرة ومائتين وألف ، فكلّما يَرِدُ عليك ذكره في هذا التقييد فإنّما هو بعض ما فات ممّا سلف ، قبل هذا التاريخ وخلف من خلف ، فدونك فإنّك ستقف إن شاء الله على كلّ شيء شريف ، وأمر منيف ، من كرامات عديدة ، وأخبار جديدة ، تكسبك نورا ، وتقذف في قلبك سرورا ، فإنّ النبأ الجديد موقعه في الأسماع لذيذ ، وها أنا أذكر لك إن شاء الله ما تقرّ به العيون ، ويتسلّى به كلّ محزون ، ممّا صحّ عندي وتقرّر ، وفيه مقنع لمن فَهِمَ وتدبّر ، لأنّ مآثر هذا الشيخ رضي الله عنه لا تحصى ، ومناقبه لا تستقصى ، فقد شاعت بها الأخبار ، حيث صار الليل والنهار ، وليس يوجد لها حدٌّ ولا مقدار وإنّما نورد صبابة منها ، وشظية مِنْ عدّها ، فقد يكلّ عنها القرطاس والقلم ، ويعيا في طلبها اليد والقدم ، فهي في الناس أشهر من نار على علم ، وقد صدق الشاعر في بيته حيث يقول :

فَسَلْ عنه أهل العلم والعقل والحجا      ومن كان ذا علم وكلّ ذوي النسك

ولكن أذكر لك جملة تستحليها أذن السامع ، وتذرف لها العيون بالمدامع ، وينتفع بها إن شاء الله العاصي والطائع ، من كلامٍ سمعته منه ، أو كتبتُه من خطّه ، أو أخبار في سيرة تلقّيتُها من أصحابه وملازميه ، وما شاهدته من ذلك وبعضها من خطّ غيره . ولم أكتب شيئا من أحد حتّى أتثبّت فيه ، وأتحرّى الصدق ممّن يحكيه ، ولكن الظنّ بهم جميل ، إذ كلّ من نقلتُ عنه أو رويتُ ، موسوم بسمة الصلاح فيما رأيت ، فإنّهم أهل سيادة وأهل ديانة ، وأهل محبّة وأهل صيانة ، كلٌّ يُقتدَى بقوله ، جعلني الله وإيّاكم من المنخرطين في سلكه ، ومن المحسوبين في حزبه ، وممّن عرف قدره وقدر محبّه ، بجاه سيّدنا محمد وآله وصحبه ، فإنّ من تشبّث بأذيالهم بلغ المأمول ، وكان فيما يرومه قريب الوصول ، فابسط أيّها المحبّ أيدي الضراعة عند ذكرهم ، وقفْ متذلّلا عند بابهم ، وقل بلسان الافتقار اللهمّ ارحم عُبَيْدَكَ الضعيف ، وإن كان على الجور والتطفيف ، فقد قال تعالى على لسان رسوله صلّى الله عليه وسلّم : « أنا عند المنكسرة قلوبهم من أجْلي » ، فالتذلّل والافتقار ، خير ما يقتني العبد في هذه الدار .
واعلم – رحمك الله – أنّي شرعت في ابتداء هذا الكتاب المبارك أوائل شعبان سنة ثلاث عشرة ومائتين وألف بفاس حرسها الله بعين رعايته ، وأرجو من الله أن يرزقنا خيره إنّه رحيم ودود ، ولم أكتب منه حرفا إلاّ بعد الاستخارة النبويّة ، واللجا إلى الله والافتقار إليه من كلّ البريّة ، فنسأله سبحانه أن يلهمنا فيه إلى حسن الصواب ، إنّه كريم وهّاب ، وما مثلي من يتجاسر على جمع كلام أولياء الله تعالى وشمائلهم ، ويتعرّض لمسائلهم ومواهبهم ، لكن لمّا رأيتُ خُطَى أصحاب سيّدنا رضي الله عنه تقاصرت عن جمع كلامه ، واستولت عليهم الغفلة في الْتقاط علومه وأسراره ، وصار الكدح والجدّ والسعي إنّما هو مقصور على الفاني ، وله كلّ شخص يعاني ، أخذت في الْتقاط هذه الدرر في هذه الفترة وهذه الكسرة ، حين بذل كلّ واحد فيه جهده ، وجعل في ذلك نيّته وقصده ، وعلمت أنّ كلّ كاسد لا بدّ أن يُطلب ، وعمّا قليل يُبحث عليه ويُرغب ، وربّما طُلب في بعض الأحيان فلا يوجد لعزّته ، عند من يعرف قدره وقدر قيمته ، فألزمتُ نفسي القعود إليه ، وصرفت الهمّة لطلبه وجمعه ، وكلّ يعطي على قدر طاقته ووسعه ، استرجاء لهذه الهمّة الدنيّة ، المشوبة بالأفعال الرديّة ، علّ الله أن يثيبها بقول خير البريّة حيث قال : « وأوجب المرء مع من أحبّ » ، وقوله صلّى الله عليه وسلّم : « من أحبّ قوما كان منهم » ، وكما يقول : « هُمُ القوم لا يشقى بهم جليسهم » .
اللهمّ كما مننت علينا أوّلا بمعرفتهم فلا تحجبنا عن محبّتهم ورؤيتهم ، واحملنا على سنّتهم وطريقتهم ، ولا تَحُل بيننا وبينهم حتّى تحلّنا محلّهم وتدخلنا مدخلهم يا ربّ العالمين ، وأسألك اللهمّ أن تغفر لنا ما طغى به القلم ، وزلّت به القدم ، فإنّك أنت الله ذو الجود والكرم ، وأسألك أن لا تجعل ما نسطّره حجّة علينا ، واجعله حجّة لنا يا ربّ العالمين ، ومَنْ لنا بالكمال ونحن محلّ النقص والخطأ ، قاصرين في السعي عن مدّ الخُطى ، لكن الظنّ بالسادات جميل ، إذ هُم محلّ الكرم الجزيل ، وحاشا لمن تعلّق بأذيالهم أن يهملوه ، أو تحيّز لجنابهم أن يتركوه ، فإنّ طفيلي ساحتهم لا يُردّ ، وعن بابهم لا يُصدّ ، ولله درّ قائلهم :

هم سادتي هم راحتي هم منيتي      أهل الصفا حازوا المعالي الفاخره
حاشا  لمن قد حبّهم أو زارهـم      أن  يهملـوه سادتي في الآخـرة

وقال غيره

ولي بصحبتكم فضل على  الناس      وكلّ من حبّكم ما به من بـاس
أنتم مرادي وما في الكون غيركم      لولاكم لم تطب نفسي وأنفاسي
لا تهملوني فاني عبد حضرتكـم      محلّكم سادتي منّي على  الراس

وأرغب لمن طالع مكتوبنا هذا أن يغضّ عنه عين الانتقاد ، ويسمح لنا ما يلقاه من التصحيف والتحريف ، والزيادة والتطفيف ، ويصلح ما وجد فيه من الخلل ، ويقابل جهلنا بالصفح والإغضاء وحسن العمل ، فإنّا لسنا من أهل العلم ودرايته ، ولا من أهل النحو وصناعته ، وإنّما حملنا على ذلك شدّة حبّنا في أهل هذا الجناب ، وتعلّقنا بهؤلاء الأحباب ، ومن أقام لنفسه عذرا سقط عنه اللوم ، وفيه يقول القائل :

إذا اعتذر الجاني محا العذر ذنبه      وكل امرئ لا يقبل العذر مذنب

وقد آن لنا أن نذكر بعد هذا ما رمناه ، ونوضّح للسامع ما به وعدناه من ذكر فضائل هذا الشيخ رضي الله عنه ، وأخباره وأقواله وأفعاله وآثاره ، وما لاح على القلوب والأرواح من أنواره وأسراره ، وأحزابه وأوراده وأذكاره ، لتطمئنّ به القلوب والنفوس ، وتطلع من بعد ليل الوحشة نهار التذكرة البدور والشموس .
فأقول وبالله أستعين ، فهو حسبي نعم الحسب ونعم المعين ، مضمّنا أبوابه وفصوله ، وتراجمه وأصوله ، في ستة أبواب ، ومقدّمة ، وخاتمة في العدد ، والله أسأل أن يمدّنا منه بحسن المدد ، فهو جلّ وعلا الواحد الفرد الصمد .

  1. الباب الأوّل : في التعريف به وبمولده وأبويه ونسبه وعشيرته الأقربين إليه ، ونشأته وبدايته ومجاهدته وأخذ طريق رشده وهاديته ، وفيه ثلاثة فصول .
  2. الباب الثاني : في مواجده وأحواله ومقامه المتّصف به وكماله ، وسيرته السنيّة ، وجمل من أخلاقه السُّنِّية ، وحسن معاملاته مع إخوانه وأهل مودّته وفيه ثلاثة فصول .
  3. الباب الثالث : في كرمه وسخائه ، وعظيم فتوّته ووفائه ، وخوفه وعلوّ همّته ، وورعه وزهده ، وموعظته وحريته ، ودلالته على الله وجمعه عليه ، وسوقه الأقوام بحاله ومقاله إليه ، وفيه ثلاث فصول .
  4. الباب الرابع : في ترتيب أوراده أذكاره ، وذكر طريقته وأتباعه ، وفضل ورده وما أعدّ الله لتاليه ، وصفة المريد وحاله ، وما يقطعه عن أستاذه ، وكيفية الشيخ الذي يتّبعه بسائر أقواله وأفعاله ، وكيفية السماع وما يتبعه في سائر لياليه وأيامه ، وأدعية شتى أجراها الله على لسانه كما هي عادته الكريمة على قلوب أهل عرفانه ، وفيه ثلاث فصول .
  5. الباب الخامس : في ذكر أجوبته على الآيات القرآنية ، والأحاديث النبوية ، وفي ذكر رسائله وكلامه وإشاراته ، وما سمعته من فيض علومه وتقريراته ، وفيه فصول .
  6. الباب السادس : في جملة من كراماته ، وبعض ما جرى من تصريفاته ، وما اتّفق لبعض أصحابه معه من مكاشفاته ، أوردتها آخر الأبواب لتكون مسك ختامه ، ويكمل فيها ما يستملح من الكلام على كراماته ، ويظفر المحبّ بمرامه ، ويشفي غليل لوعته وغرامه .

وسمّيته : جواهر المعاني وبلوغ الأماني في فيض أبى العباس التجاني ، وإلى الله الاستناد ، وعليه الاعتماد ، ومنه الفتح والإمداد ، والتوفيق والإسعاد ، فهو الكريم الجواد ، وبه سبحانه القوّة والإعانة ، وعليه التعويل في الإتمام والتكميل ، فلا قوّة إلاّ به ، ولا ركون إلاّ على جنابه ، فهو الوليّ والكفيل ، وهو حسبي ونعم الوكيل .
فأقول وبالله التوفيق ، وهو الهادي إلى سواء الطريق .



Introduction “Jawâhir al-Ma‘ânî” [1/2]

‘Alî al-Harâzim al-Fâsî écrit dans « Jawâhir al-Ma‘ânî » (Vol.1,p.5-8) :

« Au nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Particulièrement Miséricordieux

بسم الله الرحمـن الرحيـم

Louanges à Allâh, qui a couvert Ses alliés (awliyâ’ihi), Ses biens-aimés (ahibbâ’ihi) et ses élus (asfiyâ’ihi) de son afflux de lumière Ahmadienne. Il les privilégie par Son secret caché, par la quiddité (jawhar) de Son savoir et de Sa providence (durrihi), en leur offrant connaissances et secrets. Il les couvre par la robe de Sa splendeur et par les tenues de Sa beauté et de Sa magnificence. Il les expose comme des lunes dans le ciel du monothéisme (tawhîd). Leur lumière éclaire alors la créature. C’est ce qui guide facilement les gens vers le droit chemin de la religion. Celle-ci leur sert alors de patrie et de demeure stable. Ce saints deviennent par conséquent, pour les disciples une guidance, une feuille de route et une preuve tranchante. Ils surgissent en éclaireurs agrégés dans chaque sentier déterminé. Sans ces élus, les détroits de ces chemins ne peuvent être traversés, la tortuosité des côtes humaines ne peut être redressée, et la clairvoyance des gens ne peut être suffisante pour les orienter vers la guidance. Gloire à Allâh qui les a caractérisé par la sagesse et la clairvoyance. Par leur intermédiaire, il a introduit a joie dans les cœurs et au fond des gens. Allâh a fait d’eux des assistants et des protecteurs de la religion.

Et que la prière et le salut soient sur nôtre seigneur (sayyidinâ) (seigneur : personne noble de haut rang), nôtre maître (mawlanâ), Muhammad qui :

  • De l’afflux de son océan, les élus s’abreuvent
  • Du jardin de ses dons, ils cueillent et prélèvent des fruits et des fleurs
  • De sa lumière, ils extraient des renforts
  • De lui, ils héritent et exploitent ce qu’ils ont hérité
  • Et c’est autour de lui qu’ils planent tous et tournent.

Il n’y a pas la moindre aubaine qui parvient aux gens, ni la moindre miséricorde qui les couvre continuellement et copieusement sans qu’elle soit octroyée par son intermédiaire. En effet, il (le Prophète) est la sublime porte qui mène à Allâh. C’est son droit chemin. C’est sa pluie bienfaisante et son eau bénigne et copieuse. Sans le généreux surgissement du Prophète, sans ses providences globales qui ouvrent les cœurs et les perceptions (absâr), personne n’aurait goûté du délice d’une liaison avec son bien-aimé; personne n’aurait connu de tasse d’amour ni compagnon et aucun arroseur n’aurait senti la bonne odeur de son action. Qu’Allâh prie sur lui et le salue, ainsi que sa famille proche, dont l’honneur est complété par le sien et par sa perfection. Ils sont (sa famille) éminents dans leur gloire et fierté. Et qu’Il prie et salue également sur ses vertueux compagnons, les émigrants (muhâjirîn) et les auxiliaires (ansâr), qualifiés de la bienfaisance et de la bienveillance.

Pour commencer :

La meilleure préoccupation de l’être humain pour laquelle il doit accorder son intérêt, passer son temps, jour et nuit, utiliser sa pensée et ses plumes, et que tout individu doit considérer comme :

  • Un compagnon à prendre.
  • Un sanctuaire, à mettre devant lui et à fixer comme objectif.
  • Un modèle de conduite, à suivre comme imâm.
  • Une provision valeureuse à acquérir.
  • Une belle fille, vierge à épouser.
  • Une niche de lumière à emprunter.
  • Une galaxie de soleils et de lunes pour s’éclairer.
  • Des bois et des bassins pour s’arroser.
  • De bonnes odeurs et de meilleurs parfums à utiliser.
  • Une demeure agréable et un bien-aimé à se rappeler.

Cette préoccupation recommandée consiste à connaître les bienfaits des saints (awliyâ’), de grands élus, du parti d’Allâh et des dignitaires de la présence divine. Ces saints ont réussi la constatation d’Allâh et ont bénéficié de Son regard divin. Ils sont attirés vers Allâh qui les aime aussi. Ils sont debout entre ses mains. Ils ne cessent de l’adorer. Leurs cœurs se prosternent continuellement devant lui. Ils respectent convenablement le pacte d’Allâh dans l’apparence et dans le fond.

Ils constituent le reflet apparent des signes de l’Élu (Le Prophète). Ils sont ses députés et ses successeurs. Ils s’arrosent de sa source abondante et boivent de son eau pure et abondante. Ils se qualifient de ses attributs et de ses valeurs. Ils suivent ses propos et ses actes. A l’écoute de leur rappel, les cœurs s’apaisent et aspirent au retour au Grand Connaisseur des inconnaissables. Les cœurs retrouvent alors leur activité en se retirant dans leurs entraves, afin d’obéir à Allâh et d’exécuter ses ordres divins. Grâce aux saints, plusieurs personnes ont connu la détermination, l’énergie, le sérieux et la persévérance. Elles sont arrivées à faire leurs propres comptes sur leurs actes méticuleusement et minutieusement. Rien ne peut les satisfaire sauf l’obtention de l’excellence en toute chose.

Elles se dépêchent pour accomplir toute bonne oeuvre visant la demeure du bonheur. Elles oeuvrent pour mettre leurs membres à l’abri de la bassesse des réfractions et de la perpétration des mauvais péchés. Elles accomplissent leurs devoirs religieux, exécutent les ordres divins et évitent les prohibitions. Elles sacrifient leurs esprits et âmes pour satisfaire leur bien-aimé, tout en recevant tout ce qui vient de sa part avec estime et haute considération. Leurs prédicats et attributs commencent alors à être rapportés et à être gravés dans les archives.

Il a été rapporté que l’une de ces personnes a dit : “Par Allâh ! Je rivaliserai avec les compagnons de Muhammad (صلّى الله عليه وسلّم) dans leurs actes jusqu’à ce qu’ils sachent qu’ils ont laissé derrière eux de véritables hommes !”

Analyse donc cette valeureuse détermination, qu’Allâh te fasse miséricorde. Regarde comment elle n’accepte que les rangs éminents. Voilà le résultat des bonnes œuvres rapportées sur les ancêtres. Voilà ce qui aspire à la concurrence et à l’assiduité.

Allâh — le Très-Haut — a dit : { Que ceux qui la convoitent entrent en compétition (pour l’aquérir) } (S.83/V.26). Qu’Allâh nous accorde une haute détermination, par laquelle il nous fera parvenir à toute fin louable. Qu’Il nous accorde aussi une bonne intention sincère par laquelle Il nous fera éviter tout ce qui risque de nous entraîner à la répulsion. Il a été dit (par un poète) :

Si tu aspires à un succès épique *** Sois alors dans ton amour, véridique.
Relève les manches de ta volonté *** Abandonne tout lien terrestre et toute affinité.
Le secret des maîtres ne se manifeste *** Que sur les fervents amoureux sans conteste.

Voilà, cher affectueux, l’intérêt de l’existence et de l’apparition de ces élus, ainsi que l’intérêt d’apprendre de leurs nouvelles, d’une manière brève et résumée. { Et nul ne connaît les groupes de ton Seigneur, sauf Lui } (S.74/V.31). En somme, les aubaines divines dont nous disposons sont sans limites. Nous ignorons encore d’innombrables autres aubaines. Louanges donc à Allâh, jusqu’à ce qu’Il soit satisfait. Si nous essayons de collecter les propos des saints, qu’Allâh soit satisfait d’eux, ainsi que ce qui a été rapporté sur leurs beaux attributs, nous ne pourrons jamais finir, par manque de temps.

Qu’on se retienne donc, car il est impossible de tout collecter sur ces élus qui puisent dans l’océan des dons et de la faveur. Elus qui font la cueillette des fleurs de la délicatesse et des connaissances, à partir de la matière première de la générosité et de la bienfaisance. Comment peut-on imaginer qu’ils ne les cueillent par directement alors qu’Allâh les a choisis pour Le servir ? Il a fait d’eux des gens dignes de Son invocation et de Sa présence divine.

Il leur a fait constater les lumières de Sa beauté et de Sa bienfaisance. Il les a placés sur la plateforme de Sa perfection et de Sa faveur. Leur amour pour Allâh les a rendus dignes de bonté. La perplexité de leurs coeurs devant la grandeur d’Allah les a transportés ailleurs. Ils ont acquis de leur maître ce qu’ils demandaient. Le temps leur est favorable pour acquérir ce qu’ils veulent obtenir. Ce son donc de véritables seigneurs, princes, et de véritables rois, mais cachés sous des habits de pauvres démunis. Leur caractère vertueux les a rendus habilités à guider les gens.

Ils obéissent à Allâh. Ils sont à Son service. Ils ne s’écartent par de Sa décision ni de Sa volonté. La vie des gens n’est purifiée, en général, que par eux. Les coeurs ne s’apaisent que par leur rappel. En rédigeant ces lignes, j’ai eu une inspiration poétique qui m’a transpercé, et qui a crié haut et fort, en évoquant la fierté d’appartenir au voisinage de ces élus :

Je jure que le temps ne présente aucune saveur *** En leur absence et sans leur présence
Je ne serai certes satisfait d’aucune existence *** Sous leurs ombres parmi eux voilà la vraie vie de bonheur
Ils sont ma tranquillité, mon intimité *** Ma volonté et ma visée
Au fin fond de mon coeur, ils se sont enracinés *** Je n’ai personne de plus sûr
Que le Très-Miséricordieux, leur accorde la salutation la plus pure

Ô, vous, qui désirez la beauté de ces élus et qui aimez leur voie et leur perfection, montrez donc votre satisfaction et votre plaisir quand vous les prenez pour guides. Attachez-vous à leurs liens et ne vous détournez pas d’eux, sinon vous risquerez le refoulement de leur proximité.

Contentez-vous de consulter ce que je vais vous écrire dans ce généreux document comme attributs et spécificités de cet éminent Shaykh (Ahmad al-Tijanî). Seul l’ancien temps a permis à des hommes pareils d’apparaître. Qu’Allâh rétribue celui qui a dit :

Les qualités des dignitaires d’Allâh sont certes infinies *** Mais les meilleures n’appartiennent qu’aux Tijân
Le Firdaws et l’éternité lui ont été octroyés par Son seigneur *** Ainsi que le paradis “‘Adan”, des houris et des serviteurs
Son paradis de refuse, sa demeure stable *** Et un séjour de vérité et de miracles
Disposant des jardins et de la grâce innombrables

Dans le même contexte, un autre, qu’Allâh lui fasse miséricorde a dit :

Je jure, moi qui suis pleinement agréé dans mon serment *** Qu’il n’a jamais été permis à un tel homme d’apparaître, avant ce moment
Certes, vérifiez vous-même, sans que vous m’inculpiez *** Aucune femme, dans le temps, n’a donné naissance à une telle personnalité

Il (Ahmad al-Tijânî) fait partie en effet des élus qui disposent de grands prodiges, longtemps clamés par les poètes. Il a acquis les plus hauts rangs de la sainteté. Il dispose de ses signes et de ses attributs les plus importants.

Il est nôtre Shaykh, nôtre seigneur (sayyidanâ), nôtre appui (sanadanâ) et moyen (wasîlatanâ) menant à nôtre Seigneur. Il est le Shaykh accompli, le modèle parfait, le mont éminent et le gnostique ancré. Il est une montagne de la Sunnah et de la religion. C’est un repère pour les pieux et pour les bien-guidés. C’est un érudit et un intellectuel qui a pris part dans plusieurs sciences. Il rassemble à la fois la Législation (sharî‘ah) et la Vérité (haqîqah). Sa lumière et ses bénédictions débordent sur toute la créature. Ses signes et ses secrets sont incontestables. Il est digne de largesse et de fierté. C’est une mer abondante et géante. Sa spécificité est reconnue par toute personne qu’elle fasse partie de l’élite ou des gens du commun. Il est le singulier de l’ère et la lanterne de l’époque. Il s’agit du noble chaste, dont la valeur est éminente :

Abû al-‘Abbâs, Mawlanâ Ahmad, fils du célèbre saint, du grand savant, du Shaykh et Imâm, du modèle à suivre, de l’enseignant profitable, du suiveur de la tradition prophétique : Abû ‘Abdallâh, Sayyidî Mahammad b. Mukhtâr al-Tijânî, qu’Allâh soit satisfait d’eux.

Grâce à Allâh, j’ai eu l’occasion de le connaître, et d’être attaché aux siens et à son groupe. J’ai pu découvrir ses attributs, ses qualités, ses bienfaits et ses mérites. J’ai écouté ses enseignements, ses signes et ses remarques subtiles. Tout ce que j’ai découvert chez lui est d’une rareté exquise, cela mérite d’être enseigné, désiré, gravé, écrit par les plumes, et publié dans les documents les plus célèbres. C’est pour toutes ces raisons et à la suite de la requête de certains illustres confrères, bien-aimés, que j’ai décidé de rassembler le présent document, à partir des quelques notes dont je dispose. Ils m’ont demandé, en effet, de rassembler mes notes concernant la biographie du Shaykh, sa voie, sa gnose, son authentification, sa naissance, sa conduite, son éthique, ses attributs, sa parole, ses signes, ses prédictions, ses prodiges et ainsi de suite.

Le but du présent document est donc de servir les confrères qui me l’ont demandé, de faire profiter les désireux, d’aider les personnes dignes d’estime et de considération, d’éclairer les personnes clairvoyantes, de faire bénéficier les amoureux et les bien-aimés, et de bien guider les descendants des élus d’Allâh ainsi que ceux qui s’attachent à eux. En effet, l’attachement aux élus d’Allâh, leur considération comme refuge, l’appartenance à leur groupe et l’arrêt devant leurs portes est un vrai attachement à Allâh, le Généreux. C’est aussi un arrêt devant Sa sublime porte. C’est une exposition à Sa miséricorde générale et immense. Dans le hadîth rapporté par al-Tabarânî :

“Vôtre Seigneur a mis à vôtre disposition, durant vos journées, des moments d’exaucement de vos souhaits. Exposez-vous donc à ces moments, espérant que le bonheur vous touche et que vous ne soyez jamais malheureux.”

Quelle chance ils ont ! Ceux qui cherchent ces moments, s’exposent à ces souffles, et prélèvent leur part de ces providences divines. Lorsque nous nous rappelons ces saints, les miséricordes descendent sur la terre, et les arômes des brises se propagent partout. Si ce rappel implique toute cette miséricorde — d’après les références théologiques et les prédicats connus — comment imaginez-vous ce qui résultera de la diffusion de leurs bienfaits et de leurs exploits ? Du dénombrement de leurs mérites et de leurs traces ? Et du rappel de leurs conduite est une guidance, une lumière, un remède et une guérison pour les cœurs, une dissipation de chagrins, une ouverture des perceptions, une utilité pour la conscience et une guidance pour le disciple et pour le cheminant de la voie.
L’auditeur se réjouit en écoutant les paroles de ces guides qui animent les désirs et agitent les affinités pour attirer les gens vers leur présence. Le meilleur sujet qui occupe les registres, les cahiers, les langues et les encriers, après celui qui traite des attributs, de la conduite, des valeurs et de l’empreinte du Messager d’Allâh (صلّى الله عليه وسلم) n’est ‘autre que celui qui parle des saints de leurs bontés, de leurs prédicats et de leurs exploits. Ce sont de véritables compagnons du Prophète du point de vue spirituel, et ils incarnent son miracle permanent et éternel. Qu’Allâh agrée celui qui a dit :

Ô Maître ! Ô Meilleur des maîtres ! *** Mon temps sera agrémenté par le souvenir de votre être
Ô meilleur compagnon de Muhammad, après lui *** Ô meilleur des morts et de ceux qui sont en vie

A notre tour, si nous ne faisons pas partie des gens dignes de la succession (du Prophète), ni du groupe de l’élite, ni des successeurs des successeurs, nous tournons quand même autour de leurs souffles, tout en espérant obtenir de leurs bénédictions :

Récoltez ce qui est à vôtre portée *** Si le délai de la cueillette vous l’avez manqué
A défaut d’une averse qui l’atteint *** N’est-ce pas la rosée que vous risquez, au moins ?

Il est accordé à celui qui ne cesse de répéter les prédicats des élus, qui s’intéresse à leurs œuvres, qui ne cesse de parler d’eux, qui aime les anciens parmi eux et les nouveaux; d’être reçu chez eux, de bénéficier de leurs bienfaisances, et d’accrocher un certain intérêt dont les retombées lui seront très utiles. C’est dans ce sens que le poète a dit :

Parlez de leurs belles particularités et de leurs qualités *** Cette conversation sacrée est pour nous le compagnon des âmes élevées
Si vous en prenez un verre *** Votre fatigue et votre misère seront dissipées

Qu’Allâh nous range parmi ceux qui les aiment et qui suivent leur voie et leur parti ! Qu’Il nous fasse jouir de leurs enseignements et de l’admiration de leur conduite et de leur trace ! »

Fin de citation


  • Texte en arabe :

الحمد لله الذي أفاض على أوليائه وأحبّائه وأصفيائه من النور الأحمديّ أنوارا ، وأصفاهم مِن مكنون سرّه وجوهر علمه ودرّه معارف وأسرارا ، وحلاّهم بحِلية سنائه وحُلل جماله وبهائه وأطلعهم في سماء التوحيد أقمارا ، فاستضاءت بأنوارهم الخليقة ، وسلكوا بهم من الدين طريقه ، وتبوّءوا منه وطنا وقرارا ، وصاروا للسالكين هداية ، وعلَما بالمحجّة وآية ، وبرزوا بكلّ لاحق منارا ، فلولاهم ما سُلِكَ من تلك السبل فجاجُها ، ولا قُوِّمَ من ضلع النفوس اعوجاجُها ، ولا تبيّن لها الهدى استبصارا ، فسبحان من خصّهم بالحكمة والنور ، وشرح بهم القلوب والصدور ، وجعلهم للدين أعوانا وأنصارا ، والصلاة والسلام على سيّدنا ومولانا محمد الذي من فيض بحره يغترفون ، ومن روض مواهبه يقتطفون ، ويجتنون ثمارا وأزهارا ، ومن نوره يستمدّون ، وعنه يرثون ويستبدون ، وعليه يحوم كلّهم مرارا ، فما من نعمة واصلة ، أو رحمة متراسلة ، إلاّ على يديه أرسلت مدرارا ، فهو باب الله العظيم ، وصراطه المستقيم ، وغيثه النافع إكثارا ، فلولا طلعته الكريمة ، وإمداداته العميمة ، الفاتحة قلوبا وأبصارا ، ما استُطعِم لذيذُ الوصل ونعيمُه ، ولا عُرِفَ كأسُ الحبِّ ونديمُه ، ولا استنشَق صبٌّ من شميمه عرارا ، صلّى الله عليه وسلّم وعلى آله المكمّل شرفهم بشرفه وكماله السامين مجدا وفخارا ، وعلى صحابته الأبرار ، المنتخبين الأخيار ، مهاجرين وأنصارا .
وبعد :
فإنّ مِن أحسن ما يصرف إليه الإنسان اهتمامه ، ويصرف فيه لياليه وأيامه ، ويعمل فيه ّفكره وأقلامه ، ويجعل ذكره نديمه ومُدَامَه، ويتّخذه محراب وجهه وإمامه ، ويقصد فيه سَمْتَه وأمامه ، ويقتني ذخره الأسنى ، ويجتلي بكره الحسنى ، ويقتبس من مشكاة نوره ، و يستضيء بشموسه وبدوره ، ويرتع في خمائله ورياضه ، ويكرع من موارده وحياضه ، ويتضمّخ منه بأزكى عرف وطيب ، ويتذكّر به المنزل والحبيب ، محاسن أهل الله الأولياء ، وخاصّته الأصفياء ، حزب الله وأهل حضرته ، الفائزين بشهوده ونظرته ، المجذوبين إليه ، والمحبوبين لديه ، الواقفين بين يديه ، والعاكفين عليه . الساجدة لله على الدوام قلوبهم ، والحافظة لعهده سرمدا شهادتهم وغيوبهم ، مظاهر آيات المصطفى ، ونوّابه الخلفا ، الواردين من منهله الأروى ، والشاربين منه زلالا صفوا ، المتخلّقين بشيَمه وخلاله ، والمتّبعين لأقواله وأفعاله . فإلى سماع ذكرهم ترتاح القلوب ، وتشتاق به إلى علاّم الغيوب ، وتنشط بذلك من عقالها ، لفعل الطاعات وأدائها ، فإنّ كثيرا من الناس حملهم على ذلك حتّى أثار منهم العزم والقوّة والجدّ والتشمير ، وبلغوا إلى أن حاسبوا أنفسهم على النقير والقطمير ، ولم يرضوا منها إلاّ باللحوق بمعالي الأمور ، والمسارعة إلى ما تحمد عاقبته بدار السرور ، ونزّهوا جوارحهم عن دنس المخالفات ، وارتكاب السيّئات ، وقاموا بوظائف الدين من فعل المأمورات واجتناب المنهيات ، وجادوا في رضا محبوبهم بالأرواح والنفوس ، وتلقّوا ما جاء عنه على الأكفّ والرؤوس ، فصارت أخبارهم وشمائلهم تتلى وتكتب في الطروس ، فقد بلغنا عن بعضهم أنّه قال : ( والله لأزاحمنّ أصحاب محمد صلّى الله عليه وسلّم في أفعالهم حتّى يعلموا أنّهم قد خلّفوا وراءهم رجالا ) ، أو كما قال رضي الله عنه . فانظر رحمك الله إلى هذه الهمّة العليّة ، كيف لم ترض إلاّ بالرتب السنيّة ، وما ذاك إلاّ حين سمعتْ بفعل الأوائل اشتاقت وصحبها التنافس فجدّت في طلب ذلك . قال الله تعالى : وَفِي ذَلِكَ فَلْيَتَنَافَسِ الْمُتَنَافِسُونَ (1) . اللهم ارزقنا همّة عاليه تبلّغنا بها إلى كلّ أمر محمود ، ونيّة صادقة تحجزنا بها عن كلّ ما يوجب الصدود ، وقيل :

إن  شئت أنّك تظفـر      فكن  في حبّك  صادق
عن ساق عزمك شمّر      وانبذ جميع  العلائـق
سرّ الموالى ما  يظهر     إلاّ على من هو  عاشق

فهذه أيّها المحبّ فائدة وجودهم وظهورهم ، وسماع أخبارهم على وجه الإيجاز والاختصار ، وَمَا يَعْلَمُ جُنُودَ رَبِّكَ إِلَّا هُوَ (2) .
وبالجملة فنِعَم الله علينا لا تحصى ، وما غاب عنّا أكثر ، فله الحمد حتّى يرضى ، فإنّا لو تتبّعنا ما للقوم رضي الله عنهم من الأ قوال ، وما منحوا به من محاسن الخلال ، لكان لا يسعنا الوقت لضيق الزمان ، فلنقبض العنان عن التتبّع لأقوال من يغترفون من بحر المواهب والامتنان ، ويقتطفون أزهار اللطائف والمعارف من معدن الجود والإحسان ، وكيف لا وهم القوم الذين اصطفاهم الحقّ لخدمته ، وجعلهم أهلا لمناجاته وحضرته ، وأشهدهم أنوار جماله و إحسانه ، وأجلسهم على بساط كماله وامتنانه . وهم القوم الذين شربوا من محبّته فطابوا ، وتحيّرت قلوبهم في عظمته فغابوا ، فنالوا من مولاهم ما طلبوا ، وساعدهم الوقت فيما رغبوا ، فَهُم السادات والأمرا ، والسلاطين في زيّ الفقرا ، الذين صلحوا أن يكونوا قادة لخليقته ، ممتثلين قائمين بخدمته ، على وفق حكمه ومشيئته ، فلا تصفو الحياة إلاّ بهم ، ولا تطمئنّ القلوب إلاّ بذكرهم . وحين هاجت القريحة بحبّهم ، صاحت ونادت في حيّهم ، على جهة الافتخار بقربهم ، فقالت :

فوالله  ما طاب الزمان إلاّ بهـم      فلولاهـم  ما كنت أرضى بعيشتـي
فما العيش إلاّ بينهم تحت ظلّهم      وهم راحتي وأنسى وسؤلي وبغيتي
لقد  سكنوا قلبي ومالي  غيرهم     عليهـم من الرحمـن أزكى  تحيـة

فلتحمد أيّها العاشق لجمالهم ، والمحبّ لطريقهم وكمالهم ، وقرّ عينا بهم وتعلّق بأذيالهم ، و لا تلتفت إلى شيء يصدّك عن جنانهم ، ولتغتبط بما أرسمه لك في هذا المكتوب الكريم من شمائل وخصائص هذا الشيخ العظيم ، الذي لم يسمح الزمن بمثله إلاّ في القديم ، ولله درّ القائل حيث يقول :

محاسن أهل الله لا شكّ جمّة      وما  قصبات السبق إلاّ  لتجـان
فبوّءه الفردوس والخلد ربّه      وجنّـة عدن بين حور وولـدان
وجنّـة مأواه ودار قـراره      ومقعد صدق في رياض وريحان

وقال غيره في هذا المعنى رحمه الله :

آليت وهو أنا المبرور في قسمي      ما سمحت به في الأعصار أزمان
نعـم وحقّـق يقينا غير  متّهـم      ما ولدت مثله في الدهر نسـوان

وإنّ ممّن أكرمه الله بهذه الكرامة ، وأحلّه بمكانتها وأقامه ، وأنزله منها أعلى مرتبة ومرقبة ، وأولاه منها أعظم آية ومنقبة ، وحاز في مربّعها الخصيب ، أكبر حظّ وأوفر نصيب ، شيخنا وسيّدنا وسندنا ووسيلتنا إلى ربّنا ، الشيخ الواصل ، القدوة الكامل ، الطود الشامخ ، العارف الراسخ ، جبل السنّة والدين ، وعلَم المتّقين والمهتدين ، العلاّمة ، الدرّاكة المشارك الفهّامة ، الجامع بين الشريعة والحقيقة ، الفائض النور والبركات على سائر الخليقة ، الواضح الآيات والأسرار ، ومعدن الجود والإفتخار ، البحر الزاخر الطام ، المعترف بخصوصيته الخاص والعام ، نادرة الزمان ، ومصباح الأوان ، الشريف العفيف ، ذي القدر المنيف ، أبا العباس مولانا أحمد بن الوليّ الشهير ، العالم الكبير ، الشيخ الإمام ، القدوة الهمام ، المدرس النفاع ، النبوي الإتّباع، أبي عبد الله سيّدي محمد بن المختار التجاني ، رضي الله عنهما . وإنّي لما منّ الله عليّ بمعرفته ، والانحياش إلى حزبه وزمرته ، ورأيت من شيمه وشمائله ، ومحاسنه وفضائله ، وسمعت من كلامه ومعارفه ، وإشاراته ولطائفه ، ما عزّ وجوده ، وقلّ وروده ، وعدم مثله ، وفُقِدَ شكله ، ممّا هو جدير أن يفاد ويستفاد ، ويقصد إليه ويراد ، وتسطّره في الطروس الأقلام ، وتدوّنه في الدواوين الأعلام ، حداني ذلك مع ما طلبه منّي بعض الإخوان ، والأحبّاء الأعيان ، أن أتعرّض لما تيسّر لديّ ، وساقه الله إليّ ، من التعريف به وبطريقته ، وعرفانه وتحقيقه ، ونشأته وسيرته ، وخلقه وشيمته ، وكلامه وإشارته ، ومكاشفته وكرامته ، وغير ذلك من مآثره وآيته . فجمعت في هذا التأليف ما استحضرته من ذلك ، ممّا هو بعض ما هنالك ، إسعافا لمن طلب ، وإتحافا لذوي الرغب ، وإعانة لذوي الاعتبار ، وإبانة لذوي الاستبصار ، وإفادة لأهل المحبّة والوداد ، وهداية لذوى الانتساب والاستناد ، إذ التعلّق بأهل الله واللياذ بجنابهم ، والانحياش إليهم والوقوف بأبوابهم ، تعلّق بجناب الله الكريم ، ووقوف ببابه العظيم ، وتعرّف لرحمته العميمة ، ورحمته الجسيمة . وفي حديث الطبراني : « إنّ لربّكم في أيّام دهركم نفحات ألا فتعرّضوا لها لعلّه أن تصبيكم نفحة منها فلا تشقون بعدها أبدا » . فيا فوزَ الذين نهضوا إليها ، وتعرّضوا لها ، فاستمدّوا من تلك النفحة مدادا . وإذا كان عند ذِكْرِهم ، كما في الأثر الموقوف ، والخبر المعروف ، « تتنزّل الرحمات » ، وتنم عواطف النسمات ، فما بالك بنشر محاسنهم ومفاخرهم ، وتعداد مناقبهم ومآثرهم ، وذكر سيرهم النبويّة ، وأخلاقهم المصطفويّة ، التي هي هدى ونور ، وشفاء لما في الصدور ، ودواء للقلوب ، وجلاء للكروب ، وفتح للبصائر ، ونفع للسرائر ، وهدى للسالك والسائر . يطرب السامع حديثها ، ويحثّ الأشواق إلى حضرتهم حثيثها ، وما ملئت الدواوين والدفاتر ، ولا فاهت الأفواه والمحابر ، بعد شمائل رسول الله صلّى الله عليه وسلم وسيره ، وشيمه الطاهرة وأثره ، بأفضل من أخبارهم ، ومكارمهم ومأثرهم ، إذ هُم أصحابه الصحبة المعنويّة ، ومعجزته الباقية السرمديّة ، ولله درّ القائل حيث يقول :

يا سادتي يا أفضل السـادات      لأزينـن بذكـركـم أوقاتـي
يا خير صحب محمد من بعده      يا أفضـل الأحياء والأمـوات

ونحن وإن لم نكن من الأتباع ، ولا من الأشياع حقيقة والإتباع ، فَحَوْلَ نفحاتهم نحوم ، ولشيء من بركاتهم نروم :

خـذ ما دنى إن فاتـك الأجـل      إن لـم يصبهـا وابل فطـل

وجدير لمن ردّد أخبارهم ، واستمع آثارهم ، وأكثر حديثهم ، وأحبّ قديمهم وحديثهم ، أن يدخل ديرهم ، وينال برّهم ، أو يعلق منه بفائدة ، تكون منفعتها عليه عائدة ، وفي معنى ذلك قيل :

حدّث السمع بالمحاسن منهم      فالحديـث  لنـا نديم النفـوس
فـإذا ما سقيت منه بكـأس      زال عنـك من العنا كلّ بـؤس

جعلنا الله ممّن أحبّهم واتّبع طريقتهم وحزبهم ، ورزقنا التلذّذ بخبرهم واستحسان سيرهم وأثرهم


L’appel au respect de la Législation par les Imâms Soufis

Al-Muhaddîth Muhammad al-`Alawî al-Mâlikî al-Hassanî, l’ancien Muftî Mâlikite de la Mecque écrit dans « Mafâhîm yujibu an tusahhah » (p. 110-114) :

« Le Soufisme est persécuté et accusé d’être la source de beaucoup de maux et subit ainsi une injustice de la part d’un grand nombre. Pire encore, certains ont exagérés jusqu’à lui attribuer des qualificatifs offensants et dénigrants pour les utiliser comme base de récusions du témoignage. Ils disent ainsi : « Untel n’est pas digne de confiance et on n’accepte pas son récit. Pourquoi ? Car il est soufi. »

Et ce qui est étrangement curieux, c’est que ceux-là même qui dénigrent le Soufisme et le combattent n’ont pas froid aux yeux de se référer aux paroles des Imâms du Soufisme dans leurs prêches du Vendredi et dans les cours qu’ils donnent. Ils disent par exemple : Al-Fudayl ibn `Iyâd a dit, al-Junayd a dit, al-Hassan al-Basrî a dit, Sahl al-Tustarî a dit, Al-Muhâsibî a dit et Bishr al-Hâfî a dit.

Ces derniers sont les imâms du Soufisme et ils sont considérés comme ses pôles (aqtâb), ses piliers, ses fondements et ses structures. D’ailleurs, les ouvrages du Soufisme sont pleins de leurs paroles et de descriptions de leurs comportements et de leurs qualités. C’est à se demande : est-ce qu’il s’agit d’une véritable ignorance ou d’une prétendue ignorance ? Est-ce qu’il s’agit d’un véritablement aveuglement ou un prétendu aveuglement ?

J’aimerai rapporter les paroles des Imâms de la religion qui sont eux-même des piliers du Soufisme afin de faire connaître leur véritable position vis-à-vis de la Législation Islamique, car le meilleur moyen de connaître une personne, c’est de la connaître à travers elle-même et l’homme est le meilleur interprète de lui-même, de ses opinions et de ses idées.

Al-Imâm al-Junayd (رضي الله عنه ) : « Toutes les voies sont fermées aux créatures, sauf celle qui suit le Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم), et se conforme à sa Sunnah, celle-ci bénéficiant de l’ouverture de tous les chemins de la bienfaisance et en fait bénéficier tous ceux qui le suivent.»

Il est parvenu qu’Abû Yazîd al-Bastâmî (قدس سره) dit un jour à ses compagnons : « Allons voir celui qui s’attribue la sainteté. » Arrivés à la mosquée, ils constatèrent que l’homme en question crachait dans la direction de la Qiblah. Alors Abû Yazîd partit alors sans le saluer en disant : « Celui-ci n’est pas digne de se voir confier un comportement des comportements du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم). Comment serait-il apte à se voir confier la station des Saints (awliyâ‘) et des Véridiques (siddîqîn) à laquelle il prétend ?»

Dhû al-Nûn al-Misrî a dit : « En résumé, quatre choses : l’amour du Majestueux, l’exécration du modique, la conformité à la révélation et la crainte de la déviance. Parmi les signes de l’amour d’Allâh : la constance à suivre le bien-aimé d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) dans sa morale, ses comportements, ses ordres et sa tradition.»

Al-Sirî al-Saqatî a dit : « Le Soufisme est une même appellation pour trois concepts : La lumière de la dévotion n’éteint pas la lumière du savoir, l’ésotérisme n’est pas en contradiction avec le sens apparent du Coran et de la Sunnah et les prodiges ne poussent pas à violer les voiles des secrets sacrés d’Allâh. »

Abû Nasr ibn al-Harîth al-Hâfî : « J’ai vu le Prophète (صلى الله عليه وسلم) en rêve et il m’a dit : « Ô Bishr ! Sais-tu pourquoi Allâ t’a élevé par rapport à tes proches ? » Je lui ai répondu : « Non, Ô Messager d’Allâh ! » Il dit : « Parce que tu suis ma Sunnah, tu rends service aux pieux, tu conseilles tes frères et tu aimes mes compagnons et mes Ahl al-Bayt, c’est cela qui t’a fait accéder au rang des vertueux. » »

Abû Yazîd ibn Tayfûr ibn `Îssâ al-Bastâmî a dit : »Je m’apprêtais à demander à Allâh de me préserver des besoins en nourriture et en femmes mais je me suis dit : « Comment me permettrai-je de demander cela à Allah alors que le Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) ne l’a pas demandé ? » Alors je me suis abstenu de le demander. Ensuite, Allâh m’a préservé du besoin en femmes au point où je pouvais rencontrer une femme et sentir exactement la même chose que si j’avais en face de moi un mur.»

Il dit également : « Si jamais vous voyez quelqu’un arriver à des prodiges (karâmât) jusqu’à voler dans les airs, ne soyez pas impressionnés avant de vous assurer de son comportement vis-à-vis du licite et de l’illicite et de son respect des normes de la Législation. »

Sulaymân `Abd al-Rahmân ibn `Atiyyah al-Dârânî a dit : « Quelques fois, il peut arriver à mon cœur d’apprécier un trait d’esprit de certaines personnes, mais je rétorque à mon cœur que je ne pouvais accepter cette appréciation que si elle tait étoffée par deux témoins : le Coran etl la Sunnah. »

Abû al-Hassan Ahmad ibn Abî al-Hawârî a dit : « Tout acte qui ne respecte pas la Sunnah du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) est vain. »

Abû Hafs `Umar ibn Muslimah al-Haddâd a dit : « Celui qui ne contrôle pas la conformité de ses actes, ses paroles, ses états avec le Coran et la Sunnah en tout temps, ne peut être considéré comme faisait parti du Conseil [des saints] (diwân) »

Abû al-Qâssim al-Junayd ibn Muhammad a dit : « Celui qui ne connaît pas le Coran par coeur et qui n’a pas étudié le hadîth ne peut constituer un exemple à suivre dans cet ordre, car notre savoir est conditionné par le Coran et la Sunnah. »

Il dit également : « Notre doctrine est attachée aux fondements du Coran et de la Sunnah, et notre savoir est basé sur le hadith du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) »

Abû Uthmân Saîd ibn Ismâ`îl al-Hîrî était dans un état [spirituel], son fils Abû Bakr a déchiré la chemise qu’il portait, alors Abû `Uthmân a ouvert ses yeux, a vu l’habit déchiré et lui a dit : « Ô mon fils ! Cela est contraire à la Sunnah ! En apparence c’est un signe d’hypocrisie dans le faux.»

Il dit également : « La compagnie d’Allâh ne peut être atteinte qu’avec un bon comportement exemplaire et par Sa crainte permanente. La compagnie du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) ne se fait qu’avec le suivi de sa Sunnah et l’observance de la science exotérique. La compagnie des Saints (awliyâ’) d’Allâh ne peut être atteinte que si on les respecte et en leur rendant service. La compagnie de la famille doit se faire par le bon comportement, la compagnie des frères doit se faire avec simplicité tant que cela ne constitue pas un péché et la compagnie des ignorants doit se faire en priant pour eux et en les prenant en pitié.»

Il dit également : « Celui qui prend la Sunnah comme bornes pour ses paroles et ses actes, profère la sagesse et celui qui prend ses penchants ou ses caprices comme bornes pour ses paroles et ses actes profère l’hérésie : Allâh a dit : ﴾ Si vous lui obéissez vous serez guidés ﴿ [S.24/V.54] »

Abû al-Hassan Ahmad ibn Muhammad al-Nawawî : « Si vous voyez quelqu’un prétendre un état de rapprochement d’Allâh qui le sort des limites de la science de la Législation, ne l’approchez pas car il est certes un innovateur. »

Abû al-Fawârîs Shah ibn Shujâ` al-Karmânî : « Celui qui évite de regarder les choses qui sont illicites à voir, qui se retient devant les désirs de ce qui est interdit, qui s’emplit intérieurement par l’observance pieuse et extérieurement par la conformité avec la Sunnah et qui s’habitue à ne manger que ce qui est licite, sa vision intuitive ne sera pas faussée. »

Abû al-`Abbâs Ahmad ibn Muhammad ibn Sahl ibn `Atâ’ al-Adamî a dit : « Celui qui s’oblige à respecter l’éthique vertueuse de la Législation, Allâh illuminera son cœur par la lumière du savoir et le fera accéder au rang des suiveurs du Prophète (صلى الله عليه وسلم) dans ses recommandations, ses comportements et sa morale. »

Il dit également : « Tout ce que tu veux savoir cherche le dans le domaine de la science, si t ne le trouve pas, cherche le dans le domaine de la sagesse, si tu ne le trouve pas, soupèse-le avec le principe de l’unicité divine et si tu le ne trouve pas dans ces trois dimensions, frappe le visage de Satan avec. »

Abû Hamzal al-Baghdâdî al-Bazzâr : « Celui qui connaît la voie du Vrai le Très-Haut, il lui est aisé de la suivre ; Or il n’y a de chemin à la voie d’Allâh, que la constance dans l’imitation du Messager (صلى الله عليه وسلم) dans ses états, ses paroles et ses actes. »

Abû Ishâq Ibrâhîm ibn Dâwud al-Ruqqî a dit : « Le signe de l’amour d’Allâh, c’est la préférence de Son obéissance et de l’imitation de Son Prophète (صلى الله عليه وسلم).»

Mumchâd al-Dînûrî a dit : « La politesse du disciple réside dans le respect de la sacralité des maîtres spirituels, dans la disponibilité à rendre service à ses frères et dans observance de l’éthique comportementale de la Législation. »

Abû Muhammad `Abdallâh ibn Manâzil a dit : « Celui qui n’observe pas une obligation religieuse, Allâh l’afflige de l’inobservance de la Sunnah et toute personne qui observance pas la Sunnah risque de tomber dans des agissements hérétiques. »

Fin de citation


Explication de la prière « Perle de la perfection » (Jawhrat al-kamâl) [Ahmad al-Tijânî]

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EXPLICATION DE LA PRIÈRE

« PERLE DE LA PERFECTION »

(sharh al-salât jawharat al-kamâl)

Note : il est nécessaire d’avoir une autorisation spéciale pour réciter quotidiennement cette prière

En arabe :

الَّلهُمَّ صَلِّ وَسلِّمْ عَلَى عَيْنِ الرَّحْمَةِ الرَّبَّانِيَّةِ وَالْيَاقُوتَةِ الْمُتَحَقِّقَةِ الْحَائِطَةِ بِمَرْكَزِ الْفُهُومِ وَالْمَعَانِى وَنُورِ اْلأَكْوَانِ الْمُتَكَوِّنَةِ اْلآدَمِيِّ صَاحِبِ الْحَقِّ الرَّبَّانِيِّ الْبَرْقِ اْلأَسْطَعِ بِمُزُونِ اْلأَرْبَاحِ الْمَالِئَةِ لِكُلِّ مُتَعَرِّضٍ مِنَ الْبُحُورِ وَاْلأَوَانِي وَنُورِكَ اللاَّمِعِ الَّذِي مَلَأْتَ بِهِ كَوْنَكَ الْحَائِطَ بِأَمْكِنَةِ الْمَكَانِي.اَلَّلهُمَّ صَلِّ وَسَلِّمْ عَلَى عَيْنِ الْحَقِّ اَلَّتي تَتَجَلَّى مِنْهَا عُرُوشُ الْحَقَائِقِ عَيْنِ الْمَعَارِفِ اْلأَقْوَمِ صِرَاطِكَ التَّامِ اْلأَسْقَمِ اَلَّلهُمَّ صَلِّ وَسَلِّمْ عَلَى طَلْعَةِ الْحَقِّ بِالْحَقِّ الكَنْزِ اْلأَعْظَمِ إِفَاضَتِكَ مِنْكَ إِلَيْكَ إِحَاطَةِ النُّورِ الْمُطَلْسَمِ صَلَّى اَللهُ عَلَيْهِ وَعَلَى ءَالِهِ صَلاَةً تُعَرِّفُنَا بِهَا إِيَّاهُ.

En phonétique :

« Allahumma salli wa sallim ʿalâ ʿayn al-rahmati al-rabbâniyyati wa al-yâqutati al-mutahaqqiqati al-hâ’itati bimarkazi al-fuhûmi wa al-maʿânî wa nûri al-akwâni al-mutakawwinati âdamiyyi sâhibi al-haqqi al-rabbâniyyi al-barqi al-astaʿi bimuzûni al-arbâhi al-mâliati likulli mutaʿarridin mina al-buhûri wa al-awâni wa nûrika al-lâmiʿi al-ladhî malâta bihi kawnaka al-hâ’ita biamkinati al-makânî. Allahumma salli wa sallim ʿalâ ʿayn al-haqqi al-latî tatajallâ minhâ ʿurush al-haqâ’iqi ʿayn al-maʿarifi al-aqwami sirâtika attâmi al-asqami. Allahumma salli wa sallim ʿalâ talʿatil haqqi bil haqqi al-kanzi al-aʿzami ifâdatika minka ilayka ihâdati al-nûri al-mutalsami salla allâhu ʿalayhi wa ʿalâ âlihi salatane tuʿarrifunâ bihâ iyyâhu. »

Traduction :

« Ô Allâh ! Prie et accorde Ton salut à la Source de la Miséricorde Seigneuriale et le Diamant qui maîtrise, qui encercle le centre de toutes les compréhensions et de toutes les significations ; et la lumière des univers en cours de formation, l’humain digne de la Vérité du Seigneur ; l’éclair étincelant annonçant les nuages précurseurs de la pluie bienfaisante qui remplissent tout ce qui s’y expose comme mers et ustensiles ; et Ta lumière brillante par laquelle Tu as rempli Ton univers qui englobe tout lieu et localité.

Ô Allâh, prie et accorde Ton salut sur l’œil du Vrai à partir duquel les trônes des vérités se manifestent ; la source des connaissances ; le plus juste ; à Ton sentier bien menant parfaitement droit.

Ô Allâh ! Répand ta prière et accorde Ton salut à l’apparition du Vrai par le Vrai ; le trésor le plus sublime ; le flux venant de Toi et retournant à Toi ; l’investissement de la lumière dissimulée. Qu’Allâh prie sur lui ainsi que sur sa famille, d’une prière par laquelle Tu nous le feras bien connaître »


ʿAlî al-Harâzim (رضي الله عنه) a dit dans « Jawâhir al-Maʿânî » (Vol.1, p.431-439)

« Explication de la prière appelée « Perle de la perfection (jawharat al-kamâl) »

Au nom d’Allâh, le Très-Miséricordieux, le Particulièrement Miséricordieux, qu’Allâh prie sur nôtre maître Muhammad ainsi que sur sa famille et qu’Il leur accorde Son salut. Les louanges sont à Allâh, Celui qui a décousu de l’invisible le maillage compact des êtres existants. Il a fait de la lumière de la réalité de nôtre maître Muhammad l’origine de ces êtres existants et leur création. C’est ainsi qu’il a été l’origine de toute l’existence, à partir de laquelle, Allâh a créé la nature d’Adam, selon sa puissance ancienne et sa parole éternelle. Il lui a donné une forme à l’image du monde. Il lui a appris tous les noms. Il a fait de lui le concentré e l’élu de toute la création. Il a fait sortir de son élément les esprits, la descendance et les formes. Il a sélectionné à partir d’eux, les élus des prophètes, des messagers et des Saints, en leur conférant la mission de la transmission du message divin, la Sainteté, la protection et la diligence.

Il leur a accordé Son discours éternel et permanent,. Il leur a parlé selon Sa parole éternelle qui enveloppe tout afin d’appeler Ses serviteurs à Son service et de les attirer vers Sa proximité et Sa constatation. Il a choisi parmi eux dans l’éternité, l’esprit du Messager qu’Il a honoré par le lieu louable, par les rangs élevés et par la parfaite élection.

Allâh s’est adressé à lui selon la plus vénérable de Ses parole et selon Son argument le plus estimable [le Coran] qui renferme les secrets de Son Entité sacrée, les couleurs de Ses attributs et de Ses noms, les merveilles de ses sciences mystérieuses et les excentricités de Ses signes éternels. Allâh l’a envoyé à toute l’humanité afin de les guider par ce Coran vers le Vrai et vers la vérité du Vrai.

Et j’atteste qu’il n’y a pas de divinité si ce n’est Allâh, l’Unique par Son Entité, le Seul par Ses noms et attributs et qui se manifeste par l’identité de Sa vérité dans les deux domaines des entités de sa créature. Et j’atteste que nôtre maître Muhammad est Son serviteur et messager. Allâh l’a vêtu de ses propres attributs. Il l’a couvert de Ses douceurs. Il lui a levé ses voiles et décelé Ses secrets. Il est apparu à son cœur par la perfection et à ses sens par les attributs de Sa solennité et de Sa beauté. Que la prière d’Allâh soit sur lui ainsi que sur sa famille et ses compagnons parfaits.

شرح الصلاة المسماة بجوهرة الكمال ، ونصّه :

بسم الله الرحمن الرحيم ، وصلّى الله على سيّدنا محمّد وآله وسلّم . الحمد لله الذي فتق من كنه الغيب رتْق الكائنات ، وجعل أصلها ونشأتها نور حقيقة سيّدنا محمّد فكان أصل الموجودات فأوجد منها بقدرته القدسيّة وكلمته الأزليّة فطرة آدم وجعل شكله صورة العالم وعلّمه الأسماء كلّها وجعله من جميع البريّة خلاصتها وصفوتها ، وأخرج من عنصره الأرواح والذريّة والأشباح ، واختار منها صفوة الأنبياء والرسل والأولياء بالرسالة والولاية والحماية والعناية ، وخاطبهم بخطابه الأزليّ الأبديّ ، وكلّمهم بكلامه الإحاطيّ السرمديّ ليدعو به عباده إلى خدمته وشوّقهم فيه إلى قربه ومشاهدته ، واختار من بينهم في الأزل روح المصطفى وأكرمه بالمقام المحمود والدرجات العلى وكمال الاصطفاء ، وخاطبه بأشرف كلامه وأكرم فرقانه الذي هو مكنون أسرار ذاته وألوان أسمائه وصفاته وعجائب علومه الغيبيّة وغرائب آياته الأزليّة ، وأرسله إلى كافّة البريّة ليهديهم به إلى الحقّ والحقيقة الحقّيّة ، وأشهد أن لا إله إلاّ الله الأحد بذاته ، الواحد بأسمائه وصفاته ، المتجلّي بهوّيّة حقيقته الحقّيّة في مجالي ذوات البريّة ، وأشهد أنّ سيّدنا محمّدا عبده ورسوله الذي حلاّه بأوصافه وعَمَّهُ بألطافه وكشف له عن أستاره وأعلمه بأسراره وظهر على قلبه بالكمال وعلى جوارحه بصفات الجلال والجمال صلّى الله عليه وعلى آله وأصحابه الكم

Pour commencer : Certes nôtre maître et moyen (wasîlatanâ) vers Allâh, l’élément de nôtre connaissance et la merveille de nôtre temps, l’Unique de son époque, l’Imâm de son temps dont tout le monde tire profit, qu’il soit proche ou loin de lui, nôtre Shaykh Abû al-ʿAbbâs al-Tijânî, qu’Allâh nous abreuve de sa mer par les plus volumineux ustensiles, qu’Il nous accorde son voisinage à la demeure des facilitations ; a écrit (رضي الله عنه) un manuscrit intéressant sur la prière intitulée « Perle de la perfection vantant le maître des hommes » (jawharat al-kamâl fî madh sayyid al-rijâl). Il a excellé dans ce manuscrit et a atteint l’apogée de nôtre souhait. Il a clarifié les vérités [spirituelles] (al-haqâ’iq) et nous en a fait profiter.

J’ai [ʿAlî al-Harâzim] intitulé ce manuscrit : « Le flux miséricordieux concernant l’explication de la source de la miséricorde du Seigneur »

        أما بعد : فإنّ سيّدنا ووسيلتنا إلى الله ، عنصر العرفان وأعجوبة الزمان ، وحيد دهره وإمام وقته ، مَن انتفع به البعيد والداني ، شيخنا أبو العباس التجاني ، سقانا الله من بحره بأعظم الأواني ، وجعلنا في جواره بدار التهاني ، وضع رضي الله عنه تقييدا مفيدا على الصلاة المُسمّاة بجوهرة الكمال في مدح سيّد الرجال ، أبدع فيه وأجاد وبلغ فيه غاية المراد وأفصح عن الحقائق وأجاد ، وسمّيتُه بالفيوضات الرحمانيّة في شرح عين الرحمة الربّانيّة .

Introduction : Sachez que cette prière intitulée « Perle de la perfection vantant le maître des hommes » a été dicté par nôtre maître le Messager d’Allâh (صلّى الله عليه وسلّم) à nôtre Shaykh, le pôle seigneurial (al-qutb al-rabbânîyy) Abû al-ʿAbbâs al-Tijânî. Le Messager d’Allâh (صلّى الله عليه وسلّم) lui a mentionné certaines spécificités de cette prière. Parmi elles :

  • La récitation d’une seule fois [cette prière] équivaut à trois fois l’ensemble de toutes les glorifications du monde entier.
  • Celui qui la lit sept fois ou plus tant qu’il continue de la réciter, l’esprit du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) et des quatre califes seront présents avec lui.
  • Celui qui s’engage à la réciter régulièrement plus de sept fois par jour, le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) l’aimera d’un amour particulier et il ne mourra qu’après qu’il soit parmi les saints (awliyâ’).
  • Le Shaykh (رضي الله عنه) a dit : « Celui qui cite cette prière d’une manière régulière, sept fois avant de dormir, tout en étant propre, en état d’ablution, dans un lit propre verra alors le Prophète (en rêve) (صلّى الله عليه وسلّم). »

مقدّمة : إعلم أنّ هذه الصلاة ، المُسمّاة بجوهرة الكمال في مدح سيّد الرجال ، هي من إملاء سيّدنا رسول الله صلّى الله عليه وسلّم على شيخنا القطب الربّانيّ مولانا أبي العباس التجاني ، وذكر لها رسول الله صلّى الله عليه وسلّم خواصّ ، منها أنّ المرّة الواحدة تعدل تسبيح العالم ثلاث مرّات ، ومنها أنّ من قرأها سبعا فأكثر يحضره روح النبيّ صلّى الله عليه وسلّم والخلفاء الأربعة ما دام يذكرها ، ومنها أنّ من لازمها أزيد من سبع مرّات يحبّه النبيّ صلّى الله عليه وسلّم محبّة خاصّة ولا يموت حتّى يكون من الأولياء . وقال الشيخ رضي الله عنه : من دوام عليها سبعا عند النوم على طهارة كاملة وفراش طاهر يرى النبيّ صلّى الله عليه وسلّم .وهذا أوان الشروع في معانيها:

Il (Ahmad al-Tijânî) (رضي الله عنه) a dit :

  • Sa parole : « Ô Allâh ! Prie et accorde Ton salut à la Source de la Miséricorde Seigneuriale (ʿayn al-rahmati al-rabbâniyy) »

Sachez que le Vrai, le Glorieux, le Très-Haut, a prélevé une partie de Sa lumière divine, portée à sa limite de pureté et d’étincellement. Il a ensuite introduit aux tréfonds de cette partie ce qu’Il a voulu distribuer à sa créature comme sciences concernant :

  • Ses attributs, ses noms et ses perfections divines.
  • Les états du monde, ses secrets, ses intérêts et ses maux.
  • Les règles divines que ce soit sous forme de recommandations à suivre ou de prohibitions à éviter.

Allâh, par miséricorde divine, a fait de cette portion de lumière un lieu de déversement des parts, au profit de sa créature. Ces parts sont bien déterminées selon Sa science prééternelle. Puis il a commencé à faire parvenir à sa créature en abondance ce qu’il avait établi au sein de la réalité Mohammadienne comme science et miséricorde. Voilà pourquoi il (صلّى الله عليه وسلّم) est considéré comme étant la source de la miséricorde. La lumière dont on a fait allusion est bien la réalité Mohammadienne. La miséricorde déversée dans son essence prophétique est bien celle qu’il distribue à son tour (صلّى الله عليه وسلّم) à tout l’univers à partir de sa prodigue essence. Aucune miséricorde ne peut atteindre la créature que par son intermédiaire et à travers son essence (صلّى الله عليه وسلّم).

فقال رضي الله عنه :

قوله : ( اللهمّ صلّ وسلّم على عين الرحمة الربّانيّة ) ، إعلم أنّ الحقّ سبحانه وتعالى اقتطع قطعة من النور الإلهيّ في غاية الصفاء والتجوهر ثمّ أبطن في تلك القطعة ما شاء أن يقسمه لخلقه من العلم بصفات الله وأسمائه وكمالات ألوهيّته وبأحوال الكون وأسراره ومنافعه ومضارّه وبالأحكام الإلهيّة أمرا ونهيا وجعل تلك القطعة من النور مقرّا لانصباب كلّ ما قسمه لخلقه في سابق علمه من الرحمة الإلهيّة، ثمّ صار يفيض على خلقه ما أقرّه في الحقيقة المحمّديّة من العلم والرحمة. فكان بهذه المثابة هو عين الرحمة صلّى الله عليه وسلّم، وكان ذلك النور، وهو الحقيقة المحمّديّة، وتلك الرحمة المفاضة في ذاته هي التي يفيضها على الوجود من ذاته الكريمة، فلا يصل شيء من الرحمة إلى الوجود إلاّ من ذاته صلّى الله عليه وسلّم

L’essence prodigue du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) joue ainsi le rôle d’une station où l’eau est interceptée et est ressemblée puis distribuée suivant des ruisseaux pour l’irrigation et pour en faire profiter les gens. Voilà pourquoi le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) a dit : « Je suis le distributeur (qâsim) et Allâh le donneur. » C’est-à-dire, il constate ce qu’Allâh avait décrété comme distribution dans le savoir prééternel, puis il l’applique (صلّى الله عليه وسلّم) en distribuant cette miséricorde selon cette programmation antérieure.

Voilà pourquoi, le Prophète est nommé « Source de la miséricorde » (صلّى الله عليه وسلّم). Il y a également un autre rapport dans cette source de miséricorde, il s’agit en effet du fait que le Prophète est le modèle-rassembleur du débordement de l’existence sur tout l’univers.

Sans son existence, (صلّى الله عليه وسلّم), personne n’aurait pu exister à part le Vrai, le Glorieux, le Très-Haut. L’existence de tout être existant parmi les entités de l’univers dépend de l’existence antérieure du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Sans le Prophète, nôtre maître Muhammad (صلّى الله عليه وسلّم) aucun univers n’aurait pu être créé et aucune miséricorde ne l’aurait affecté, ni en matière d’existence, ni en matière d’afflux de miséricorde.

فذاته الكريمة بمنزلة المقرّ للمياه التي تجتمع فيه وتتفرّق من ذلك المقرّ سَوَاقٍ للسقي والانتفاع، ولذلك قال صلّى الله عليه وسلّم : « إنّما أنا قاسم والله معط » ، أيّ ينظر إلى ما سبق في العلم الأزليّ من الاقتطاع ثمّ يفرّق صلّى الله عليه وسلّم تلك الرحمة على حسب ذلك الاقتطاع ، فلهذا سُمِّي عين الرحمة صلّى الله عليه وسلّم . وأيضا لنسبة أخرى في عين الرحمة ، يعني أنّه الأنموذج الجامع في إفاضة الوجود على جميع الوجود ، فإنّه لولا وجوده صلّى الله عليه وسلّم ما كان وجود لموجود أصلا من غير الحقّ سبحانه وتعالى ، فإنّ وجود كلّ موجود من ذوات الوجود متوقّف على سبقيّة وجوده صلّى الله عليه وسلّم لذلك الوجود ، فإنّه لولا هو صلّى الله عليه وسلّم ما خُلِق شيء من الأكوان ولا رُحم شيء منها لا بالوجود ولا بإفاضة الرحمة

Il ne faut pas comprendre que cela est une incapacité de la part du Vrai, le Glorieux, le Très-Haut, à créer quelque chose sans passer par le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Ceci est une illusion tout à fait différente de ce que signifient ces propos. Le vrai sens de ce qu’on vient d’expliquer est plutôt le suivant :

Si dans le savoir antérieur d’Allâh, le Glorieux, le Très-Haut, et selon Sa volonté il avait programmé de ne pas créer nôtre maître Muhammad (صلّى الله عليه وسلّم) alors il aurait aussi programmé dans Sa science divine antérieure et dans l’application de sa volonté, qu’il ne créerait aucune créature. De ce point de vue, l’existence de tous les univers dépend de l’existence antérieure du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est tout ce que veut le Vrai ; c’est son objectif de cette existence. Allâh n’a créé l’univers que pour le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Il n’a fait déborder la miséricorde sur l’univers qu’après avoir rendu l’univers assujetti au Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). L’existence de tous les univers dépend donc de l’existence du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) des points de vue de l’existence et de l’afflux. Allâh n’a créé le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) que pour Son Entité suprême, sublime et pure.

Il ne l’a pas créé pour une autre cause à part le Vrai. C’est-à-dire son existence ne dépend de rien qui puisse être intermédiaire entre lui et le Vrai. C’est lui que le Vrai a voulu pour sa propre entité. Les univers, quant à eux, ils sont voulus pour le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Ils sont tous dépendants de son existence.

ولا يقال إنّ هذا تعجيز للحقّ سبحانه وتعالى بأنّه لا يقدر أن يخلق شيئا إلاّ به صلّى الله عليه وسلّم ، فليس هذا الوهم هو المراد في هذا الكلام كما يظنّه بعض من لا علم عندهم ، بل تحقيق ما قلناه أنّ الله سبحانه وتعالى لو سبق في علمه نفوذ مشيئته أنْ لا يخلق محمّدا صلّى الله عليه وسلّم لسبق في علمه ونفوذ مشيئته أنْ لا يخلق شيئا من المخلوقات . فمِن هذه الحيثيّة أنّ وجود كلّ موجود من الأكوان يتوقّف على سبقيّة وجوده صلّى الله عليه وسلّم لذلك الوجود ، فإنّه صلّى الله عليه وسلّم كُلِّيّة مراد الحقّ وغايته من الوجود ، فإنّه ما خلق الكون إلاّ من أجله صلّى الله عليه وسلّم ولا أفاض الرحمة على الوجود إلاّ بالتبعيّة له صلّى الله عليه وسلّم . فوجود الأكوان كلّها مناط بوجوده صلّى الله عليه وسلّم وجودا وإفاضة ، فإنّه هو صلّى الله عليه وسلّم ما خلقه إلاّ من أجل ذاته العليّة المعظّمة المقدّسة ، فإنّه ما خلقه من أجل شيء دون الحقّ حتّى يكون علّة له ويتوقّف وجوده على وجوده ، بمعنى أنّ يكون وسيلة بينه وبين الحقّ ، فإنّه لا واسطة بينه وبين الحقّ لكونه مراد الحقّ لذاته ، والأكوان كلّها مرادة لأجله صلّى الله عليه وسلّم معلّلة بوجوده.

Donc l’afflux de l’existence sur tous les univers émane de son entité généreuse (صلّى الله عليه وسلّم). Et l’afflux de la miséricorde sur tous les univers émane de son entité généreuse (صلّى الله عليه وسلّم). Il est donc clair que l’afflux débordant à partir de l’entité du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) se divise en deux catégories de miséricorde :

  • Une première miséricorde qui consiste à offrir l’existence en abondance à tous les univers afin de les faire sortir du néant à l’existence.
  • Une seconde miséricorde qui consiste à faire déborder les miséricordes divines sur tous les univers, c’est-à-dire les dotations, les profits, les dons et les aubaines. C’est par ces miséricordes que ces univers peuvent jouir de l’existence en permanence.

فإفاضة الوجود على جميع وجود الأكوان مفاضة من ذاته الكريمة صلّى الله عليه وسلّم، وإفاضة الرحمة على الجميع مفاض من ذاته الكريمة صلّى الله عليه وسلّم، فبان لك أنّ الفيض من ذاته ينقسم إلى رحمتين، الرحمة الأولى إفاضة الوجود على جميع الأكوان ثمّ خرجت من العدم إلى الوجود، والرحمة الثانية إفاضة فيض الرحمات الإلهيّة على جميعها من جملة الأرزاق والمنافع والمواهب والمنح، فإنّه بذلك يدوم تمتّعها بالوجود.

Si vous savez ceci, vous saurez alors que le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est la source de la miséricorde du Seigneur. Tout l’univers bénéficie en effet de cette miséricorde grâce à son existence (صلّى الله عليه وسلّم) et à cause de l’afflux émanant de cette existence. Voilà pourquoi il a été dit que le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est la source de la miséricorde du Seigneur. Tout l’univers s’est développé par conséquent à partir de la miséricorde du Seigneur. C’est la signification du verset :

{ Et Ma miséricorde embrasse toute chose } [S.7/V.156]. C’est aussi la signification du verset : { Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers } [S.21/V.107]

فإذا علمتَ هذا علمتَ أنّه صلّى الله عليه وسلّم عين الرحمة الربّانيّة لأنّه رحم جميع الوجود بوجوده صلّى الله عليه وسلّم، ومن فيض جوده أيضا رحم جميع الوجود ، فلذا قيل فيه أنّه عين الرحمة الربّانيّة صلّى الله عليه وسلّم ، وعلى هذا أنّ جميع الوجود كلّه نشأ عن الرحمة الربّانيّة، وهو المراد بقوله تعالى : وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَيْءٍ ، وقوله تعالى : وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِلْعَالَمِينَ

Son origine (صلّى الله عليه وسلّم) est en effet une miséricorde. Mais cet aspect englobant de la miséricorde, ne signifie pas nécessairement l’exclusion du supplice, de la menace ou de la colère, parce que ces derniers font partie des exigences des perfections divines. Tout être généreux, quelle que soit sa générosité, doit être connu par sa punition, par sa colère et par son supplice. Sans ces états, personne ne le craindra. Et si tout le monde se sent en sécurité devant lui, il sera alors humilié et dénigré. Or cet attribut n’est pas celui de la générosité. Vous voyez donc clairement que l’attribut même de la générosité est bien la colère, la punition et le supplice afin de marquer la sublimité et pour que la personne qualifiée de générosité soit redoutable et inspire la crainte révérencielle, en plus de ses attributs de clémence et de miséricorde pour lesquels elle a été sollicitée.

لأنّ أصله صلّى الله عليه وسلّم رحمة. ولا يلزم من شمول الرحمة عدم وقوع العذاب والوعيد والغضب، لأنّ تلك مقتضيات الكمالات الإلهيّة، فإنّ الكريم، وإنْ عظم كرمه، لولا بطشه وغضبه وعقابه ما خيف جانبه ، ولو أمن منه هذا الحال لاحتقر جانبه ، وليست هذه صفة الكرم ولا ينبغي له هذا. فتبيّن لك أنّ صفة الكرم والغضب والبطش والعذاب ليكون جانبه معظّما مخافا مهابا كما كان جانبه مرجوّا لعفوه ورحمته.

  • Sa parole : « Seigneuriale (al-rabbâniyy) »

La miséricorde est attribuée ici à la présence du Seigneur, parce que c’est à partir d’elle que les êtres existants ont été créés. Voilà pourquoi la miséricorde lui a été attribuée. Quant à la présence de Dieu, elle est l’origine du culte des univers. « Dieu » est celui qui mérite véritable d’être adoré. C’est celui vers lequel tout autrui s’oriente par soumission, servilité, adoration, amour, glorification et vénération. La présence de Dieu englobe tous les noms, attributs et présences divines. Par ailleurs, le Seigneur est le plus élevé par rapport à tout autrui, c’est-à-dire qu’Il est le propriétaire, le gestionnaire, le créateur, le contraignant, dont le verdict, la volonté et la parole s’appliquent sur tout autrui. »

قوله : ( الربّانيّة ) ، يعني أنّه أضيفت الرحمة للحضرة الربّانيّة لأنّها منها نشأت الموجودات فلذا أضيف الرحمة إليها ، وأمّا حضرة الألوهيّة فإنّها أصل عبادة الموجودات ، فالإله هو المعبود بالحقّ الذي توجّه إليه كلّ ما عداه بالخضوع والتذلّل والعبادة والمحبّة والتعظيم والإجلال ، وحضرة الألوهيّة هي الشاملة لجميع الأسماء والصفات والحضرات الإلهيّة، والربّ هو العليّ عن كلّ ما سواه ومعناه ، إنّه المالك والمتصرّف والخالق والقاهر والنافذ حكمه ومشيئته وكلمته في كلّ ما سواه

  • Sa parole : « le Diamant qui maîtrise (al-yâqûtati al-mutahaqqiqati) »

Il (le Prophète) est comparé à un diamant, parce que le diamant est considéré par les gens comme étant le maximum qui peut être atteint en matière de pureté, du prestige et d’élévation. Le diamant est en effet la perle la plus pure, la plus élevée, et la plus prestigieuse. Voilà pourquoi le diamant a été utilisé pour décrire le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) bien qu’il soit plus important, plus pur et plus élevé que toutes les perles. Cette comparaison nous rappelle Sa parole :

{ Allâh est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat. } [S.4/V.35]

  • Sa parole : « Qui maîtrise(al-mutahaqqiqati) »

C’est-à-dire qui maîtrise tous les attributs et les noms divins dont dépend l’existence de l’univers. Les autres noms et les autres attributs restants n’ont aucune relation avec l’existence de l’univers.

قوله : ( والياقوتة المتحقّقة ) ، هو من التشبيه البليغ ، وشبّه بالياقوتة لكونها غاية ما يدرك الناس في الصفاء والشرف والعلوّ إذْ هو غاية الجواهر الصافية العالية الشريفة ، فلذا استعير له اسم الياقوت وإنْ كان هو أشرف من الياقوت وأصفى وأعلى صلّى الله عليه وسلّم ، على حدّ قوله تعالى : مَثَلُ نُورِهِ كَمِشْكَاةٍ فِيهَا مِصْبَاحٌ الآية . قوله : ( المتحقّقة ) ، يعني بجميع الصفات والأسماء الإلهيّة التي يتوقّف عليها وجود الكون ، وبقي وراءها من الأسماء والصفات ما لا توقّف لوجود الكون عليه

  • Sa parole : « Et qui encercle le centre de toutes les compréhensions et de toutes les significations (al-hâ’itati bimarkaz al-fuhûm wa al-maʿânî) »

Il s’agit des compréhensions que le Vrai, le Glorieux, le Très-Haut, a décrétées pour les êtres qu’il a créés pour qu’ils comprennent les significations de Sa parole, dans tous Ses livres saints, Ses verdicts divins, Ses noms, Ses attributs et Ses connaissances. Si toutes ces compréhensions décrétées sont groupées en un seul assemblage et si ce dernier se transforme en un centre, alors le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) sera le cercle qui enveloppe ce centre. C’est-à-dire, il encercle la totalité de ces compréhensions et de ces significations. Rien ne lui (صلّى الله عليه وسلّم) échappe et ne lui fait exception.

قوله : ( الحائطة بمركز الفهوم والمعاني ) ، يعني الفهوم التي قسمها الحقّ سبحانه وتعالى لخلقه في إدراك معاني كلامه في جميع كتبه ، وفي إدراك معاني الأحكام الإلهيّة ، وفي إدراك معاني أسمائه وصفاته ومعارفه ، إذا جمعت تلك الفهوم المقسومة كلّها جمعا واحدا وصارت مركزا كان هو صلّى الله عليه وسلّم دائرة محيطة بها ، بمعنى أنّه محيط بجميعها ما شذّ عليه منها شيء صلّى الله عليه وسلّم

  • Sa parole : « La lumière des univers en cours de formation, l’humain (wa nûr al-akwâni al-mutakawinati al-âdamî) »

Il s’agit des univers qui sont en cours de formation en opposition à ce qui est resté dans le pli du néant. Les choses qui sont préétablies dans la science éternelle se divisent en effet en deux types :

  1. Une classe d’entités fixes : il s’agit de ce qui est prédestiné à sortir du néant vers l’existence.
  2. Et une classe d’entités se rattachant au néant : il s’agit de ce qui est prédestiné à ne jamais sortir vers l’existence. Ces entités doivent rester dans le néant. Mais le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) maîtrise la connaissance de ces entités en totalités. Il connaît bien le cas où elles pourraient apparaître, leurs formes, constitutions, endroits, temps d’apparition, ainsi que les verdicts divins qui se rapportent à elles comme maux ou bien pouvant les affecter. Le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) connaît bien ces choses et il est leur lumière.

قوله : ( ونور الأكوان المتكوّنة الآدميّ ) ، معناه الأكوان التي تتكوّن شيئا بعد شيء ويقابلها ما بقي في طيّ العدم ، فإنّ الأشياء المقدّرة في العلم الأزليّ منقسمة قسمين ، قسم منها أعيان ثابتة ، وهي التي سبق في علمه أنّها تخرج من العدم إلى الوجود ، وقسم منها أعيان عدميّة ، وهي التي سبق في علمه أنّها لا تخرج إلى الوجود وتبقى في طيّ العدم ، فإنّه عَلِمَها أنْ لو خرجتْ إلى الوجود على أيّ حالة تكون وبأيّ أمر تتكوّن وفي أيّ مكان وزمان تقع وماذا ينصبّ عليها من الأحكام الإلهيّة ضرّا ونفعا ، فإنّه مُحيط بجميعها علما ، وهو صلّى الله عليه وسلّم نورها .

  • Sa parole : « digne de la Vérité du Seigneur (hib al-haqq al-rabânî) »

La vérité du Seigneur, c’est ce que le Seigneur, le Glorieux, le Très-Haut a décidé d’appliquer, dans sa législation, sur sa créature, des points de vue de l’ordre, de la prohibition, du mode, du commencement et de la fin. Le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est le responsable de cette législation et de son application. C’est lui le décideur, le prohibitif et l’exécuteur.

قوله : ( صاحب الحقّ الربّاني ) ، الحقّ الربّاني هو ما قرّره سبحانه وتعالى في شرعه الذي حكم به على خلقه أمرا ونهيا وكيفية وابتداء وغاية ، فهو صاحبه صلّى الله عليه وسلّم المقرّر له والناهي عنه والمنفّذ له

  • Sa parole : « l’éclair étincelant annonçant les nuages précurseurs de la pluie bienfaisante (al-barqi al-astaʿi bimuzûn al-arbâhi) »

Puisque l’éclair va de pair avec les nuages précurseurs de la pluie, il a alors été utilisé ici afin d’illustrer le déversement de la miséricorde divine sur la créature.

Le terme « éclair » est également utilisé pour représenter la réalité Mohammadienne qui va de pair avec la miséricorde divine, tout comme l’éclair qui va de pair avec la pluie. De même, la pluie bienfaisante représente la miséricorde débordante de la présence du Vrai sur Sa créature. Il s’agit bien ici de l’afflux des sciences, des connaissances, des secrets, des manifestations, des lumières, des jugements précis et de tout ce qui est illimité comme avantages, dons, pureté des états et purs attributs conservés et déversés sur les cœurs des gnostiques et des pôles.

قوله : ( البرق الأسطع بمزون الأرباح ) ، يعني لمّا كان البرق ملازما لمزن الأمطار استعير هنا لانصباب الرحمة الإلهيّة على الخلق ، واستعير أيضا إسم البرق للحقيقة المحمّديّة لملازمتها لها كملازمة البرق للأمطار . ومزون الأرباح هي الرحمة الفائضة من حضرة الحقّ على خلقه ، ويعني بها ههنا فيوض العلوم والمعارف والأسرار والتجلّيّات والأنوار ودقائق الحكم وما ينتهي إلى ساحله وغايته من المنح والمواهب وصفاء الأحوال والصفات القدسيّة المخزونة المنصبّة على قلوب العارفين والأقطاب

  • Sa parole : « qui remplissent tout ce qui s’y expose comme mers et ustensiles (al-mâli’ati likulli mutaʿarridin mina al-buhûri wa al-awânî) »

L’exposition signifie parfois l’orientation vers Allâh tout en s’y préparant. Parfois, elle peut signifier la répartition divine antérieure. Les mers signifient ici les cœurs des grands gnostiques. Les ustensiles signifient les cœurs des saints.

قوله : ( المالئة لكلّ متعرّض من البحور والأواني ) ، معنى التعرّض ههنا هو تارة بالتوجّه إلى الله تعالى والتهيّء والاستعداد ، وتارة بالاقتطاع الإلهيّ . والبحور ههنا عبارة عن قلوب أكابر العارفين ، والأواني هي قلوب الأولياء

  • Sa parole : « Ta lumière brillante par laquelle Tu as rempli Ton univers qui englobe tout lieu et localité (wa nûrika al-lâmiʿi al-ladhî malâta bihi kawnaka al-hâ’ita bi-amkinati al-makâni) »

« L’univers qui englobe » signifie l’ordre divin dans lequel Allâh a instauré les formes apparentes de l’univers. Cet ordre est bien rempli par la lumière du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). C’est ce qui est exprimé par les termes « univers » et « localité ».

قوله : ( ونورك اللامع الذي ملأت به كونك الحائط بأمكنة المكان ) ، يعني أنّ الكون الحائط هو الأمر الإلهيّ والذي أقام الله فيه ظواهر الوجود ، فذلك الأمر مملوء به صلّى الله عليه وسلّم ، وهو المعبّر عنه بالكون والمكان

  • Sa parole « Ô Allâh, prie et accorde Ton salut sur l’œil du Vrai (ʿayn al-haqq) »

Sachez que « l’œil du Vrai » peut avoir deux significations différentes. La première consiste à donner cette appellation « le Vrai » en faisant allusion à l’Entité Sacrée. La deuxième consiste à considérer le Vrai comme étant un attribut de cette Entité. L’Entité Sacrée peut, en effet, être appelée « Le Vrai » parce que « Le Vrai » s’oppose au « Faux » et au « Vain » dans tous les aspects. Le pur Vrai est bien l’Entité suprême sacrée.

A part cette Entité, tout le reste est faux et vain. C’est dans ce contexte que le Messager d’Allâh (صلّى الله عليه وسلّم) a apprécié le poème de « Labîd » et a témoigné qu’il avait été du nombre des sincères et des gens dignes de l’authentification. Il a dit :

Toute chose en dehors d’Allâh est vaine et éphémère

Cette appellation « Le Vrai » ne concerne évidemment pas le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) parce que cette appellation est celle de l’Entité Sacrée elle-même. Elle ne concerne rien d’autre qu’Allâh.

La seconde appellation est « le juste » qui est un attribut du Vrai, Gloire et Elévation à lui. Cette justice est omniprésente dans l’image de la science éternelle, de la volonté divine, de la puissance seigneuriale et du jugement divin éternel appliqué sur toute chose. Cette justice mentionnée est bien ce qui se propage dans les traces de tous les noms et attributs divins. L’ensemble de cette justice, en totalité et en partie, est groupé dans la réalité Mohammadienne.

Voilà pourquoi elle est appelée « Œil du Vrai », c’est par cette considération qu’elle a eu cette appellation. Elle est entièrement véridique. Elle ne dévie pas de la balance de la justice divine qui est l’œil du Vrai, suivant la seconde appellation.

قوله : ( اللهمّ صلّ وسلّم على عين الحقّ ) ، إعلم أنّ عين الحقّ له إطلاقان ، الأوّل : الحقّ من حيث الذات ، والثاني : إطلاق صفة الذات . فإطلاق الحقّ من حيث الذات لأنّ الحقّ يقابله الباطل من كلّ وجه ، فالحقّ المحض هو الذات العليّة المقدّسة وما عداها كلّه باطل ، وإلى هذا الاشارة بقول الشاعر لبيد ، الذي شهد له رسول الله صلّى الله عليه وسلّم بالصدق والتحقيق :

ألا كـلّ شـيء ما خـلا الله باطـل

وهذا لا يطلق عليه صلّى الله عليه وسلّم إذْ هذا الاطلاق عين الذات المقدّسة لا يطلق على غيرها أصلا . والاطلاق الثاني هو العدل الذي هو من صفة الحقّ سبحانه وتعالى القائم بصورة العلم الأزليّ والمشيئة الإلهيّة والقدرة الربّانيّة والحكم الإلهيّ الأزليّ النافذ في كلّ شيء ، وهذا العدل المذكور هو الساري في آثار جميع الأسماء والصفات الإلهيّة ، ومجموع هذا العدل كلاّ وبعضا هو مجموع في الحقيقة المحمّديّة ، فلذا أطلق عليها عين الحقّ من هذا الاعتبار ، فكلّها حقّ لا تنحرف عن ميزان العدل الإلهيّ الذي هو عين الحقّ في الاطلاق الثاني

  • Sa parole : « à partir duquel les trônes des vérités se manifestent (al-latî tatajallâ minhâ ʿurûsh al-haqâ’iqi) »

La « manifestation » est l’apparition. « Les trônes des vérités » est une métaphore.

Sachez que puisque chaque vérité renferme une infinité de sciences, de connaissances, de secrets, de dons et d’afflux, elle a été appelée « trônes ». Le trône englobe en effet toutes les créatures qui se trouvent à son intérieur.

De même, le trône représente le maximum d’excellence, d’élévation et d’honneur par rapport à la créature. Les vérités sont aussi à un niveau maximal d’excellence, d’élévation et d’honneur parce qu’elles émanent de la présence du Vrai, dont l’élévation et l’honneur n’ont pas de limites. Il n’y a rien qui peut dépasser le trône. Il est le maximum du maximum dans l’excellence, l’élévation et l’honneur. Les vérités qui émergent de la présence du Glorieux, du Très-Haut, sont vêtues de cet attribut suprême de supériorité, d’honneur et de solennité. Voilà pourquoi elles ont été appelées « Trônes », c’est selon cet aspect. Chaque vérité est donc un trône.

وقوله : ( اَلَّتي تتجلّى منها عروش الحقائق ) ، التجلّي هو الظهور ، وعروش الحقائق استعارة بديعية . إعلم أنّه لمّا كانت كلّ حقيقة منطويّة على ما لا غاية له من العلوم والمعارف والأسرار والمواهب والفيوض أطلق عليها عروش من هذا الميدان لأنّ العرش محيط بما في جوفه من جميع المخلوقات . وأيضا أنّ العرش هو غاية الرفعة والعلوّ والشرف من المخلوقات في علم الخلق وكانت الحقائق في غاية العلوّ والرفعة والشرف لأنّها برزت من حضرة الحقّ الذي لا غاية لعلوّه وشرفه ولا علوّ وراءه ، فهو غاية الغايات في العلوّ والرفعة والشرف وكانت الحقائق البارزة من حضرته سبحانه وتعالى مكسوّة بهذه الصفة العليّة من العلوّ والشرف والجلال أطلاق عليها اسم العرش من هذا الباب ، فكلّ حقيقة هي عرش

  • Sa parole : « la source des connaissances (ʿayn al-maʿârif) »

Puisque les connaissances divines débordées sur l’élite supérieure des prophètes, messagers, pôles, véridiques et des saints débordent à partir de la réalité Mohammadienne ; et puisque rien de ces connaissances ne déborde directement de la présence divine sans passer à travers cette réalité Mohammadienne ; alors tout ce qui déborde de ces connaissances n’émerge en effet qu’à partir de la réalité Mohammadienne. Il (صلّى الله عليه وسلّم) est donc le coffret et la source de ces connaissances. Voilà pourquoi il est appelé « Source des connaissances ».

قوله : ( عين المعارف )، يعني أنّه لمّا كانت المعارف الإلهيّة المفاضة على الخاصّة العليا من النبيّين والمرسلين ، والأقطاب والصدّيقين والأولياء ، كلّها فائضة من الحقيقة المحمّديّة وليس شيء منها ، أعني من المعارف ، يفاض من حضرة الحقّ خارجا عن الحقيقة المحمّديّة فلا شيء مفاض من المعارف إلاّ وهو بارز من الحقيقة المحمّديّة ، فهو صلّى الله عليه وسلّم خزانتها وينبوعها ، فَلِذَا أطلق عليه عين المعارف من هذا الاعتبار . اهـ

  • Sa parole : « Le plus juste (al-aqwam) » :

Il (le Prophète) avance dans les conduites de la justice divine sans aucune déviation et sans aucune sortie du droit chemin. Il y a deux sens ici :

Le premier sens : La droiture : il (le Prophète) agit le plus modérément possible lorsqu’il veut faire un redressement de quelque chose, sans laisser de tortuosité. C’est la signification du terme « parfaitement droit » (al-asqam).

Le second sens : C’est un attribut superlatif qui reflète sa perfection dans l’exécution de l’ordre divin, tout en veillant à l’application parfaite des droits du Vrai. Voilà le sens donné à sa nomination « Ahmad » (صلّى الله عليه وسلّم). Il (صلّى الله عليه وسلّم) est en effet le plus complet des gens dans le respect de la bienséance à l’égard de la présence divine, que ce soit du point de vue de la science, des oeuvres, de l’état, du goût, de l’acquisition des stations, de la conquête de l’éthique, de la certitude et de l’attachement. Il est, de tous les points de vue, le plus parfait parmi ceux qui ont présenté leur louange à Allâh.

قوله : ( الأقوم ) ، يعني أنّه جَارٍ في مجاري العدل الإلهيّ لا يعوجّ بوجهٍ ولا يخرج عن الجادّة المستقيمة في العدل . وله معنيان أيضا . المعنى الأوّل : الاستقامة ، وهو المعتدل في التقويم بلا اعوجاج ، وهو معنى الأسقم . والمعنى الثاني : هو صيغة التفضيل من كمال إقامته لأمر الله تعالى وتوفيته بالقيام بحقوق الحقّ سبحانه وتعالى ، وهذا المعنى الملحوظ في تسميته صلّى الله عليه وسلّم أحمد ، فهو صلّى الله عليه وسلّم أكمل الخلق قياما بآداب الحضرة الإلهيّة علما وعملا وحالا وذوقا ومنازلة وتخلّقا وتحقّقا وتعلّقا ، فهو أكمل مَن حمد الله تعالى من خلقه من جميع الجهات . اهـ

  • Sa parole : « à Ton sentier bien menant (sirâtika al-tâmmi) »

Le nom « sentier » (sirât) a été emprunté pour décrire le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) parce qu’il joue le rôle de sentier entre les mains du Vrai. Personne ne peut parvenir à la présence du Vrai sauf par son intermédiaire (صلّى الله عليه وسلّم). Celui qui se détourne de lui, se coupe de la présence du Vrai et se sépare de Lui. Le Prophète ressemble ainsi au sentier que les gens doivent traverser le jour du rassemblement pour arriver au paradis. Personne ne peut espérer atteindre le paradis, depuis la terre du jour de la résurrection, sauf à travers le sentier destiné au transit.

Celui qui essaie de se passer de « la terre du jour de la résurrection » au paradis, sans emprunter le sentier connu destiné au transit, se coupera alors du paradis et se séparera de lui. Il n’aura aucune chance d’y accéder. Il en est de même pour le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). C’est lui, également, le sentier droit entre les mains du Vrai. Personne ne peut espérer arriver à la présence du Vrai sauf en transitant par lui (صلّى الله عليه وسلّم).

Celui qui souhaite arriver à la présence du Vrai sans passer par le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) se coupera et se séparera d’elle ; il sera repoussé et maudit. Dans ce sens, al-Shaykh al-Akbar (ibn ʿArabî) (رضي الله عنه) a dit dans sa prière (sur le Prophète) :

« Il est Ta porte. Celui qui vient vers Toi Ô Allâh sans la traverser aura tous les chemins coupés et toutes les portes fermées devant lui. Il sera refoulé, après toutes les bienséances dont il a fait preuve, vers l’écurie des bêtes. »

قوله : ( صراطك التامّ ) ، أستعير له صلّى الله عليه وسلّم إسم الصراط لكونه صراطا بين يدي الحقّ لا عبور لأحد إلى حضرة الحقّ إلاّ عليه صلّى الله عليه وسلّم . فمن خرج عنه انقطع عن حضرة الحقّ وانفصل ، فهو مشبّه بالصراط الذي يكون عليه عبور الناس في المحشر إلى الجنّة ، لا مطمع لأحد من الخلق في الوصول إلى الجنّة من أرض القيامة إلاّ على الصراط الذي عليه العبور ، فمن رام الوصول إلى الجنّة من أرض القيامة على غير الصراط المعلوم للعبور انقطع عن الجنّة وانفصل ولا مطمع له في الوصول إليها ، كذلك هو صلّى الله عليه وسلّم هو الصراط المستقيم بين يدي الحقّ لا مطمع لأحد في الوصول إلى حضرة الحقّ إلاّ بالعبور عليه صلّى الله عليه وسلّم ، ومن رامها بغير العبور عليه صلّى الله عليه وسلّم انقطع وانفصل وطرد ولعن ، ولهذا الإشارة بقول الشيخ الأكبر رضي الله عنه في صلاته : إذ هو بابك الذي من لم يقصدك منه سدّت عليه الطرق والأبواب ويردّ بعد الآداب إلى إصطبل الدواب

  • Sa parole : « parfaitement droit (al-asqam) »

C’est-à-dire : le parfait dans la droiture, sans tortuosité.

قوله : ( الأسقم ) ، بمعنى الكامل في الاستقامة بلا اعوجاج .

  • Sa parole : « Ô Allâh ! Répand ta prière et accorde Ton salut à l’apparition du Vrai par le Vrai (talʿatî al-haqq bi al-haqq) »

Sachez que l’apparition du Vrai par le Vrai présente deux significations différentes :

La première : Il s’agit de l’apparition du Vrai au Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), à partir de l’Entité pure Suprême par le Vrai ; c’est-à-dire par l’Entité aussi. L’Entité Suprême s’est manifestée en effet au Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), par son Entité elle-même et non pas par quelque chose d’autre. Donc pour le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), l’Entité (Suprême) s’est manifestée à lui par l’Entité (Suprême) elle-même. Son apparition s’est faite à partir d’elle-même et non pas à partir de quelque chose d’autre. La cause de l’apparition de l’Entité Suprême à la réalité Mohammadienne est bien l’Entité Suprême elle-même. Sa manifestation à la réalité Mohammadienne est à partir de l’Entité Suprême sacrée pure, et non pas à partir de quelque chose d’autre. Voilà le sens de l’apparition du Vrai par le Vrai.

La seconde signification de l’apparition du Vrai par le Vrai est la suivante : Il s’agit de l’apparition des noms et des attributs divins dont l’ensemble constitue « le Vrai total » lui-même. Cet ensemble regroupe toutes les ramifications qui concernent les verdicts divins, les quantités divines destinées à la créature, les besoins et les exigences liées à ces attributs et à ces noms. Tout ceci constitue « le Vrai total » lui-même.

Le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), avec sa réalité Mohammadienne, est donc l’apparition de tout cet ensemble. Il regroupe ses vérités, ses verdicts, ses exigences et ses besoins. L’apparition de cet ensemble dans la réalité Mohammadienne se fait à partir de la substance des secrets des attributs et des noms divins. C’est cette cause qu’on exprime par la lettre «  » (c’est-à-dire par le terme « par »). Cette apparition s’est déroulée en son intérieur (صلّى الله عليه وسلّم), à cause des secrets et des lumières de cet ensemble.

Tout cet ensemble est du vrai. Voilà la signification de l’apparition du Vrai par le Vrai. Lorsque le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) a veillé dans ce domaine sur les droits des deux manifestations manifestées et lorsqu’il a assuré leurs services et les règles de leurs bienséances dans l’ensemble et dans le détail et lorsqu’il a parfait son orientation vers elles par son adoration parfaite (à Allâh), alors cette absoluité s’est exprimée dans la prière Bakrienne (de Sayyidî al-Bakrî) :

« Ton serviteur, du point de vue Toi, comme il est Ton serviteur du point de vue de la totalité de Tes noms et de Tes attributs. »

قوله : ( اللهمّ صلّ وسلّم على طلعة الحقّ بالحقّ ) ، إعلم أنّ طلعة الحقّ بالحقّ له معنيان : الأوّل فيه طلعة الحقّ له صلّى الله عليه وسلّم من الذات العليّة المقدّسة بالحقّ ، وهي الذات أيضا ، فإنّ الذات العليّة تجلّت له بذاتها لا شيء دونها ، فكان صلّى الله عليه وسلّم له تجلّت الذات بالذات وطلوعها عنها لا عن شيء دونها ، فإنّ السبب الذي طلعت به هو الذات العليّة للحقيقة المحمّديّة ، وتجلّيها لها كان عن الذات العليّة المقدّسة المنزّهة لا عن غيرها ، فهذا معنى طلعة الحقّ بالحقّ . والمعنى الثاني : طلعة الحقّ ، وهي طوالع الأسماء والصفات الإلهيّة التي مجموعها هو عين الحقّ الكلّيّ بجميع ما تفرّع عنها من الأحكام الإلهيّة والمقادير الربّانيّة واللوازم والمقتضيات الملازمة لتلك الصفات والأسماء ، فمجموعها هو عين الحقّ الكلّيّ ، فكان صلّى الله عليه وسلّم بحقيقته المحمّديّة مطلعا لها جامعا لحقائقها وأحكامها ومقتضياتها ولوازمها ، فكان طلوعها في حقيقته المحمّديّة عن مادّة أسرار الصفات والأسماء الإلهيّة الذي هو السبب المعبّر عنه بالباء ، فكان طلوعها فيه صلّى الله عليه وسلّم بسبب أسرارها وأنوارها ، فكلّها حقّ ، فهو معنى طلعة الحقّ بالحقّ . ولمّا تمّ قيامه صلّى الله عليه وسلّم في هذا الميدان بحقوق التَجَلِّيَيْن المذكوريْن وتوفيّته بوظائف خدمتها وآدابها جملة وتفصيلا ، وتكميله لمقابلتها بعبوديّته الكاملة ، عبّر عن هذا الإطلاق في الصلاة البكريّة بقوله : عبدك من حيث أنت كما هو عبدك من حيث كافّة أسمائك وصفاتك.

  • Sa parole : « Le trésor le plus sublime (al-kanz al-aʿzam) »

C’est-à-dire : le trésor qui regroupe tous les secrets, les sciences, les connaissances, les conquêtes spirituelles, les afflux, les manifestations de l’Entité, des attributs, des noms, des actes et des formes.

Puisque tout cet ensemble s’est rassemblé dans le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) il fut alors « le trésor le plus sublime ». C’est à cause de ceci, que toutes les requêtes, tous les dons, tous les afflux religieux et tous les afflux de l’ici-bas et e l’au-delà comme sciences, connaissances, secrets, lumières, œuvres, états, constatations, monothéisme, certitude, foi et bienséances envers la présence divine, peuvent être tirés de lui. C’est lui (صلّى الله عليه وسلّم) qui alimente tous les univers, dans l’ensemble et dans le détail, individu par individu, sans exception, par la totalité de ces afflux.

D’ailleurs, un des intérêts du trésor est l’exaucement des requêtes et des bénéfices par le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم).

قوله : ( الكنز الأعظم ) ، يعني الذي هو جامع لجميع الأسرار والعلوم والمعارف والفتوحات والفيوض والتجلّيات الذاتيّة والصفاتيّة والأسمائيّة والفعليّة والصوريّة . فلمّا كملت فيه صلّى الله عليه وسلّم هذه الجمعيّة كان هو الكنز الأعظم ، إذ بسبب ذلك تستفاد منه جميع المطالب والمنح والفيوض الدينيّة والدنياويّة والأخرويّة من العلوم والمعارف والأسرار والأنوار والأعمال والأحوال والمشاهدات والتوحيد واليقين والإيمان وآداب الحضرة الإلهيّة إذ هو المفيض لجميعها على جميع الوجود جملة وتفصيلا فردا فردا من غير شذوذ ، إذ من فائدة الكنز تحصيل المطالب والمنافع منه صلّى الله عليه وسلّم

  • Sa parole : « Le flux venant de Toi et retournant à Toi (ifâdatika minka ilayka) »

Sachez que lorsque la volonté du Vrai s’est attachée à la création de sa créature, la réalité Mohammadienne a alors émergé. Cette émergence a eu lieu lorsqu’Allâh s’est manifesté par lui-même à lui-même à partir du ciel des attributs et a réclamé les ressources des diligences à son Entité, par sa propre Entité. Il a reçu de lui-même cette requête par agrément et acceptation. Voilà pourquoi il a donné l’existence à la réalité Mohammadienne à partir de la présence de Sa science. Cette réalité Mohammadienne est alors devenue des sources et des rivières. Puis il a façonné le monde à partir d’elle et il l’a complètement découpé selon l’image de l’être humain.

Cette image était d’abord sous forme d’un tissu qui couvrait la réalité Mohammadienne lumineuse. Ce tissu ressemble dans sa finesse et sa pureté à l’eau et à l’air. Il a ensuite pris la forme de l’image lumineuse. C’est ainsi que « Muhammad » (صلوات الله عليه) est l’ensemble de tout. Il est la preuve des attributs et l’origine du plus élevé. Adam (عليه السلام) est une copie conforme de lui. Il en est de même pour sa descendance et pour le monde entier, sa partie supérieure et sa partie inférieure, ils sont à leur tour une copie conforme d’Adam (عليه السلام). Soyez certains de ce tissage, vous vivrez alors heureux.

Il importe néanmoins de souligner que les prophètes et les messagers (عليهم الصلاة والسلام) sont une copie parfaite des corps de Muhammad et d’Adam. Les gnostiques (ʿârifûn) héritiers sont des copies d’Adam et de la partie apparente de nôtre maître Muhammad. Quant aux gens de la gauche (les mécréants), ce sont des copies confectionnées uniquement à partir de l’argile d’Adam et de rien d’autre.

Quant à la reproduction génétique, jusqu’à l’arrivé de l’époque du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) sachez qu’Allâh a mis le monde entre les mains de Son Prophète et à sa portée. Le corps de Muhammad (صلّى الله عليه وسلّم) une fois secoué (comme du lait), a donné du beurre qui est le monde ici présent. Il en est de même pour la réalité de l’origine de la création du monde. Le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) détient donc le mérite de tout cerner et de tout embrasser puisque c’est à partir de lui qu’il y a eu à la fois le commencement et la clôture de la création. Voilà, vous comprenez donc la création du premier être existant, et vous connaissez maintenant son rang et sa position dans l’univers.

En somme, nôtre maître Muhammad (صلّى الله عليه وسلّم) est le premier des êtres existants et il est leur origine. C’est à partir de ses bénédictions que les êtres sont créés et qu’ils bénéficient de son assistance.

قوله : ( إفاضتك منك إليك ) ، إعلم أنّه لمّا تعلّقت إرادة الحقّ بإيجاد خلقه برزت الحقيقة المحمّديّة وذلك عندما تجلّى بنفسه لنفسه من سماء الأوصاف ، وسأل ذاته بذاته موارد الألطاف ، فتلقّى ذلك السؤال منه بالقبول والإسعاف ، فأوجد الحقيقة المحمّديّة من حضرة علمه فكانت عيونا وأنهارا ، ثمّ سلخ العالم منها واقتطعه كلّه تفصيلا على تلك الصورة الآدميّة الإنسانيّة ، فإنّها كانت ثوبا على تلك الحقيقة المحمّديّة النورانيّة شبه الماء والهواء في حكم الرقّة والصفاء ، فتشكّل الثوب شكل الصورة النورانيّة ، فكان محمّد صلوات الله عليه مجمع الكلّ وبرهان الصفات ومبدأ الإعلان ، وكان آدم عليه والسلام نسخة منه على التمام ، وكانت نسخة الذريّة من آدم عليه السلام ، وكان العالم برمّته ، علويّه وسفليّه ، نسخة من آدم ، فَتَحَقَّقْ هذا النسخ تَعِشْ سعيدا . غير أنّ الأنبياء عليهم الصلاة والسلام من كتابي محمّد وآدم على الكمال ، والعارفون الوارثون نسخة من آدم وظاهر سيّدنا محمّد صلّى الله عليه وسلّم ، وأمّا أهل الشمال فنسخة من طينة آدم لا غير ، وأما التناسل إلى أن جاء زمانه عليه والصلاة والسلام فصيّر العالم في قبضته ومخضة جسم محمّد صلّى الله عليه وسلّم زبدة مخضته كما كانت حقيقة أصل نشأته ، فله الفضل بالإحاطة إذ كانت البداءة والختم به ، فقد حصلت في علمك نشأة أوّل كلّ موجود وأين مرتبته من الوجود ومنزلته من الجود . والحاصل أنّ سيّدنا محمّد صلّى الله عليه وسلّم هو أوّل الموجودات وأصلها ، ببركاته وجدت وبه استمدّت

  • Sa parole : « à l’investissement de la lumière dissimulée (ihâtati al-nûr al-mutalssam) »

C’est-à-dire (la lumière dissimulée) : le secret caché de la divinité. Ce secret est divisé par le Vrai en deux parties :

  • Une partie qui n’est connue que par Allâh, seul ; personne de la créature ne peut en être informé.
  • Et une partie qu’Allâh a choisie de déceler à des élus faisant partie de l’élite. Elle est partagée entre eux selon la volonté éternelle. Chacun d’eux dispose de ce qui lui a été décrété comme secrets de la divinité. Cette seconde partie, mise en totalité à la disposition des gens pour la connaître, est complètement cernée par le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) des points de vue du savoir et du goût. Elle est groupée au sein de sa noble entité dans sa réalité Mohammadienne, pour être distribuée ultérieurement aux gens.

En d’autres termes, la lumière dissimulée est l’ensemble des perfections divines qu’Allâh a décidé, d’après Son savoir antérieur, de déceler à sa créature et de montrer, soit d’une manière générale, soit en détail. Chaque individu de l’univers en est informé selon ce qui lui convient et ce qui le caractérise, depuis le début de l’apparition du monde jusqu’à l’éternité.

Cette lumière mentionnée était dissimulée dans le voile du mystère, c’est-à-dire elle est couverte par différents voiles épais, empêchant les gens d’y accéder et d’en prendre connaissance. Mais Allâh a décelé cette lumière, d’un seul coup, à Son Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Il la lui a montrée en totalité dans sa réalité Mohammadienne. La connaissance parfaite susmentionnée et la lumière sont, en fait, les apparences des perfections divines. La dissimulation qui caractérise cette lumière est l’ensemble des voiles qui empêchent l’accès à la connaissance de ses réalités.       ..

قوله : ( إحاطة النور المطلسم ) ، يعني أنّ النور المطلسم هو سرّ الألوهيّة المكتم ، وكان هذا السرّ قسمه الحقّ سبحانه وتعالى بحكم المشيئة الربّانيّة قسمين ، قسم منه استبدّ بعلمه لا يطلع عليه غيره ، وقسم اختار أن يطلع عليه غيره من خلقه من ذوي الاختصاص ، وكان مقسوما بينهم بالمشيئة الأزليّة لكلّ واحد منهم ما قدّر له من سرّ الألوهيّة ، وكان ذلك المقسوم لخلقه أن يطلعوا عليه كلّه أحاط به صلّى الله عليه وسلّم علما وذوقا ، واجتمع في ذاته الكريمة في حقيقته المحمّديّة ، وتفرّق في الخلق . وبعبارة النور المطلسم هي الكمالات الإلهيّة التي سبق في سابق علمه أن يكشفها لخلقه ويطلعهم عليها جملة وتفصيلا لكلّ فرد من الوجود ما يناسبه وما يختصّ به من أوّل ظهور العالم إلى الأبد ، وكان ذلك النور المذكور مطلسما في حجاب الغيب ، معناه أنّ عليه حجبا عظيمة ليس لأحد الوصول إلى الاطّلاع عليه أو على شيء منه ، فأشهده الله نبيّه صلّى الله عليه وسلّم دفعة واحدة وأطلعه عليه في حقيقته المحمّديّة من غير شذوذ . فالإحاطة المذكورة والنور هي طوالع الكمالات الإلهيّة ، والطلاسم المضروبة عليها هي الحجب المانعة من الوصول إلى معرفة حقائقها

  • Sa parole : « Qu’Allâh prie sur lui ainsi que sur sa famille (salla allâhu ʿalayhi wa ʿalâ âlihi) »

Sachez que la prière effectuée par Allâh sur Son Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est une description se rapportant à Son Entité selon ce qui est adapté à Sa sublimité et à Sa solennité. Ceci dépasse la compréhension et la raison.

En général, l’attribut, bien qu’il porte le même nom et la même appellation, peut caractériser plusieurs êtres existants et sa réalité diffère par rapport à chacun d’entre eux. En effet, notre prière sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est l’ensemble des mots que nous prononçons en vue de faire une invocation et une supplication devant Allâh avec l’intention de glorifier le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). En revanche, la prière d’Allâh sur Son Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est différente. Elle dépasse la compréhension et la raison. Rien ne peut expliquer cette prière. On dit plutôt qu’Allâh prie sur Son Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) sans que cette prière puisse être décrite. Ne voyez-vous pas la prosternation des êtres existants devant Allâh ? Ils se prosternent tous devant Allâh, mais la prosternation connue de l’être humain diffère de celle des objets inertes, des animaux et des arbres. Chacun de ces gens dispose d’une prosternation qui lui est propre et adaptée. Du point de vue de la nomenclature et d’une manière générale ils se prosternent tous. Mais en réalité, leurs prosternations sont différentes et chacun se prosterne à sa façon.

La prière des anges sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) quand à elle, ressemble à la nôtre.

قوله : ( صلّى الله عليه وعلى آله ) ، إعلم أنّ الصلاة في حقّ الله تعالى على نبيّه صلّى الله عليه وسلّم وصف قائم بذاته على الحدّ اللائق الذي يليق بعظمته وجلاله هو أمر فوق ما يدرك ويعقل ، فإنّ الوصف الوارد في حقّ كلّ موجود ، وإن اشترك في اللفظ والاسم ، فالحقيقة مباينة في حقّ الموجودات . فالصلاة في حقّنا عليه صلّى الله عليه وسلّم هي الألفاظ البارزة من ألسنتنا بالدعاء والتضرّع إلى الله تعالى فيما ينبئ عن تعظيم نبيّه صلّى الله عليه وسلّم منّا ، وليست كذلك صلاته سبحانه وتعالى على نبيّه صلّى الله عليه وسلّم ، فهو فوق ما يدرك ويعقل ، فلا تفسّر بشيء ، بل نقول يصلّي على نبيّه صلّى الله عليه وسلّم ولا تكيّف صلاته . ألا ترى أنّ السجود في حقّ الموجودات لله تعالى ، فكلّها ساجدة لله ، وليس السجود المعهود في حقّ الآدميّ لله تعالى يماثل سجود الجمادات والحيوانات والأشجار فردا فردا ، فإنّ لكلّ واحد من تلك الأفراد سجودا يليق بحاله ، فإنّ السجود في حقّ جميعها مماثل في الاسم والإطلاق والحقيقة متفرّقة في جميعها ، وسجود كلّ واحد غير سجود الآخر . وأمّا صلاة الملائكة على النبيّ صلّى الله عليه وسلّم فتعقّلها في حقّهم كتعقّلها في حقّنا ..

  • Sa parole : « Une prière par laquelle Tu nous le feras bien connaître (salatan tuʿarrifunâ bihâ iyyâhu) »

C’est-à-dire le prieur a sollicité qu’Allâh lui fasse connaître le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) dans ses rangs ésotériques. Il a sollicité qu’Il le lui fasse connaître ou bien en lui accordant l’accès à la connaissance de son esprit (h), ou bien à la connaissance de la réalité de son intellect (ʿaql), ou bien à la connaissance de son cœur (qalb) ou à la connaissance de son âme (nafs).

      Concernant la réalité de la station de l’esprit du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) seuls les gens dignes des plus hauts rangs parmi les prophètes, les messagers, les pôles et ceux qui s’en rapprochent comme les singuliers (afrâd) arrivent à atteindre cette station. Parmi les gnostiques, certains atteignent la station de son intellect (ʿaql) (صلّى الله عليه وسلّم). Leurs connaissances et sciences sont en fonction de cette station. La station de l’intellect (ʿaql) et ses sciences sont bine inférieures à celles de l’esprit (h).

Parmi les gnostiques également, certains arrivent à atteindre la station du cœur (qalb) du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Leurs connaissances et sciences sont fonction de ce niveau. La station du cœur (qalb) et ses sciences sont inférieures à celles de l’intellect (ʿaql). Parmi les gnostiques, certains atteignent la station de l’âme (nafs) du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Leurs connaissances et sciences sont en fonction de ce niveau. La station de l’âme et ses sciences sont inférieures à celles du cœur (qalb). En revanche, concernant la station du secret (sirr) du Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), personne ne peut l’atteindre, ni les grands ni les petits.

قوله: ( صلاة تعرّفنا بها إيّاه ) ، يعني أنّ المصلّي طلب من الله تعالى أن يعرّفه إيّاه مراتب بطونه صلّى الله عليه وسلّم إمّا بالوصول إلى معرفة روحه أو حقيقة عقله أو قلبه أو نفسه. فأمّا حقيقة مقام روحه فلا يصل إليها إلاّ الأكابر من النبيّين والمرسلين والأقطاب ومَن ضاهاهم من الأفراد. ومن العارفين من يصل إلى مقام عقله صلّى الله عليه وسلّم فتكون معارفه وعلومه بحسب ذلك إذ ليس مقام العقل وعلومه كمعارف مقام الروح وعلومه. ومن العارفين من يصل إلى مقام قلبه صلّى الله عليه وسلّم فتكون معارفه وعلومه بحسب ذلك وهي دون مقام العقل في المعارف والعلوم. ومن العارفين من يصل إلى مقام نفسه صلّى الله عليه وسلّم فتكون معارفه وعلومه بحسب ذلك وهي دون مقام القلب . وأمّا مقام سرّه صلّى الله عليه وسلّم فلا مطمع لأحد في دركه لا مَن عظم شأنه ولا من صغر.

Quant à la différence entre les stations de son secret, de son esprit, de son intellect, de son cœur et de son âme (صلّى الله عليه وسلّم) elle est comme suit :

La station de son secret (sirr) (صلّى الله عليه وسلّم) est sa réalité Mohammadienne qui est pure lumière divine. Les intellects et les raisons de toutes les créatures parmi l’élite supérieure sont incapables de l’atteindre ou même de le comprendre. Voilà le sens de son secret (صلّى الله عليه وسلّم).

Ensuite, cette réalité Mohammadienne s’est vêtue de certains habits en lumières divines. De cette manière, elle s’est cachée de l’univers. Et c’est alors qu’elle fut nommée « esprit » (h). Elle s’est ensuite vêtue d’autres habits en lumières divines et fut nommée « intellect » (ʿaql). Puis elle s’est couverte d’autres habits en lumières divines qui l’ont cachée davantage. C’est alors qu’elle fut nommée « cœur » (qalb). Puis, elle s’est couverte d’autres habits en lumières divines qui l’ont cachée davantage ; c’est alors qu’elle fut nommée « âme » (nafs).

والفرق بين مقام سرّه وروحه وعقله وقلبه ونفسه، فأمّا مقام سرّه صلّى الله عليه وسلّم فهي الحقيقة المحمّديّة التي هي محض النور الإلهي التي عجزت العقول والإدراكات من كلّ مخلوق من الخاصّة العليا عن إدراكها وفهمها ، هذا معنى سرّه صلّى الله عليه و سلّم . ثمّ ألبست هذه الحقيقة المحمّديّة لباسا من الأنوار الإلهيّة واحتجبت بها عن الوجود فسمّيت روحا ، ثمّ تنزّلت بألباس أخرى من الأنوار الإلهيّة فكانت بسبب ذلك تسمّى عقلا ، ثمّ تنزّلت بألباس من الأنوار الإلهيّة أخرى واحتجبت بها فسمّيت بذلك قلبا ، ثمّ تنزّلت بألباس من الأنوار الإلهيّة واحتجبت بها فكانت بسبب ذلك نفسا .

            Note bénéfique : Sachez que lorsqu’Allâh a créé la réalité Mohammadienne, Il a consigné en elle tout ce qu’Il a décrété et réservé à Sa créature. Il a ainsi emmagasiné en elle les afflux des sciences, des connaissances, des secrets, des manifestations, des lumières et des vérités et tous ces afflux on été annexés par l’ensemble de leurs verdicts, exigences et besoins. Le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est en ascension perpétuelle dans l’observation des perfections divines. Personne à part lui ne peut espérer arriver à ce stade spirituel dans lequel ces perfections ne s’arrêtent jamais le long de l’éternité.

تنبيه شريف : إعلم أنّه لمّا خلق الله الحقيقة المحمّديّة أودع فيها سبحانه وتعالى جميع ما قسمه لخلقه من فيوض العلوم والمعارف والأسرار والتجلّيات والأنوار والحقائق بجميع أحكامها ومقتضياتها ولوازمها ، ثمّ هو صلّى الله عليه وسلّم الآن يترقّى في شهود الكمالات الإلهيّة ممّا لا مطمع فيه لغيره ، ولا تنقضي تلك الكمالات بطول أبد الآباد

Conclusion : Il a été rapporté dans le hadîth prophétique que lorsqu’il (le Prophète) reçu le verset : { Certes, Allâh et Ses anges prient sur le Prophète } [S.33/V.56], il (صلّى الله عليه وسلّم) dit : « Allâh m’a comblé de vos prières. » puis il a dit après cela, dans ce hadîth ou dans un autre que celui-ci : « Jibrîl l’a (le Prophète) (صلّى الله عليه وسلّم) informé qu’Allâh lui a véritablement dit : « Celui qui prie sur toi, Je prie sur lui. » » Le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) a dit : « Il est donc évident que celui qui a bénéficié de Sa prière, ne sera pas châtié par le feu. »

            De ce point de vue, la prière que peut faire le dépravé sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est mieux pour lui que sa lecture du Coran. Cette prière lui servira d’intercession afin d’attirer vers lui la satisfaction du Seigneur, d’annihiler ses péchés et de lui permettre de faire partie du groupe des gens digne du bonheur dans le monde de l’au-delà.

            Par contre, le Coran, bien qu’il soit plus important que la prière sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), est considéré comme un lieu de proximité d’Allâh. Or, il est obligatoire de la part de celui qui se trouve au sein de la présence divine de ne pas agir d’une manière malséante. Celui qui dépasse les limites en agissant avec un manque de bienséance mérite la malédiction, l’exclusion et la colère d’Allâh. En effet, les gens qui portent le Coran son considérés comme les « gens digne d’Allâh » par conséquent, seront punis à la moindre erreur sauf si Allâh leur accorde une certaine diligence antérieure grâce à Sa pure largesse. Dans ce cas, ils seront protégés contre la malédiction, l’exclusion et la colère d’Allâh.

            Vous voyez donc clairement que pour le dépravé ; sa prière sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est plus bénéfique que sa lecture du Coran. Le rang du Coran est celui de la prophétie. Ce rang exige la propreté, la pureté, le respect des bienséances satisfaisantes et l’attachement à l’éthique spirituelle. Voilà pourquoi les gens ordinaires sont pénalisés lorsqu’ils lisent le Coran. C’est à cause de leur éloignement de tout ce que nous venons de citer.

            Quand à la prière sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), elle n’exige que la prononciation de son texte, tout en glorifiant le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Le lecteur de la prière doit être évidemment dans un état convenable, c’est-à-dire propre que ce soit du point de vue de ses habits, de son corps ou de l’endroit où il se trouve. La lecture de la prière doit être conforme au texte sans erreurs de prononciation ni de vocalisation. Les mots qui la composent doivent être bien connus dans la loi religieuse. Dans ce cas, Allâh a garanti à celui qui la cite qu’Il priera sur lui.

Si Allâh prie sur une personne une fois, Il ne la tortura alors pas. Pour les gens du commun, il n’y a pas de moyen plus intéressant et plus prometteur pour attirer la satisfaction du Seigneur que la prière sur Son Prophète (صلّى الله عليه وسلّم).

Il est à noter qu’il y a eu une controverse entre les savants sur l’exaucement formel de la prière sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Certains disent que la prière sur le Prophète est agréée formellement par Allâh ; d’autres pensent que cet exaucement n’est pas assuré, comme pour toute autre œuvre. Nous disons à ce sujet qu’elle est formellement agréée par Allâh.

خاتمة : ورد في الحديث الشريف أنّه لمّا نزل عليه قوله تعالى : إِنَّ اللَّهَ وَمَلَائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ الآية ، قال صلّى الله عليه وسلّم : « إنّ الله أغناني عن صلاتكم » ، ثمّ قال بعدها ، إمّا في هذا الحديث أو في حديث غيره ، « أنّ جبريل أخبره صلّى الله عليه وسلّم عن الله تعالى أنّ الله عزّ وجلّ يقول له من صلّى عليك صلّيت عليه » إن قال صلى الله عليه وسلم : « وحقّ لمن صلّى عليه أن لا يعذّبه بالنار » . ومن هذه الحيثيّة أنّ الصلاة عليه صلّى الله عليه وسلّم في حقّ الفاسق أفضل له من تلاوة القرآن ، لأنّها شافعة له في إفاضة رضا الربّ ومحقها لذنوبه وإدخاله في زمرة أهل السعادة الأخرويّة ، ولا كذلك القرآن ، فإنّه ، وإن كان أفضل منها ، فإنّه محلّ القرب والحضرة الإلهيّة يحقّ لمن حلّ فيها أن لا يتجاسر بشيء من سوء الأدب ، ومن تجاسر فيها بسوء الأدب استحقّ من الله اللعن والطرد والغضب لأنّ حملة القرآن أهل الله فإنّهم يؤاخذون أكثر من غيرهم بأقلّ من مثاقيل الذرّ ، إلاّ أن تكون له من الله عناية سابقة بمحض الفضل فتكون له عاصمة من ذلك . فبان لك أنّ الصلاة على رسول الله صلّى الله عليه وسلّم في حقّ الفاسق أنفع له من تلاوة القرآن ، فإنّ القرآن مرتبته مرتبة النبوّة تقتضي الطاهرة والصفاء وتوفية الآداب المرضيّة والتخلّق بالأخلاق الروحانيّة ، فلذا يتضرّر العامّة بتلاوته لبعدهم عن ذلك . وأمّا الصلاة عليه صلّى الله عليه وسلّم فليس فيها إلاّ التلفّظ بها باستصحاب تعظيم النبيّ صلّى الله عليه وسلّم بحالة تليق بتاليها من الطهارة الحسّيّة ثوبا وجسدا ومكانا وتلاوتها باللفظ المعهود في الشرع من غير لحن ، فإنّ الله سبحانه وتعالى ضمن لتاليها أن يصلّي عليه ، ومن صلّى الله عليه مرّة لا يعذّبه ، ولا وسيلة عند الله أعظم نفعا وأرجى في استجلاب رضا الربّ عن العبد في حقّ العامّة أكبر من الصلاة على النبيّ صلّى الله عليه وسلّم وإن تدافعت العلماء في القطع بقبولها ، فمِن قائل بأنّ قبولها قطعيّ ، ومن قائل بعدم القطع بقبولها كسائر الأعمال . والذي نقول ، أنّها مقبولة قطعا

Notre preuve est la suivante : Allâh dit à Son Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) : « Celui qui prie sur toi, Je prie sur lui. Celui qui te salue, Je le salue. » Cette promesse est véridique et Allâh ne manque jamais à Ses promesses. Elle n’est pas liée au serviteur mais elle est plutôt liée à la forte diligence de la part du Glorieux, du Très-Haut en faveur de Son Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). Allâh veut récompenser celui qui prie sur Son Prophète ; il ne veut pas laisser sa prière passer sans rétribution. Voilà le sens de l’agrément par Allâh de la prière sur Son serviteur.

Qu’Allâh nous accorde succès et guidance vers le droit chemin. Qu’Il prie sur nôtre maître, sa famille et sur tous ses compagnons. Louanges à Allâh, Seigneur des mondes.

Fin du texte dicté par nôtre maître et Shaykh (رضي الله عنه) en expliquant cette prière prophétique bénie. Le texte est écrit à partir de sa mémoire et de ses mots, depuis le début jusqu’à la fin. La dictée a eu lieu au désert du Sahara à Abî Samghûn. Ecrit par le plus nécessiteux des serviteurs de son Seigneur le plus riche et le plus louable ʿAlî al-Harâzim b. Lʿarbî Barrâdah al-Maghribî al-Fâsî ; qu’Allâh soit son tuteur et son parrain. Fait au début du mois Jumâdâ al-thâniyy en l’an 1206 H. Qu’Allâh prie sur nôtre maître Muhammad, sa famille et sur tous ses compagnons ainsi que Ses salutations. Les louanges sont à Allâh au début et à la fin, exotériquement et ésotériquement. »

والحجّة لنا في ذلك أنّ الله تعالى يقول للنبيّ صلّى الله عليه وسلّم : « من صلّى عليك صلّيت عليه ومن سلّم عليك سلّمت عليه » ، وهذا الوعد صادق لا يخلف ، وهو لا من حيث حيثيّة العبد بل من حيثيّة شدّة العناية منه سبحانه وتعالى بنبيّه صلّى الله عليه وسلّم وقيامه عنه سبحانه وتعالى بالمكافأة لمن صلّى عليه صلّى الله عليه وسلّم لا يترك صلاة العبد تذهب دون شيء ، وهو معنى قبول الصلاة من العبد وبالله التوفيق والهادي إلى سواء الطريق ، وصلّى الله على سيّدنا محمّد وآله وصحبه أجمعين ، والحمد لله ربّ العالمين . أهـ . ما أملاه علينا شيخنا وسيّدنا رضي الله عنه في شرح هذه الصلاة المباركة النبويّة من حفظه ولفظه ، من أوّله إلى آخره ، وذلك ببلد الصحراء بأبي سمغون ، وكتب أفقر العبيد إلى مولاه الغنيّ الحميد ، عليّ حرازم بن العربيّ برادة المغربيّ الفاسي ، كان الله له وليّا وبه حفيّا ، بتاريخ أوائل جمادى الثانية سنة ستّ ومائتي وألف . وصلّى الله على سيّدنا محمّد وعلى آله وصحبه وسلّم تسليما ، والحمد لله أوّلا وآخرا وظاهرا وباطنا .

Fin de citation


La révolte pour Allâh

‘Alî al-Harâzim al-Fâsî rapporte dans son « Jawâhir al-Ma‘ânî » (Vol.2, p.330-331) :

« Parmi ses (Ahmad al-Tijânî) paroles (رضي الله عنه), il a dit : « Se révolter pour Dieu, c’est se dresser pour Allâh, par Allâh, sans aucune intrusion de la passion, de sorte qu’il ne reste plus rien de l’influence de sa passion. Pour illustrer cette notion, on se propose de citer l’histoire d’une homme qui est passé par un village étranger. En entrant dans une épicerie afin d’acheter du vinaigre. Il a remarqué plusieurs bouteilles pleines, et a cru qu’il s’agissait de vinaigre. Mais le marchand l’a averti en lui demandant « Pourquoi tu regardes ces bouteilles de vin ? »

L’homme s’est dit qu’il avait un devoir à faire. Et il a aussitôt réagi et a commence à casser les bouteilles et à les vider. Après avoir cassé soixante-neuf (69) bouteilles sur les soixante-dix (70) existantes, il a laissé une seule bouteille sans qu’il l’endommage. Le marchand avait cru que cet homme avait été envoyé par l’émir du pays qui avait exécuté ses ordres. Il s’est donc plaint auprès de cet émir, et il lui a demandé s’il avait envoyé quelqu’un pour casser ses bouteilles de vin ? L’émir, répondant qu’il n’avait envoyé personne, a aussitôt ordonné à ses hommes de lui ramener cet homme en question.

Une fois chez lui, l’émir lui a demandé la raison pour laquelle il a cassé les bouteilles. Il a répondu : « J’ai fait ce qu’il me semble judicieux, à vous de faire ce qu’il vous semble judicieux. » L’émir a alors demandé s’il avait laissé quelque chose. On a répondu qu’il avait laissé une seule bouteille. Pourquoi l’as-tu laissé ? Répliqua l’émir. Notre homme répondit : « Lorsque le marchand m’a informé que c’était du vin, il a excité la jalousie que j’éprouve pour l’islâm, alors j’ai fait ce que j’ai fait. Mais quand j’étais en pleine action, j’ai eu une brève conversation avec moi-même et je me suis dis : « Je dispose d’un état important avec Allâh, c’est pourquoi j’ai fait cela, je suis parmi ceux qui modifient le réprouvable ! » J’ai donc tout abandonné de peur que mon acte ne soit fait pour une satisfaction personnelle. Devant cette réponse, l’émir a ordonné à ses hommes de le faire sortir de chez lui en disant : « Faites le sortir de chez moi, je ne peux pas le supporter ! »

Il a été rapporté également qu’en arrivant à un village, un homme découvrit que ses habitants adoraient un arbre en dehors d’Allâh, le Très-Haut. Le lendemain matin, il a pris une hache et est parti pour le couper, Iblîs, déguisé en être humain, lui coupa sa route en lui demandant : « Où vas-tu ? » L’homme répondit : « Je veux aller couper cet arbre que les gens adorent en dehors d’Allâh. »

Iblîs proposa : « Abandonne-le et retourne chez toi, tu trouveras trois dirhams sous ton oreiller. » L’homme retourna effectivement chez lui, mais n’a rien trouvé. Le lendemain, il est revenu afin de couper l’arbre, Iblîs toujours déguise en être humain lui coupa encore la route et lui demanda : « Où vas-tu ? » L’homme répondit : « Je vais aller couper cet arbre que les gens adorent en dehors d’Allâh. » Iblîs lui dit alors : « Retourne chez toi. Si tu t’en approches, je te couperai le cou. Lors de ta première révolte, personne ne pouvait te résister. Mais pour cette présente révolte, tu n’as agi que parce que tu as raté un intérêt. »

Paix sur vous.» Fin de ce qu’il (رضي الله عنه) nous dicta. »

Fin de citation.


  • Texte en arabe :

ومن كلامه رضي الله عنه ، قال : معنى النهضة الإلهيّة هي القيام لله بالله بلا ممازجة هواه ، فلم يبق معه شيء من متابعة هواه ، وشاهد هذا أنّ بعض الرجال دخل بلدا غريبا، فجاء إلى دكّان ليشتري الخلّ ، فرأى الأواني مملوءة وظنّ أنّه خلّ ، فقال له صاحب الدكان : أيّ شيء تنظر ، إنّما هي خمر . قال حينئذ : لَزِمَنِي فَرْضٌ ، فاشتغل بإهراقها وكسْر أوانيها ، وقد وجد فيها سبعون قسطا ، فكسر منها تسعا وستين وبقي واحد ، فظن ربّ الدكّان أنّ أمير البلد أرسله ليفعل ذلك ، فذهب لأمير البلد وقال له : هل بعثت لي من يكسر لي أواني الخمر الذي عندي ؟ قال لا لم أبعث شيئا ؟ فقال الأمير عليّ به الآن . فلمّا أتوا به قال له الأمير : لمَ فعلت ما فعلت ؟ قال له فعلت ما بدا لي فافعل ما بدا لك ، فقال : هل ترك شيئا ؟ قالوا : ترك قسطا واحدا ، فقال له : لم تركت ذلك القسط ؟ قال : لمّا قال لي ربّ الدكّان إنّه خمر أخذتني غيرة الإسلام ففعلت ذلك ، فأنا في أثناء ذلك حدّثتني نفسي بأنْ قالت : لك حال مع الله أنت ممّن يغيّر المنكر ، فتركته خوفا لما يكون حتى فعلت هذا فتركت وخفت أن يكون ذلك حظّا لنفسي . فقال الأمير : أخرجوه عنّي فإنّي لا طاقة لي به . فأخرجوه .
وروي أنّ رجلا قدم إلى بلد فوجد فيها شجرة تعبد من دون الله تعالى ، فلمّا أصبح أخذ فأسا وذهب إليها ليقطعها ، فاعترضه إبليس في صورة رجل ، فقال له : أين تريد ؟ قال أريد هذه الشجرة التي تعبد دون الله لنقطعها ، قال له : أتركها وارجع تجد تحت رأسك ثلاثة دراهم ، فرجع فلم يجد ، فرجع من الغد ليقطعها ، فاعترضه إبليس في الطريق ، فقال له : أين تريد ؟ قال : لأقطع تلك شجرة التي تعبد من دون الله ، فقال له : إرجع فإنّك إن طُفْتَ حولها ضربت عنقك ، فإنّ النهضة الأولى لا يقاومك فيها أحد ، ونهضتُك هذه لِما فاتَك مِن حظّك فقط ، والسلام . إنتهى من إملائه علينا رضي الله عنه .


Le rapport entre la lecture du Coran et la prière sur le Prophète

‘Alî al-Harâzim al-Fâsî rapporte dans son « Jawâhir al-Ma‘ânî » (Vol.1, p.132-133) :

« Puis il (Ahmad al-Tijânî) (رضي الله عنه) a dit : « Le Coran est le meilleur dhikr mais sa conduite exige que le lecteur s’efforce, lors de sa lecture, de constater que c’est Allâh qui lit, et lui, qui entend. Si cet état devient permanent chez lui, alors il atteindra l’anéantissement (fanâ’) qui est effectivement la porte d’arrivée à Allâh le Très-Haut. » Fin de sa dictée (رضي الله عنه).

Puis sachez cela : Dans la prière sur lui (صلّى الله عليه وسلّم), Allâh s’est chargé de récompense celui qui prie sur Son bien-aimé (صلّى الله عليه وسلّم), en priant, lui-même, sur lui dix fois pour chaque prière. Chacune des prières d’Allâh sur ce serviteur comporte deux secrets :

Le premier secret : Le Prophète doit récompenser celui qui prie sur lui (صلّى الله عليه وسلّم). En effet, selon la règle de générosité chez les généreux, si quelqu’un présente une bienfaisance à un généreux, son acte ne sera jamais vain. Et étant donné la générosité qui qualifie le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), il doit alors récompenser toute personne qui prie sur lui. Une fois que ceci est devenu obligatoire, Allâh, le Très-Haut, s’est chargé lui-même de récompenser toute personne qui prie sur lui, en priant sur elle dix fois pour chacune de ses prières.

Le deuxième secret : Il concerne l’amour, la diligence et la providence d’Allâh pour son Messager (صلّى الله عليه وسلّم). En effet, celui qui se tourne vers Allâh par les prières et les salutations sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), sera aimé par Allâh comme récompense de son amour pour le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم).

La récompense de cet amour divin, survenant à la suite des citations permanentes des prières et saluts sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم), est l’annulation de tous les péchés, même s’ils équivalent à ceux de tous les habitants du globe, depuis la création de l’univers jusqu’à sa fin, mêmes s’ils sont des multiples et des multiples de ceci. Allâh a fait rentrer en effet ces péchés dans l’océan de Sa grâce, de Son pardon et de Sa largesse. Non seulement il les annule, mai il les transforme en les plus hauts rangs de Sa satisfaction, ce qui dépasse amplement l’espérance du pécheur dans le monde de l’au-delà.

L’appréciation des actes de celui qui prie sur le Prophète et le salue se passe dans le monde de l’inconnaissable, de la manière suivante : Chaque fois que les anges montent vers Allâh avec son écrit plein de péchés, Allah leur dit : « Puisqu’il a une diligence pour notre bien-aimé, alors ses péchés ne seront pas pris en considération comme les autres pécheurs. » C’est ainsi qu’une fois que vous avez pris connaissance de cet aspect, vous devez savoir que la prière sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم) est nettement mieux, pour cette classe de gens que la lecture du Coran. Cela n’est vrai que selon cet aspect particulier ainsi décrit, sinon, la lecture du Coran est le meilleur dhikr disposant du rang le plus élevé.

Le Coran occupe le meilleur des rangs dans le rapprochement entre le serviteur et Allâh. Mais à la condition que les actes et les états du lecteur soient purs; celui qui le lit dans ce cas sera parmi les grands devanciers et les éminents gagnants de la satisfaction divine. Les gens de notre époque ne supportent pas ce droit chemin. Ils ne reçoivent alors, que de la détestation et de l’exécration en lisant le Coran. Cette exécration est tellement importante que l’intellect ne peut pas la concevoir ! Allâh a une ardeur et une jalousie pour Son livre saint puisqu’il représente la présence de Sa proximité et de Son rapprochement.

Celui alors qui se mêle à Son livre saint, mais qui manque de civilité et de bienséance sera banni, délogé et détesté puisqu’il n’a pas respecté convenablement la présence divine. Si vous savez ceci, vous découvrirez alors le rapport entre la lecture du Coran et la prière sur le Prophète (صلّى الله عليه وسلّم). » Fin de la dictée du Shaykh (Ahmad al-Tijânî) (رضي الله عنه) à partir de sa mémoire et de ses propres mots. »

Fin de citation.


  • Texte en arabe :

ثمّ قال رضي الله عنه : القرآن هو أفضل الذِّكْرِ ولكن السلوك به على شرط أنْ يقدر التالي نفسه في نفسه أنّه يشهد نفسه في وقت التلاوة أنَّ الربَّ سبحانه وهو الذي تعالى يتلوه عليه وهو يسمع ، فإنْ دام له هذا الحال واتّصف به اتّصف بالفناء التام وتعالى هو باب الوصول إلى الله تعالى ، والسلام . إنتهى مِنْ إملائه رضي الله عنه .
ثمّ اعلم : أنّ في الصلاة عليه صلّى الله عليه وسلّم تكفّلَ الله بمن صلّى على حبيبه صلّى الله عليه وسلّم أنْ يُصَلِّي عليه عشر مرّات بكلّ صلاة مِن تلك الصلوات التي مِنَ الله عزّ وجلّ على العبد لها سِرّان :
السرّ الأوّل : أنّ المُصَلِّي عليه صلّى الله عليه وسلّم يجب على نبيّنا صلّى الله عليه وسلّم مكافأته على مَنْ صلّى عليه على قاعدة حُكْمِ الكرم عند الكريم إن الإحسان إلى الكريم لا يضيع الإحسان عند الكريم باطلا ، فهو صلّى الله عليه وسلّم بما اتّصف من الكرم وجب عليه مكافأة مَن صلّى عليه مِن هذه الحيثية ، فلمّا توجّه عليه صلّى الله عليه وسلّم هذا ناب الحقّ سبحانه وتعالى عنه في مكافأة مَن صلّى عليه صلّى الله عليه وسلّم على إحسانه أنْ يُصلِّي عليه سبحانه وتعالى بكلّ واحدة عشرا .
والسرّ الثاني : أنّه سبحانه وتعالى عظيم المحبّة والعناية برسوله صلّى الله عليه وسلّم ممّن رآه سبحانه وتعالى توجّه إليه بالصلاة على حبيبه صلّى الله عليه وسلّم اعتنى به وأَحَبَّهُ لأجل تَحَبُّبِهِ لحبيبه بالصلاة على حبيبه صلّى الله عليه وسلّم ، وكانت له تلك المحبّة والعناية منه سبحانه وتعالى إذا ثابر على الصلاة عليه صلّى الله عليه وسلّم لو أتاه بذنوب أهل الأرض كلّها من أوّل وُجُودِ العالم إلى آخره أضعافا مضاعفة لأدخلها كلها سبحانه وتعالى في بحر عفوه وفضله وواجهه سبحانه وتعالى في بلوغ أمله في الدار الآخرة بتبليغه له في أعلى مراتب رضاه عنه سبحانه وتعالى ، وكان حُكْمُهُ في الغيب بكلّما صعدت الملائكة إلى الله بصحيفة أعماله مملوءة بالسيّئات يقول سبحانه وتعالى للملائكة إنّ له عناية بحبيبنا صلّى الله عليه وسلّم فلا تكون سيّئاته كسيّئات غيره ولا تقع المؤاخذة عليه في سيّئاته كما تقع على غيره من أصحاب السيّئات .
فإذا عرفتَ هذه الحيثيّة عرفتَ أن الصلاة عليه صلّى الله عليه وسلّم لمثل أهل هذا الوقت أفضل لهم من تلاوة القرآن مِن هذه الحيثيّة التي سَمِعْتَهَا فقط لا أنّها هي أرفع درجة من القرآن ، فإنّ القرآن هو أفضل الدرجات في التقرّب إلى الله تعالى لكن لِمَنْ صَفَتْ أعمالُه وأحوالُه مع الله تعالى ، فيكون تاليه حينئذ من أكبر السابقين وأعظم الفائرين برضا الله تعالى ، ولا قدرة لأهل هذا الوقت على هذا فإنّه يقع بهم من المقت بتلاوة القرآن ما لا تدركه العقول ، فإنّ لله سبحانه وتعالى غيرة على كتابه لكونه حضرة القرب والتداني فمَنْ خالط كتابه وأساء الأدب معه طَرَدَهُ وَمَقَتَهُ لكونه لم يُعْطِ الحضرة حقّها . فإذا عرفتَ هذا عرفتَ النسبة بينه وبين الصلاة عليه صلّى الله عليه وسلّم ، والسلام . أهـ . ما أملاه علينا رضي الله عنه من حفظه ولفظه .


La rétribution de la lecture du Coran dépend du lecteur — Ahmad al-Tijânî

‘Alî al-Harâzim al-Fâsî rapporte dans son « Jawâhir al-Ma‘ânî » (Vol.1, p.132) :

« (Ahmad al-Tijânî a dit) Si tu dis : « La rétribution qui se dégage de la lecture du Coran ne concerne que le Coran, et non pas le lecteur. Cette récompense est assurée envers tous ceux qui le lisent, même s’il s’agit d’un pervers (fâsiq). »

Nous répondrons : « La réponse à cela est qu’il se peut que le lecteur soit récompensé pour sa lecture, mais cette récompense s’annule dès qu’il ne se plie pas aux instructions du Coran. La lecture du Coran, sans l’application de ses règles est l’exemple qu’Allâh a donné en faisant référence aux gens de la Torah, lorsqu’il dit :

 Ceux qui ont été chargés de la Torah mais qui ne la portent pas sont pareils à un âne qui porte des livres. ﴿ (S.62/V.5)

Il est connu que l’âne ne bénéfice pas des livres qu’il porte sur son dos ! Son dire — qu’Il soit exalté —  : « Ils ne la portent pas. » signifie : « Ils ne pratiquent pas ce qu’il y a dedans. »

Sa parole — qu’Il soit exalté — :  Ceux à qui Nous avons donné le Livre, qui le récitent comme il se doit, ceux-là y croient. ﴿ (S.2/V.121) La vrai lecture c’est l’application de ce qu’il contient. Celui qui se détourne du Coran en refusant d’appliquer ses instructions ne le lit pas vraiment.

Puis sachez que les versets coraniques se présentent selon deux types :

Le premier type concerne la classe ordinaire des gens, leur situation, ce qu’ils vivent comme injustice et oppression, le châtiment réservé aux injustes, leur répréhension, leur blâme. Il concerne également la responsabilisation des coupables, la colère d’Allâh qui s’empare d’eux le rappel de ce qu’il leur attend dans le monde de l’au-delà comme malédiction, indignation et supplice, l’éloge et le compliment envers ceux qui appliquent les instructions divines, leurs récompenses et rangs dans le paradis, ce qu’ils y trouveront comme approbation et satisfaction divines, et ainsi de suite. Voici ce qu’on trouve concernant les gens du commun.

Par contre le deuxième type qui concerne l’élite n’a pas de limites. Si cela est bien compris, on déduit alors que le premier aspect qui concerne les gens du commun n’est que couverture, par laquelle Allâh a caché les secrets du Coran. Ces secrets et leurs goûts connus par l’élite dépassent la perception, la sensation et la raison par les lesquelles les gens du commun captent la réalité. Il faut donc tenir en secret ce qui existe sur la voie de l’élite. Allâh ne veut pas le montrer sauf à l’élite parmi ses créatures.

Il a été rapporté qu’Allâh avait amadoué Abû Yazîd un jour en lui disant : « Toi, mauvais serviteur, si j’informe les gens de tes défauts, ils te lapideront par des pierres. » Il répondit : « Par ta gloire sublime, si j’informe les gens de Ta miséricorde immense que tu m’as dévoilée, personne ne t’adorera ! » Allâh lui a ordonné alors de ne pas le faire; il s’est donc tu. » Fin de ce nous a dicté notre Shaykh Abû al-‘Abbâs al-Tijânî (رضي الله عنه وأرضاه). »

Fin de citation.


  • Texte en arabe :

فإنْ قلتَ :  » الثواب المرتّب على تلاوة القرآن إنّما هو للقرآن فقط دون التالي وذلك حاصل في تلاوته حتّى من الفاسق  » ، قلنا : الجواب في هذا الأمر محتمل أنّه يُكتَب له من تلاوة القرآن ، لكن يظهر إبطاله من جهة أخرى وهو عدم عمله بالقرآن ، فإنّ تلاوة القرآن مع عدم العمل هو المَثَلُ الذي ضربه الله تعالى لأهل التوراة فقال :  مَثَلُ الَّذِينَ حُمِّلُوا التَّوْرَاةَ ثُمَّ لَمْ يَحْمِلُوهَا كَمَثَلِ الْحِمَارِ يَحْمِلُ أَسْفَارًا  ، ومعلوم أنّ الحمار لا نفع له في حمل الأسفار على ظهره ، وقوله سبحانه :  لَمْ يَحْمِلُوهَا  أيّ لم يعملوا بما فيها ، وقوله سبحانه وتعالى :  الَّذِينَ آَتَيْنَاهُمُ الْكِتَابَ يَتْلُونَهُ حَقَّ تِلَاوَتِهِ أُولَئِكَ يُؤْمِنُونَ بِهِ  وحَقُّ تلاوتِه هو العمل بما فيه ، ومَن أعرض عنه بعدم العمل فما تلاهُ حقَّ تلاوته .
ثمّ اعلم أنّ الكلام في القرآن على وجهين :
الوجه الأوّل : هو ما عليه العامّة وأحوالهم من الظلم وجزائه والتقريع والتوبيخ وإسناد الفعل إلى المكلّفين والغضب عليهم وإيقاع الوعيد عليهم باللعنة والسخط والعذاب وإيقاع الحمد والثناء على القائمين بأمور الله منهم وبسط الكلام على ثوابهم ودرجاتهم في الجنّة وما يلاقونه من الرضا من الله سبحانه وتعالى إلى غير ذلك ، فهذا ما في طريق العامة .
وأمّا في طريق الخاصّة فلا غاية له .
فإذا عرف ذلك بَانَ للعارف به أنّ ما في طريق العامّة غطاء غطّى الله به أسرار القرآن وتُرِكَتْ أسرار القرآن ومذاقات أهل الخصوص من وراء أطوار الحسّ والعقل المُدرَكيْن في أمر العامّة ، فيجب كتمُه على كلّ مَنْ عَلِمَهُ إن لمْ يُرِدْ سبحانه وتعالى إظهاره إلاّ للخاصّة العليا من خلقه . قيل : أنّ أبا يزيد باسطه الحقُّ في بعض مباسطته قال له :  » يا عبد السوء لو أخبرتُ الناس بمساويك لرجموك بالحجارة  » ، فقال له :  » وعزّتك لو أخبرتُ الناس بما كشفتَ لي مِن سِعَةِ رحمتك لَمَا عَبَدَكَ أحدٌ  » ، فقال له :  » لا تفعلْ  » ، فسكتَ . إنتهى ما أملاه علينا شيخنا أبو العباس التجاني رضي الله عنه وأرضاه .


Définition du Soufisme par Ibn Khaldûn al-Mâlikî

La Science du Soufisme (‘ilm al-tassawûf)

« Cette science fait parti des sciences qui sont nées dans la législation. Voici à quoi elle doit son origine : Le système de vie adopté par ces gens (mystiques ou soufis) a toujours été en vigueur depuis le temps des premiers Salafs. Les plus éminents parmi les Compagnons et leurs disciples, et parmi les successeurs de ceux-ci, le considéraient comme la route de la vérité et de la bonne direction. Il avait pour base l’obligation de s’adonner constamment aux exercices de piété, de vivre uniquement pour Allâh, de renoncer aux pompes et aux vanités du monde, de ne faire aucun cas de ce que recherche le commun des hommes, les plaisirs, les richesses et les honneurs; enfin de fuir la société pour se livrer dans la retraite aux pratiques de la dévotion. Rien n’était plus commun parmi les Compagnons et les autres fidèles des premiers temps (Salafs). Lorsque, dans le second siècle de l’islamisme et dans les siècles suivants, le goût pour les biens du monde se fut répandu et que la plupart des hommes se furent laissés entraîner dans le tourbillon de la vie mondaine, on désigna les personnes qui se consacrèrent à la piété par le nom de Soufis ou de Mutassawuf (c’est-à-dire aspirants au soufisme).

Al-Qushayrî (m.465 H) a dit qu’on ne saurait assigner à ce nom une étymologie qui soit tirée de la langue arabe et conforme à l’analogie; que c’est évidemment un sobriquet et que l’opinion de ceux qui le font dériver de safa (pureté), ou de soffa (banc), ou de soff (rang, ordre) est trop difficile à concilier avec les formes étymologiques de la langue pour être admissible. Il ajoute qu’on ne peut pas non plus le faire dériver de souf (laine), vu que ces gens-là n’avaient pas l’habitude de se distinguer des autres en portant des vêtements de laine. Je dis, moi, que, puisqu’il s’agit d’étymologie, soufi vient très probablement de souf (laine), car la plupart de ces dévots portaient des vêtements de cette étoffe pour se distinguer du commun des hommes, qui aimaient à se montrer dans de beaux habits.

Les Soufis ayant adopté pour règle de renoncer aux biens du monde, de se tenir séparés de la société et de s’adonner à la dévotion, se distinguèrent aussi des autres hommes par des extases qui leur survenaient. Expliquons cela. L’homme, en tant qu’il est homme, se distingue des autres animaux par la perception, et cette perception est de deux sortes : la première a pour objet les sciences et les connaissances, non-seulement tout ce qui est certain, mais tout ce qui est supposition, ou doute ou opinion; l’autre a pour objet les états qu’il éprouve en lui-même, tels que la joie, la tristesse, le resserrement (de cœur), l’épanouissement, la satisfaction, la colère, la patience, la gratitude et autres dispositions semblables. L’être réel et intelligent (l’âme) qui agit librement dans le corps se compose de perceptions (venues de l’extérieur), de volontés (intérieures) et d’états (ou modifications qu’elle éprouve); et c’est là, comme nous l’avons dit, ce qui distingue l’homme. Ces états proviennent les uns des autres; ainsi la science vient du raisonnement, la joie et la tristesse proviennent de ce qui fait éprouver du plaisir ou de la douleur; l’activité est le produit du repos, et la paresse de la lassitude.

Il en est de même de l’aspirant (ou disciple de la vie spirituelle) dans le combat qu’il se livre à lui-même et dans ses exercices de piété : chaque combat qu’il livre à ses penchants produit en lui un état qui est la conséquence de ce combat. Cet état est nécessairement, ou un acte de dévotion qui, s’enracinant (par la répétition), devient pour lui une station, ou, si ce n’est point un acte de dévotion, ce doit être nécessairement une qualité que son âme acquiert, comme joie, gaieté, activité, paresse, etc. Maintenant, quant aux stations, l’aspirant ne cesse de s’élever d’une station à une autre jusqu’à ce qu’il parvienne à la confession (ou la conviction) de l’Unicité Divine et à la connaissance (parfaite d’Allah), terme nécessaire pour obtenir la félicité, conformément à cette parole du Prophète : Quiconque mourra en confessant qu’il n’y a pas de divinité qui doit être adorée si ce n’est Allah entrera dans le paradis.

L’aspirant ne peut se dispenser de s’élever successivement dans ces divers degrés. Ils ont tous pour fondement l’obéissance et la sincérité (d’intention); la foi les précède et les accompagne, et d’eux naissent les états et les qualités qui en sont les produits et les bons résultats. Ces états et ces qualités en produisent d’autres par une progression successive qui se termine à la station de la confession de l’Unicité [tawhîd] et de la connaissance. S’il se rencontre quelque défaut ou quelque imperfection dans le produit, on doit reconnaître que cela provient d’un défaut dans ce qui a précédé. Il en est de même des pensées qui passent par l’esprit de l’homme et des lumières surnaturelles qui arrivent spontanément au cœur. En conséquence de cela, l’aspirant a besoin de demander compte à son âme de ses dispositions dans tout ce qu’elle fait, et d’examiner jusqu’aux replis les plus cachés de son cœur; car les actions doivent, de toute nécessité, produire des résultats, et si ces résultats sont imparfaits, cela provient de défauts dans les actions. L’aspirant s’aperçoit de cela par son goût et entre en compte avec sou âme pour en découvrir la cause.

Il y a bien peu d’hommes qui imitent dans cette pratique les Soufis, car l’indifférence à cet égard est pour ainsi dire universelle. Les hommes pieux qui ne se sont pas élevés jusqu’à cette classe (de mystiques) ne se proposent rien de plus que de remplir les seuls devoirs que la jurisprudence regarde comme suffisants pour celui qui veut satisfaire (aux prescriptions de la loi) et s’y conformer. Mais les mystiques examinent scrupuleusement les résultats (de leur conduite), faisant usage pour cet examen des goûts et des extases, dans le but de s’assurer si leurs actions sont exemptes ou non de quelque défaut.

II est donc évident que tout leur système est fondé sur la pratique d’obliger l’âme à se rendre compte de ses actions et de ses fautes d’omission, et sur les discours dans lesquels ils traitent des goûts et des extases qui, naissant des combats (livrés aux Inclinations naturelles), deviennent pour l’aspirant des stations dans lesquelles il s’élève progressivement en passant de l’une à l’autre.

Mais, outre cela, ils ont certaines règles de convenance qui leur sont particulières, et ils emploient entre eux certains termes auxquels ils ont assigné des significations techniques. Les mots, dans le langage ordinaire, ne servent qu’à désigner des idées généralement connues; mais, quand il se présente des idées qui ne sont pas dans la circulation générale, nous sommes obligés d’employer par convention, pour les exprimer, des mots au moyen desquels on puisse aisément les concevoir. Par suite de cela, les Soufis se sont fait une science particulière, sur laquelle on ne trouve aucune indication chez les personnes qui cultivent les autres sciences religieuses. Celle de la loi se divise en deux espèces : la première est propre aux légistes et aux jurisconsultes, et a pour objet les règles communes à tous et se rapportant aux devoirs du culte, aux usages et aux transactions sociales; la seconde est particulière à cette classe d’hommes dont nous parlons: elle embrasse tout ce qui concerne l’exercice du combat spirituel et le compte qu’on doit en demander à son âme, elle traite aussi des goûts et des extases qui surviennent dans la pratique de ces exercices, elle parle du procédé par lequel on s’élève successivement dans l’échelle des goûts et donne l’explication des termes techniques qui sont usités parmi ces gens (les Soufis).

A l’époque où l’on commença à mettre par écrit les connaissances scientifiques et à en former des recueils, les docteurs rédigèrent des ouvrages sur le droit, sur les principes fondamentaux de la jurisprudence, sur la théologie (kalâm), sur l’exégèse coranique et autres sciences de ce genre. Quelques hommes éminents dans l’ordre des Soufis écrivirent alors des ouvrages sur leur système. Les uns ont traité des règles de la dévotion et du compte qu’on doit faire rendre à l’âme au sujet du soin qu’elle a apporté à se conformer (à ces lois), soit dans ce qu’il convient de faire, soit dans ce qu’il convient de ne pas faire.

Al-Muhâssibî (m.243 H) a composé sur cette matière un traité intitulé « Al-ri`â » (l’observance). D’autres ont traité des bienséances qui doivent s’observer dans la pratique du soufisme, des goûts que l’on y éprouve et des extases qui surviennent aux Soufis dans leurs états (d’exaltation). C’est ce qu’ont fait al-Qushayrî (m.465 H) dans sa « Rissâla », Al-Suhrawardî (m.632 H) dans son « ‘Awarif al-Ma‘ârif » et d’autres écrivains. Al-Ghazâlî (m.505 H) a réuni ces deux genres de sujets dans son livre intitulé « Ihyâ’» : il y a consigné non-seulement les principes qui doivent régler les pratiques de la dévotion et l’observance (des bons exemples), mais aussi l’étiquette des usages observés par la confrérie et l’explication des termes qu’ils se sont accordés à employer pour exprimer leurs idées.

Ce fut ainsi que le système des Soufis se présenta, dans l’islamisme, sous la forme d’une science rédigée méthodiquement par écrit, bien que d’abord elle n’eût été qu’une manière de pratiquer les exercices de la dévotion, et que ses règles ne se trouvassent que dans le cœur des hommes. C’est de la même manière que se rédigèrent les ouvrages où l’on traite de l’exégèse coranique, des traditions, du droit, des principes fondamentaux de la jurisprudence et d’autres sciences. Ce combat spirituel, cette retraite et cette méditation sont suivis ordinairement de l’écartement des voiles des sens , et accompagnés de la vue de certains inondes (ou catégories d’êtres) qui, étant du domaine d’Allâh, ne sauraient être aperçus, même dans la moindre partie, par celui qui n’a pour se servir que les organes des sens. Un de ces mondes est celui de l’âme. Ce dégagement a lieu quand l’âme quitte les sens extérieurs pour rentrer dans le sens interne; alors les états (produits par l’opération) des sens s’affaiblissent, ceux qui proviennent de l’âme se fortifient, l’âme exerce un empire dominant et sa vigueur se renouvelle. Or la méditation aide puissamment à cela, car elle est comme la nourriture qui donne la croissance à l’âme, et celle-ci ne cesse pas de croître et d’augmenter jusqu’à ce que, de science (ou être en puissance) qu’elle était, elle devienne présence (ou être en acte), et que, s’étant dégagée des sens, elle- acquière la plénitude de cette existence qu’elle tient de son essence et qui consiste en la perception même. Dans cet état elle est susceptible de recevoir les dons Divins, les connaissances déposées près de la Divinité et les faveurs spontanées d’Allâh; enfin son essence (ou nature), en ce qui concerne la connaissance exacte de ce qu’elle est, se rapproche de l’horizon le plus élevé, l’horizon des anges .

Ce dégagement (par lequel on est délivré) des sens arrive le plus souvent aux hommes qui pratiquent le combat spirituel; et alors ils obtiennent une perception de la véritable nature des êtres, perception telle que personne autre qu’eux ne saurait l’avoir. De même, ils ont souvent la connaissance des événements avant qu’ils arrivent, et, par l’influence de leurs désirs ardents et par les forces de leurs âmes, ils disposent dos êtres inférieurs, qui sont contraints d’obéir à leur volonté. Les plus grands personnages d’entre les mystiques ne font point de cas de ce dégagement et de cet empire (sur les êtres); ils ne déclarent rien de ce qu’ils savent sur la nature réelle (et secrète) d’aucune chose, quand ils n’ont point reçu l’ordre d’en parler; bien plus, ils regardent ce qui leur arrive de ces effets (surnaturels) comme une tentation, et, quand ils les éprouvent, ils demandent à Allâh de les en délivrer.

Les Compagnons pratiquèrent aussi ce combat spirituel et se virent abondamment comblés de faveurs surnaturelles : Abû Bakr, Umar et ‘Alî se distinguèrent par un grand nombre de dons de ce genre, mais aucun d’eux n’y attacha la moindre importance. Leur façon de voir à cet égard a été suivie par les mystiques dont les noms sont mentionnés dans le traité d’al-Qushayrî, et par ceux qui, après eux, marchèrent dans la même voie.

Parmi les modernes il s’est trouvé des hommes qui ont mis beaucoup d’intérêt à obtenir ce dégagement des voiles, et à pouvoir parler des perceptions que ces voiles leur avaient cachées. Ils ont eu recours, pour y parvenir, à différents exercices de mortification, suivant les divers enseignements qu’ils ont reçus relativement à la manière d’éteindre les facultés des sens, et de nourrir, par la méditation, l’âme intelligente. On continue ces exercices jusqu’à ce que l’âme, ayant pris toute sa croissance et toute la nourriture dont elle est susceptible, puisse jouir pleinement de la faculté de percevoir qui lui appartient en vertu de son essence. Quand un homme, disent-ils, est parvenu à ce point, tout ce qui existe est compris dans ses perceptions; ils prétendent avoir vu à découvert l’essence réelle de tous les êtres, et s’être fait des idées justes de la nature véritable de toutes ces choses, depuis le Trône (d’Allâh) jusqu’à la plus légère pluie. C’est ce que dit al-Ghazâlî dans son ouvrage intitulé « Ih‘ », après avoir décrit les pratiques de mortification (dont on fait usage pour parvenir à cet état surnaturel). D’après eux, ce dégagement n’est réel et complet que s’il provient de la droiture (des intentions et des dispositions); car il peut avoir lieu (mais d’une manière imparfaite) pour des gens qui s’attachent à vivre dans la retraite et à supporter la faim, sans qu’il y ait chez eux de la droiture; tels sont les magiciens, les chrétiens et autres gens qui pratiquent des exercices de mortification; mais nous ne voulons parler à présent que du dégagement provenant de la droiture. On peut user ici d’une comparaison prise d’un miroir bien poli : si l’on met un miroir convexe ou concave devant un objet dont il doit réfléchir l’image, cet objet s’y montrera sous une figure contournée qui ne sera pas la sienne; si, au contraire, la surface du miroir est plane, cet objet s’y montrera tel qu’il est. Ce que la surface plane est pour le miroir, la droiture l’est pour l’âme, relativement aux étals dont celle-ci reçoit l’impression. Les modernes, ayant donc attaché une grande importance à ce dégagement, ont discouru sur la nature réelle des êtres supérieurs et inférieurs, sur celle de l’espèce angélique, de l’âme (universelle), du Trône (d’Allâh), du siège et d’autres choses semblables; mais les personnes qui ne sont pas leurs confrères et qui ne suivent pas leur système sont incapables de comprendre les goûts et les extases qu’ils éprouvent. Parmi les casuistes, les uns repoussent (les prétentions de ces mystiques), tandis que d’autres les admettent; mais, en cette matière, les raisonnements et les arguments ne sont d’aucune utilité, ni pour réfuter ni pour prouver, attendu qu’il s’agit de choses dont on ne peut juger que par les sens intérieurs.« 

Fin de citation


  • Texte en arabe :

في علم التصوف

هذا العلم من العلوم الشرعية الحادثة في الملة و أصله أن طريقة هؤلاء القوم لم تزل عند سلف الأمة و كبارها من الصحابة و التابعين و من بعدهم طريقة الحق والهداية و أصلها العكوف على العبادة و الانقطاع إلى الله تعالى و الإعراض عن زخرف الدنيا و زينتها، و الزهد فيما يقبل عليه الجمهور من لذة و مال و جاه والانفراد عن الخلق في الخلوة للعبادة و كان ذلك عاما في الصحابة و السلف. فلما فشا الإقبال على الدنيا في القرن الثاني و ما بعده و جنح الناس إلى مخالطة الدنيا اختص المقبلون على العبادة باسم الصوفية و المتصوفة. و قال القشيري رحمه الله: ولا يشهد لهذا الاسم اشتقاق من جهة العربة و لا قياس. و الظاهر أنه لقب. و من قال اشتقاقه من الصفاء أو من الصفة فبعيد من جهة القياس اللغوي، قال: و كذلك من الصوف لأنهم لم يختصوا بلبسه. قلت: و الأظهر إن قيل بالاشتقاق أنه من الصوف و هم في الغالب مختصون بلبسه لما كانوا عليه من فخالفه الناس في لبس فاخر الثياب إلى لبس الصوف فلما اختص هؤلاء بمذهب الزهد و الانفراد عن الخلق و الإقبال على العبادة اختصوا بمآخذ مدركة لهم و ذلك أن الإنسان بما هو إنسان إنما يتميز عن سائر الحيوان بالإدراك و إدراكه نوعان: إدراك للعلوم و المعارف من اليقين و الفن و الشك و الوهم و إدراك للأحوال القائمة من الفرح و الحزن و القبض و البسط و الرضى و الغضب و الصبر و الشكر و أمثال ذلك. فالروح العاقل والمتصرف في البدن تنشأ من إدراكات و إرادات و أحوال و هي التي يميز بها الإنسان. و بعضها ينشأ من بعض كما ينشأ العلم من الأدلة و الفرح و الحزن عن إدراك المؤلم أو المتلذذ به و النشاط عن الحمام و الكسل عن الإعياء. و كذلك المريد في مجاهدته و عبادته لابد و أن ينشأ له عن في مجاهدة حال نتيجة تلك المجاهدة. و تلك الحال إما أن تكون نوع عبادة فترسخ و تصير مقاما للمريد و إما أن لا تكون عبادة و إنما تكون صفة حاصلة للنفس من حزن أو سرور أو نشاط أو كسل أو غير ذلك من المقامات. و لا يزال المريد يترقى من مقام إلى مقام إلى أن ينتهي إلى التوحيد و المعرفة التي هي الغاية المطلوبة للسعادة. قال صلى الله عليه و سلم: “من مات يشهد أن لا إله إلا الله دخل الجنة” فالمريد لابد له من الترقي في هذه الأطوار و أصلها كلها الطاعة و الإخلاص و يتقدمها الإيمان و يصاحبها، و تنشأ عنها الأحوال و الصفات نتائج و ثمرات. ثم تنشأ عنها أخرى و أخرى إلى مقام التوحيد و العرفان. و إذا وقع، تقصير في النتيجة أو خلل فنعلم أنه إنما أتى من قبل التقصير في الذي قبله. و كذلك في الخواطر النفسانية و الواردات القلبية. فلهذا يحتاج المريد إلى محاسبة نفسه في سائر أعماله و ينظر في حقائقها لأن حصول النتائج عن الأعمال ضروري و تصورها من الخلل فيها كذلك. و المريد يجد ذلك بذوقه و يحاسب نفسه على أسبابه. و لا يشاركهم في ذلك إلا القليل من الناس لأن الغفلة عن هذا كأنها شاملة. و غاية أهل العبادات إذا لم ينتهوا إلى هذا النوع أنهم يأتون بالطاعات مخلصة من نظر الفقه في الأجزاء و الامتثال. و هؤلاء يبحثون عن نتائجها بالأذواق و المواجد ليطلعوا على أنها خالصة من التقصير أو لا، فظهر أن أصل طريقتهم كلها محاسبة النفس على الأفعال و التروك و الكلام في هذه الأذواق و المواجد التي تحصل عن المجاهدات ثم تستقر للمريد مقاما يترقى منها إلى غيرها ثم لهم مع ذلك آداب مخصوصة بهم و اصطلاحات في ألفاظ تدور بينهم إذ الأوضاع اللغوية إنما هي للمعاني المتعارفة. فإذا عرض من المعاني ما هو غير متعارف اصطلحنا عن التعبير عنه بلفظ يتيسر فهمة منه. فلهذا اختص هؤلاء بهذا النوع من العلم الذي ليس لواحد غيرهم من أهل الشريعة الكلام فيه. و صار علم الشريعة على صنفين: صنف مخصوص بالفقهاء و أهل الفتيا و هي الأحكام العامة في العبادات و العادات و المعاملات. و صنف مخصوص بالقوم في القيام بهذه المجاهدة و محاسبة النفس عليها و الكلام في الأذواق و المواجد العارضة في طريقها و كيفية الترقي منها من ذوق إلى ذوق و شرح الاصطلاحات التي تدور بينهم في ذلك. فلما كتبت العلوم و دونت و ألف الفقهاء في الفقه و أصوله و الكلام و التفسير وغير ذلك. كتب رجال من أهل هذه الطرقة في طريقهم فمنهم من كتب في الورع و محاسبة النفس على الاقتداء في الأخذ و الترك كما فعله القشيري في كتاب الرسالة و السهرودي في كتاب عوارف المعارف و أمثالهم. و جمع الغزالي رحمه الله بين الأمرين في كتاب الإحياء فدون فيه أحكام الورع و الاقتداء ثم بين آداب القوم وسننهم و شرح اصطلاحاتهم في عباراتهم و صار علم التصوف في الملة علما مدونا بعد أن كانت الطريقة عبادة فقط و كانت أحكامها إنما تتلقى من صدور الرجال كما وقع في سائر العلوم التي دونت بالكتاب من التفسير و الحديث و الفقه والأصول و غير ذلك. ثم إن هذه المجاهدة و الخلوة و الذكر يتبعها غالبا كشف حجاب الحس و الاطلاع على عوالم من أمر الله ليس لصاحب الحس إدراك شيء منها. و الروح من تلك العوالم. و سبب هذا الكشف أن. الروح إذا رجع في الحس الظاهر إلى الباطن ضعفت أحوال الحس و قويت أحوال الروح و غلب سلطانه و تجدد نشؤه أعان على ذلك الذكر فإنه كالغذاء لتنمية الروح و لا يزال في نمو و تزيد إلى أن يصير شهودا بعد أن كان علما. و يكشف حجاب الحس، و يتم وجود النفس التي لها من ذاتها. و هو عين الإدراك. فيتعرض حينئذ للمواهب الربانية و العلوم اللدنية و الفتح الإلهي و تقرب ذاته في تحقيق حقيقتها من الأفق الأعلى أفق الملائكة. و هذا الكشف كثيرا ما يعرض لأهل المجاهدة فيدركون من حقائق الوجود مالا يدرك سواهم و كذلك يدركون كثيرا من الواقعات قبل وقوعها و يتصرفون بهممهم و قوى نفوسهم في الموجودات السفلية و تصير طوع إرادتهم. فالعظماء منهم لا يعتبرون هذا الكشف و لا يتصرفون و لا يخبرون عن حقيقة شيء لم يؤمروا بالتكلم فيه بل يعدون ما يقع لهم من ذلك محنة و يتعوذون منة إذا هاجمهم. و قد كان الصحابة رضي الله عنهم على مثل هذه المجاهدة و كان حظهم من هذه الكرامات أوفر الحظوظ لكنهم لم يقع لهم بها عناية. و في فضائل أبي بكر و عمر و عثمان و علي رضي الله عنهم كثير منها. و تبعهم في ذلك أهل الطريقة ممن اشتملت رسالة القشيري على ذكرهم و من تبع طريقتهم من بعدهم. ثم إن قوما من المتأخرين انصرفت عنايتهم إلى كشف الحجاب و الكلام في المدارك التي وراءه و اختلفت طرق الرياضة عنهم في ذلك باختلاف تعليمهم في إماتة القوى الحسية و تغذية الروح العاقل بالذكر حتى يحصل للنفس إدراكها الذي لها من ذاتها بتمام نشوتها و تغذيتها فإذا حصل ذلك زعموا أن الوجود قد انحصر في مداركها حينئذ و أنهم كشفوا ذوات الوجود و تصوروا حقائقها كلها من العرش ثم إلى الطش. هكذا قال الغزالي رحمه الله في كتاب الإحياء بعد أن ذكر صورة الرياضة. ثم إن هذا الكشف لا يكون صحيحا كاملا عندهم إلا إذا كان ناشئا عن الاستقامة لأن الكشف قد يحصل لصاحب الجوع و الخلوة و إن لم يكن هناك استقامة كالسحرة و غيرهم من المرتاضين. و ليس مرادنا إلا الكشف الناشئ عن الاستقامة و مثاله أن المرآة الصقيلة إذا كانت محدبة أو مقعرة و حوذي بها جهة المرئي فإنه يتشكل فيه معوجا على غير صورته. و إن كانت مسطحة تشكل فيها المرئي صحيحا. فالاستقامة للنفس كالانبساط للمرآة فيما ينطبع فيها من الأحوال. و لما عني المتأخرون بهذا النوع من الكشف تكلموا في حقائق الموجودات العلوية و السفلية و حقائق الملك و الروح و العرش و الكرسي و أمثال ذلك. و قصرت مدارك من لم يشاركهم في طريقهم عن فهم أذواقهم و مواجدهم في ذلك. و أهل الفتيا بين فنكر عليهم و مسلم لهم. و ليس البرهان و الدليل بنافع في هذا الطريق ردا و قبولا إذ هي من قبيل الوجدانيات


Un membre des Ahl al-Bayt et les sciences essentielles

Al-Imâm Tâj al-Dîn al-Subkî dans son « Tabaqât al-Shâf`iyya al-Kubrâ » (Vol. 2, p. 231) écrit :

«J’ai aimé ce que Al-Ghazâlî a cité dans « Minhâj al-`Âbidîn » en l’attribuant à un membre de la Maison [du Prophète : Ahl Al-Bayt] [1] :

Je garde les joyaux de mon savoir concilié *** Laissez les ignorants voir la Vérité et se détourner

Ô Seigneur, telle science essentielle, si je venais à la divulguer *** On dirait de moi : « Tu es de ceux qui adorent les divinités [ou idoles]. »

Les hommes de vertu auraient rendu mon sang licite *** Estimant leur vilain acte, salutaire

C’est ce qu’Abû al-Hassan [`Alî] a déjà *** avisé à al-Hussayn et avant lui, Al-Hassan.»

Fin de citation

[1] Minhâj al-`Âbidîn page 3. Attribué à l’Imâm Zayn al-`Âbidîn `Alî ibn al-Hussayn ibn `Alî [ibn Abî Tâlib]


  • Texte en arabe :

ويعجبنى مَا أنْشدهُ الغزالى فى منهاج العابدين لبَعض أهل الْبَيْت
(إنى لأكتم من علمى جواهره … كى لَا يرى الْحق ذُو جهل فيفتتنا)
(يَا رب جَوْهَر علم لَو أبوح بِهِ … لقيل لى أَنْت مِمَّن يعبد الوثنا)
(ولاستحل رجال صَالِحُونَ دمى … يرَوْنَ أقبح مَا يأتونه حسنا)
(وَقد تقدم فى هَذَا أَبُو حسن … إِلَى الْحُسَيْن ووصى قبله الحسنا)


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