Recherche

El Haqîqah

Haqîqah : « réalité ; vérité ; authenticité »

Catégorie

Jurisprudence

“Sadaqa allâh al-‘azîm” après la lecture du Coran n’est pas une innovation

Certains sacripants prétendrait que dire “Sadaqa Allâh al-‘azîm” (صَدَقَ اللّٰهُ الْعَظِيْم) (Allâh le Majestueux a dit vrai) après la lecture du Coran serait une innovation blâmable voir interdite et que l’on doit par conséquent s’abstenir de le dire.

Le fait de dire “صَدَقَ اللّٰهُ الْعَظِيْم” (Sadaqa Allâh al-‘azîm) est une pratique courante des musulmans que ce soit ceux de cette époque ou ceux venus bien auparavant. Absolument personne n’a réprouvé cela dans l’histoire sauf les innovateurs. En réalité, les gens de science on compté cela parmi les convenances concernant la récitation du Coran

Parmi les convenances [de la lecture du Coran] : lorsqu’on termine sa récitation attester la véracité (yusaddiq) de Son Seigneur, et attester la transmission à Son Messager (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ) et attester que cela est véritable. Il (le prophète) disait : “Notre seigneur a dit Vrai (sadaqta rabbanâ), Ton messager a transmis [Ton message], et nous sommes témoins de cela. Ô Allah ! Fait que nous soyons parmi ceux qui sont témoin de la vérité et défenseur de la justice.” Puis il faisait des invocations.”

وَمِنْ حُرْمَتِهِ إِذَا انْتَهَتْ قِرَاءَتُهُ أَنْ يُصَدِّقَ رَبَّهُ ، وَيَشْهَدَ بِالْبَلَاغِ لِرَسُولِهِ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – ، وَيَشْهَدَ عَلَى ذَلِكَ أَنَّهُ حَقٌّ ، فَيَقُولُ : صَدَقْتَ رَبَّنَا وَبَلَّغْتَ رُسُلُكَ ، وَنَحْنُ عَلَى ذَلِكَ مِنَ الشَّاهِدَيْنِ ; اللَّهُمَّ اجْعَلْنَا مِنْ شُهَدَاءِ الْحَقِّ ، الْقَائِمِينَ بِالْقِسْطِ ; ثُمَّ يَدْعُو بِدَعَوَاتٍ

Et lorsqu’on termine la récitation, dire : “Exalté qu’Il soit, Il a dit vrai (sadaq allâh) et le Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) a transmis [le message]. Ô Allâh ! Fait qu’il nous soit bénéfique, et place la bénédiction en nous par lui. Louanges à Allâh, Seigneur des Univers. Je recherche le pardon d’Allâh, le Vivant, le Subsistant par Lui-Même.”

وليقل عند فراغه من القراءة صدق الله تعالى وبلغ رسول الله صلى الله عليه وسلم اللهم انفعنا به وبارك لنا فيه الحمد لله رب العالمين وأستغفر الله الحي القيوم

“Ahmad (al-Bayhaqî) a dit : “Concernant ce qui est rapporté du Prophète (صلى الله عليه وسلم) sur l’invocation de clôture (khatm) c’est un hadîth interrompu (munqati`) avec une chaîne de transmission faible. Les savants du hadîth sont indulgents dans l’acceptation ce qui est rapporté d’invocations et des mérites des actes tant que les narrateurs ne sont pas connu pour forger de hadîth ou mentir sur les récits. Nous a rapporté Abû Nasr b.Qatâda […] d’après Abû Ja‘far qui a dit : ‘Alî b. Husayn a mentionné du Prophète que lorsqu’il clôturait (khatm) le Coran, il louais Allâh avec beaucoup de louanges en étant debout et disait alors :

قَالَ أَحْمَدُ : وَقَدْ رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ، فِي دُعَاءِ الْخَتْمِ ، حَدِيثٌ مُنْقَطِعٌ بِإِسْنَادٍ ضَعِيفٍ ، وَقَدْ تَسَاهَلَ أَهْلُ الْحَدِيثِ فِي قَبُولِ مَا وَرَدَ مِنَ الدَّعَوَاتِ وَفَضَائِلِ الأَعْمَالِ ، مَتَى مَا لَمْ تَكُنْ مِنْ رُوَاتِهِ ، مَنْ يُعْرَفُ بِوَضْعِ الْحَدِيثِ ، أَوِ الْكَذِبِ فِي الرِّوَايَةِ.

(حديث مرفوع) أَخْبَرَنَاأَبُو نَصْرِ بْنُ قَتَادَةَ ، أناأَبُو الْفَضْلِ بْنُ حَمَرَوَيْهِ الْكَرَابِيسِيُّ الْمُهْرَوِيُّ ، بِهَا ، ثناأَحْمَدُ بْنُ نَجْدَةَ الْقُرَشِيُّ ، ثناأَحْمَدُ بْنُ يُونُسَ، ثناعَمْرُو بْنُ سَمُرَةَ ، عَنْجَابِرٍ الْجُعْفِيِّ ، عَنْأَبِي جَعْفَرٍ ، قَالَ : كَانَعَلِيُّ بْنُ حُسَيْنٍ يُذْكَرُ ، عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ، أَنَّهُ كَانَ إِذَا خَتَمَ الْقُرْآنَ حَمِدَ اللَّهَ بِمَحَامِدَ وَهُوَ قَائِمٌ ، ثُمَّ يَقُولُ :

« Les louanges sont à Allâh, Seigneur des mondes. Les louanges sont à Allâh, Celui qui a créé les cieux et la terre […] Allâh a dit vrai (sadaqa allâh) et Son messager a transmis  (…) »

الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي خَلَقَ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ ، وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ ، ثُمَّ الَّذِينَ كَفَرُوا بِرَبِّهِمْ يَعْدِلُونَ ، لا إِلَهَ إِلا اللَّهُ ، وَكَذَبَ الْعَادِلُونَ بِاللَّهِ ، وَضَلُّوا ضَلالا بَعِيدًا ، لا إِلَهَ إِلا اللَّهُ ، وَكَذَبَ الْمُشْرِكُونَ بِاللَّهِ مِنَ الْعَرَبِ ، وَالْمَجُوسِ ، وَالْيَهُودِ ، وَالنَّصَارَى ، وَالصَّابِئِينَ ، وَمَنِ ادَّعَى لِلَّهِ وَلَدًا ، أَوْ صَاحِبَةً ، أَوْ نِدًّا ، أَوْ شَبَهًا ، أَوْ مِثْلا ، أَوْ سَمِيًّا ، أَوْ عَدْلا ، فَأَنْتَ رَبُّنَا أَعْظَمُ مِنْ أَنْ تَتَّخِذَ شَرِيكًا فِيمَا خَلَقْتَ ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي لَمْ يَتَّخِذْ صَاحِبَةً وَلا وَلَدًا ، وَلَمْ يَكُنْ لَهُ شَرِيكٌ فِي الْمُلْكِ ، وَلَمْ يَكُنْ لَهُ وَلِيٌّ مِنَ الذُّلِّ ، وَكَبِّرْهُ تَكْبِيرًا ، اللَّهُ أَكْبَرُ كَبِيرًا ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ كَثِيرًا ، وَسُبْحَانَ اللَّهِ بُكْرَةً وَأَصِيلا ، وَ الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَنْزَلَ عَلَى عَبْدِهِ الْكِتَابَ وَلَمْ يَجْعَلْ لَهُ عِوَجَا { 1 } قَيِّمًا سورة الكهف آية 1-2 ، قَرَأَهَا إِلَى قَوْلِهِ : إِنْ يَقُولُونَ إِلا كَذِبًا سورة الكهف آية 5 ، الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي لَهُ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ وَلَهُ الْحَمْدُ فِي الآخِرَةِ وَهُوَ الْحَكِيمُ الْخَبِيرُ { 1 } يَعْلَمُ مَا يَلِجُ فِي الأَرْضِ سورة سبأ آية 1-2 الآيَةَ ، الْحَمْدُ لِلَّهِ فَاطِرِ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضِ سورة فاطر آية 1 , الآيَتَيْنِ , وَ الْحَمْدُ لِلَّهِ وَسَلامٌ عَلَى عِبَادِهِ الَّذِينَ اصْطَفَى ءَاللَّهُ خَيْرٌ أَمَّا يُشْرِكُونَ سورة النمل آية 59 ، بَلِ اللَّهُ خَيْرٌ ، وَأَبْقَى ، وَأَحْكَمُ ، وَأَكْرَمُ ، وَأَجَلُّ ، وَأَعْظَمُ مِمَّا يُشْرِكُونَ ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ ، بَلْ أَكْثَرُهُمْ لا يَعْلَمُونَ ، صَدَقَ اللَّهُ ، وَبَلَّغَتْ رُسُلُهُ ، وَأَنَا عَلَى ذَلِكُمْ مِنَ الشَّاهِدِينَ ، اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى جَمِيعِ الْمَلائِكَةِ وَالْمُرْسَلِينَ ،

« Et Ibn `Abbâs a dit : « Lorsque l’accouchement est difficile pour une femme alors ces deux versets devraient être écrit sur du papier qui sera ensuite lavé, puis l’eau sera donné à boire à la femme. Ce (qui doit être écrit est) : « Au nom d’Allâh, le Très-Miséricordieux, le Particulièrement Miséricorideux, Point de divinité si ce n’est Allâh (…) Allâh le Très-Majestueux à dit vrai (sadaqa allâh al-`azîm). » »

وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ : إِذَا عَسِرَ عَلَى الْمَرْأَةِ وَلَدُهَا تَكْتُبُ هَاتَيْنِ الْآيَتَيْنِ وَالْكَلِمَتَيْنِ فِي صَحِيفَةٍ ثُمَّ تُغَسَّلُ وَتُسْقَى مِنْهَا ، وَهِيَ : بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ الْعَظِيمُ الْحَلِيمُ الْكَرِيمُ ، سُبْحَانَ اللَّهِ رَبِّ السَّمَاوَاتِ وَرَبِّ الْأَرْضِ وَرَبِّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ كَأَنَّهُمْ يَوْمَ يَرَوْنَهَا لَمْ يَلْبَثُوا إِلَّا عَشِيَّةً أَوْ ضُحَاهَا . كَأَنَّهُمْ يَوْمَ يَرَوْنَ مَا يُوعَدُونَ لَمْ يَلْبَثُوا إِلَّا سَاعَةً مِنْ نَهَارٍ بَلَاغٌ فَهَلْ يُهْلَكُ إِلَّا الْقَوْمُ الْفَاسِقُونَ صَدَقَ اللَّهُ الْعَظِيمُ

  • Ibn Kathîr écrit dans « Bidâyah wa al-nihâyah » (Vol.13, p.119) :

«  ﴾ Non!… Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] ﴿ [S.4/V.65] Allâh le Très-Majestueux à dit vrai (sadaqa allâh al-`azîm)»

فمن ترك الشرع المحكم المنزل على محمد بن عبد الله خاتم الانبياء وتحاك إلى غيره من الشرائع المنسوخة كفر فكيف بمن تحاكم إلى الياسا وقدمها عليه من فعل ذلك كفر بإجماع المسلمين قال الله تعالى أفحكم الجاهلية يبغون ومن أحسن من الله حكما لقوم يوقنون وقال تعالى فلا وربك لا يؤمنون حتى يحكموك فيما شجر بينهم ثم لا يجدوا في أنفسهم حرجا مما قضيت ويسلموا تسليما صدق الله العظيم

  • Al-Ramlî al-Shâfi`î a dit dans sa Hâshiyyah sur « Asnâ al-Matâlib »  (Vol.1,p.179) :

« Ibn al-‘Irâqî (le shaykh d’Ibn Hajar al-`Asqalânî) fut interrogé sur une personne en prière qui, après la récitation de l’Imâm dit : « Allâh le Majestueux a dit vrai » (sadaqa allâh al-`azîm), cela est-il permis pour lui ou cela annule-t-il  sa prière ? Il répondit : « Cela est permis et la prière ne sera pas invalidée car c’est du dhikr et pas une parole commune. »


La visite de la tombe du Prophète (ﷺ) selon les quatre écoles — Al-Fayrûzâbâdî

Al-Imâm, Shaykh al-Islâm, Majd al-Dîn Muhammad ibn Ya`qûb al-Fayrûzâbâdî (m.817 H), l’auteur du « Qâmûs » écrivit dans « al-Silâtu wa al-bushar fî al-salâti `alâ khayr al-bashar » (Les liens et la bonne humeur dans la prière sur le meilleur des hommes) (p.122-123) :

« Sachez que la prière sur le Prophète (ﷺ) près de sa tombe est importante. Il est donc appréciable de faire le voyage pour bénéficier de ce grand honneur et de cette opportunité d’évoluer dans les nobles grades. Le Qâdî Ibn Kaj (qui est le Qâdî Yûsuf b. Ahmad b. Kaj) avait dit d’après ce qu’a rapporté al-Râfi`î : Si quelqu’un fait un vœu de visiter la tombe d’un autre que le Prophète (ﷺ), je pense qu’il y a deux positions, mais celle qui est réputée est celle qui soutient qu’il n’est pas tenu de tenir sa promesse que s’il s’agit d’un culte.

Parmi ceux qui l’ont recommandé (la visite du Prophète) et l’ont considérée comme Sunnah parmi nos compagnons (Shâfi’îtes) : Al-Râfi`î a la fin du chapitre relatif au pélerinage, Al-Ghazâlî dans « Al-Ihyâ », Al-Baghawî dans « Al-Tahdhîb » et le Shaykh `Izz al-Dîn ibn `Abd al-Salâm dans son « Manâsak », Abû `Amr ibn al-Salâh et Abû Zakariyyâ al-Nawawî — qu’Allâh le Très-Haut leur fasse miséricorde.

Et parmi les Hanbalites : Le Shaykh Muwaffiq al-Dîn, l’Imâm Abû al-Faraj al-Baghdâdî et d’autres.

Et parmi les Hanafîtes : L’auteur de « Ikhtiyâr fî sharh al-mukhtâr » [1] où il a réservé toute une partie à ce sujet et l’a considérée (la visite du Prophète) comme un des actes les plus appréciés.

Concernant les Mâlikites : Al-Qâdî `Iyâd a rapporté un consensus (ijmâ`) chez eux sur cela. Dans le livre « Tahdhîb al-Mutâlib » de `Abd al-Haqq al-Saqallî, ce dernier rapporte d’après le Shaykh Abî `Imrân al-Mâlikî que la visite (ziyârah) de la tombe du Prophète (ﷺ) est obligatoire. `Abd al-Haqq a dit : « C’est-à-dire parmi les sunnan obligatoire. » Et dans les paroles d’al-`Abdî al-Mâlikî dans son « Sharh al-Rissalâh » : « Le déplacement à Médine pour la visite de la tombe du Messager (ﷺ) est meilleur que le déplacement pour la Ka`bah ou la Mosquée de Jérusalem. »

La majorité des paroles des juristes des écoles (de jurisprudence) montrent qu’ils recommandent le voyage pour la visite (ziyârah); cela car ils ont tous apprécié pour le pèlerin, une fois son pèlerinage terminé, qu’il accomplisse la visite (de la tombe du Prophète (ﷺ)) et pour ce faire il est nécessaire de voyager.

Concernant le bienfait de la visite est prouvé par de nombreux arguments dont la parole du Très-Haut Si, lorsqu’ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi en implorant le pardon d’Allah et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, Miséricordieux. ﴿ [S.4/V.64]

Il n’y a aucun doute qu’il (ﷺ) est vivant et que les actions des gens de sa communauté lui sont présentées. »

Fin de citation

Puis l’auteur cite certains ahâdith concernant la visite (ziyârah).

[1] L’auteur est  Abû al-Fadl Majd al-Dîn `Abdallâh b. Mahmûd b. Mawdud al-Mûsalî. Il figure parmi les éminents juristes. Il est néé en l’an 599 H et est mort à Baghdâd en l’an 683 H.


La recherche des bénédictions (tabarruk) [Ibn Hajar, Nawawî]

Al-Hâfiz ibn Hajar al-`Asqalânî al-Shâfi`î al-Ash`arî

      écrit dans son commentaire du

Sahîh Bukhârî « Fath al-Bârî» (Vol. 1, p. 678)

    :
« Nous avons précédemment aborder le hadîth de ‘Utbân lorsqu’il demanda au Prophète (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ) de venir chez lui prier, afin qu’il fasse de l’endroit où priera le Prophète (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ) un lieu de prière.
Il y a dans cela une preuve [de l’autorisation] du Tabarruk [la recherche des bénédictions] avec les reliques des les pieux [as-sâlihîn]. »
وَقَدْ تَقَدَّمَ حَدِيثُ عِتْبَانَ وَسُؤَالُهُ النَّبِيَّ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – أَنْ يُصَلِّيَ فِي بَيْتِهِ لِيَتَّخِذَهُ مُصَلًّى وَإِجَابَةُ النَّبِيِّ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – إِلَى ذَلِكَ فَهُوَ
حُجَّةٌ فِي التَّبَرُّكِ بِآثَارِ الصَّالِحِينَ
« Et cela [les hadîths] sont à la base de [l’autorisation] de la recherche des bénédictions (tabarruk) avec les reliques des pieux. »
وهو أصل في التبرك بآثار الصالحين.
« De ce hadîth [on en déduit l’autorisation] du Tabarruk [recherche des bénédictions] avec un homme pieux et de tous ses membres, en particulier avec sa main droite. »
وَفِي الْحَدِيثِ التَّبَرُّكُ بِالرَّجُلِ الصَّالِحِ وَسَائِرِ أَعْضَائِهِ وَخُصُوصًا الْيَدَ الْيُمْنَى

« Et il est parvenu comme indication dans ces hadîths : « Je voyais les gens prendre l’eau des ablutions qui restait », que c’est un argument dans la recherche de bénédiction [tabarruk] avec les reliques des pieux, en utilisant l’eau restante des ablutions, ce qu’ils ont bu et mangé ainsi que leurs habits. »
وقد جاء مبينا في الحديث الآخر : فرأيت الناس يأخذون من فضل وضوئه ، ففيه التبرك بآثار الصالحين واستعمال فضل طهورهم وطعامهم وشرابهم ولباسهم
« Et dedans [le hadîth] il y a un argument pour la recherche de bénédiction [tabarruk] par les reliques des pieux [sâlihîn], tout comme les Compagnons qui ont tiré profit de la bénédiction de ses reliques [le Prophète] (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ), quant il faisait rentrer sa main dans les bassins d’eau qu’il utilisait pour ses ablutions, avec ses nobles cheveux, et ils ne laissaient jamais tomber par terre quelque chose provenant de lui sans la rattraper avant. »
وَفِيهِ التَّبَرُّكُ بِآثَارِ الصَّالِحِينَ ، وَبَيَانُ مَا كَانَتِ الصَّحَابَةُ عَلَيْهِ مِنَ التَّبَرُّكِ بِآثَارِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ، وَتَبَرُّكِهِمْ بِإِدْخَالِ يَدِهِ الْكَرِيمَةِ فِي الْآنِيَةِ ، وَتَبَرُّكِهِمْ بِشَعْرِهِ الْكَرِيمِ ، وَإِكْرَامِهِمْ إِيَّاهُ أَنْ يَقَعَ شَيْءٌ مِنْهُ إِلَّا فِي يَدِ رَجُلٍ سَبَقَ إِلَيْهِ ،
« Et dans ce hadîth (on peut extraire) les conseils suivants : effectuer le Tahnîk [1] du bébé dès sa naissance cela étant une Sunna par consensus. Faire faire le Tahnîk par un homme pieux ou une femme pieuse. Chercher les bénédictions (tabarruk) avec les reliques des pieux, leur salive et autre. Faire le Tahnîk avec une datte est une recommandation, il est autorisé de le faire avec un autre élément, mais il reste préférable de le faire avec des dattes. »
وَفِي هَذَا الْحَدِيثِ فَوَائِدُ مِنْهَا تَحْنِيكُ الْمَوْلُودِ عِنْدَ وِلَادَتِهِ ، وَهُوَ سُنَّةٌ بِالْإِجْمَاعِ كَمَا سَبَقَ . وَمِنْهَا أَنْ يُحَنِّكَهُ صَالِحٌ مِنْ رَجُلٍ أَوِ امْرَأَةٍ . وَمِنْهَا التَّبَرُّكُ بِآثَارِ الصَّالِحِينَ ، وَرِيقِهِمْ ، وَكُلُّ شَيْءٍ مِنْهُمْ . وَمِنْهَا كَوْنُ التَّحْنِيكِ بِتَمْرٍ ، وَهُوَ مُسْتَحَبٌّ ، وَلَوْ حَنَّكُ بِغَيْرِهِ حَصَلَ التَّحْنِيكُ ، وَلَكِنَّ التَّمْرَ أَفْضَلُ
[1] Tahnîk : mettre de la pâte de datte ou autre pré-mâchée [avec de la salive] contre les gencives et le palais.

Eclaircissements concernant la compréhension des ahâdith

Concernant la parole “Si le hadîth est authentique, c’est mon école”

« Ce qu’a dit l’Imâm al-Shâfi‘î ne signifie pas que quiconque voit un hadîth authentique (sahîh) doive dire « C’est l’école d’al-Shâfi‘î ! », en appliquant simplement le sens littéral ou la signification apparente de cette parole. Ce qu’il a dit s’applique très certainement uniquement aux personnes qui ont le rang de l’ijtihâd (effort d’interprétation) dans l’école. Et ceci à condition que la personne soit fermement convaincue que l’Imâm al-Shâfi‘î n’avait pas connaissance : soit de l’existence du hadîth, soit de son authenticité. Et cela n’est possible qu’après avoir recherché dans tous les livres d’al-Shâfi’î et d’autres ouvrages similaires de ses compagnons, ceux qui ont pris de lui leur science et les autres personnes semblables. C’est bien sûr une condition difficile à remplir. Peu sont ceux en qui nous retrouvons ces compétences à notre époque.

Ce que nous avons expliqué comportait des conditions car l’Imâm al-Shâfi’î a cessé d’agir selon le sens apparent de nombreux hadiths, qu’il considérait [authentiques] et connaissait. Cependant, il a établi des règles pour critiquer les hadiths ou leur abrogation ou leur circonstance spécifique ou leur interprétation et ainsi de suite. Shaykh Abu ‘Amr [Ibn al-Salâh] a dit :

« Il n’est pas évident d’agir selon le sens apparent de la parole d’al-Shâfi‘î. Car il n’est pas permis à tout juriste (faqih) – et encore moins à l’homme du commun (‘âmmi) – d’agir indépendamment selon ce qu’il prend comme preuve provenant d’un hadîth… Ainsi, quiconque parmi les Shafi’ites trouve un hadîth qui contredit son école doit examiner s’il est lui-même absolument accompli [en terme de compétence] dans toutes les disciplines de l’ijtihâd, ou sur ce sujet en particulier, ou des questions spécifiques. [Si c’est le cas] alors il est en droit de l’appliquer de façon indépendante.Dans le cas contraire, s’il trouve qu’aller à l’encontre du hadîth lui pèse — après avoir recherché et n’avoir trouvé aucune justification pour le faire — alors il devrait l’appliquer si un autre Imâm indépendant (mujtahid) qu’al-Shâfi’î l’a appliqué. C’est une bonne raison pour lui de quitter l’avis (madhhab) de son Imâm dans un tel cas.»”


  • Texte en arabe :

وَهَذَا الَّذِي قَالَهُ الشَّافِعِيُّ لَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ كُلَّ وَاحِدٍ رَأَى حَدِيثًا صَحِيحًا قَالَ : هَذَا مَذْهَبُ الشَّافِعِيِّ وَعَمِلَ بِظَاهِرِهِ ، وَإِنَّمَا هَذَا فِيمَنْ لَهُ رُتْبَةُ الِاجْتِهَادِ فِي الْمَذْهَبِ عَلَى مَا تَقَدَّمَ مِنْ صِفَتِهِ أَوْ قَرِيبٍ مِنْهُ ، وَشَرْطُهُ : أَنْ يَغْلِبَ عَلَى ظَنِّهِ أَنَّ الشَّافِعِيَّ – رَحِمَهُ اللَّهُ – لَمْ يَقِفْ عَلَى هَذَا الْحَدِيثِ أَوْ لَمْ يَعْلَمْ صِحَّتَهُ ، وَهَذَا إنَّمَا يَكُونُ بَعْدَ مُطَالَعَةِ كُتُبِ الشَّافِعِيِّ كُلِّهَا وَنَحْوِهَا مِنْ كُتُبِ أَصْحَابِهِ الْآخِذِينَ عَنْهُ وَمَا أَشْبَهَهَا . وَهَذَا شَرْطٌ صَعْبٌ قَلَّ مَنْ يَتَّصِفَ بِهِ ، وَإِنَّمَا اشْتَرَطُوا مَا ذَكَرْنَا ; لِأَنَّ الشَّافِعِيَّ – رَحِمَهُ اللَّهُ – تَرَكَ الْعَمَلَ بِظَاهِرِ أَحَادِيثَ كَثِيرَةٍ رَآهَا وَعَلِمَهَا ، لَكِنْ قَامَ الدَّلِيلُ عِنْدَهُ عَلَى طَعْنٍ فِيهَا أَوْ نَسْخِهَا أَوْ تَخْصِيصِهَا أَوْ تَأْوِيلِهَا أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ . قَالَ الشَّيْخُ أَبُو عَمْرٍو – رَحِمَهُ اللَّهُ – : لَيْسَ الْعَمَلُ بِظَاهِرِ مَا قَالَهُ الشَّافِعِيُّ بِالْهَيِّنِ ، فَلَيْسَ كُلُّ فَقِيهٍ يَسُوغُ لَهُ أَنْ يَسْتَقِلَّ بِالْعَمَلِ بِمَا يَرَاهُ حُجَّةً مِنْ الْحَدِيثِ ، وَفِيمَنْ سَلَكَ هَذَا الْمَسْلَكَ مِنْ الشَّافِعِيِّينَ مَنْ عَمِلَ بِحَدِيثٍ تَرَكَهُ الشَّافِعِيُّ – رَحِمَهُ اللَّهُ – عَمْدًا ، مَعَ عِلْمِهِ بِصِحَّتِهِ لِمَانِعٍ اطَّلَعَ عَلَيْهِ وَخَفِيَ عَلَى  غَيْرِهِ ، كَأَبِي الْوَلِيدِ ( 1 ) مُوسَى بْنِ أَبِي الْجَارُودِ مِمَّنْ صَحِبَ الشَّافِعِيَّ ، قَالَ : صَحَّ حَدِيثُ { أَفْطَرَ الْحَاجِمُ وَالْمَحْجُومُ } ، فَأَقُولُ : قَالَ الشَّافِعِيُّ : أَفْطَرَ الْحَاجِمُ وَالْمَحْجُومُ ، فَرَدَّا ذَلِكَ عَلَى أَبِي الْوَلِيدِ ; لِأَنَّ الشَّافِعِيَّ تَرَكَهُ مَعَ عِلْمِهِ بِصِحَّتِهِ ، لِكَوْنِهِ مَنْسُوخًا عِنْدَهُ ، وَبَيَّنَ الشَّافِعِيُّ نَسْخَهُ وَاسْتَدَلَّ عَلَيْهِ ، وَسَتَرَاهُ فِي ( كِتَابِ الصِّيَامِ ) إنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى ، وَقَدْ قَدَّمْنَا عَنْ ابْنِ خُزَيْمَةَ أَنَّهُ قَالَ : لَا أَعْلَمُ سُنَّةً لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْحَلَالِ وَالْحَرَامِ لَمْ يُودِعْهَا الشَّافِعِيُّ كُتُبَهُ . وَجَلَالَةُ ابْنِ خُزَيْمَةَ وَإِمَامَتُهُ فِي الْحَدِيثِ وَالْفِقْهِ ، وَمَعْرِفَتِهِ بِنُصُوصِ الشَّافِعِيِّ بِالْمَحَلِّ الْمَعْرُوفِ . قَالَ الشَّيْخُ أَبُو عَمْرٍو : فَمَنْ وَجَدَ مِنْ الشَّافِعِيَّةِ حَدِيثًا يُخَالِفُ مَذْهَبَهُ نَظَرَ إنْ كَمُلَتْ آلَاتُ الِاجْتِهَادِ فِيهِ مُطْلَقًا ، أَوْ فِي ذَلِكَ الْبَابِ أَوْ الْمَسْأَلَةِ كَانَ لَهُ الِاسْتِقْلَالُ بِالْعَمَلِ بِهِ . وَإِنْ لَمْ يَكْمُلْ وَشَقَّ عَلَيْهِ مُخَالَفَةُ الْحَدِيثِ بَعْدَ أَنْ بَحَثَ . فَلَمْ يَجِدْ لِمُخَالَفَتِهِ عَنْهُ جَوَابًا شَافِيًا ، فَلَهُ الْعَمَلُ بِهِ إنْ كَانَ عَمِلَ بِهِ إمَامٌ مُسْتَقِلٌّ غَيْرَ الشَّافِعِيِّ ، وَيَكُونُ هَذَا عُذْرًا لَهُ فِي تَرْكِ مَذْهَبِ إمَامِهِ هُنَا ، وَهَذَا الَّذِي قَالَهُ حَسَنٌ مُتَعَيَّنٌ وَاَللَّهُ أَعْلَمُ


  • Muhammad al-Râ‘î al-Andalusî rapporte dans son « Intisâr al-faqîr al-sâlik li-tarjîh madhhab al-imâm Mâlik » (p. 225) [Edition : Dâr al-Gharb al-Islâmî, 1981] :

« Un homme lui dit [à l’Imâm Mâlik] : « Ne rapportes-tu pas le hadîth « Les deux marchands » dans le « Muwwatâ’ » et pourtant n’agis pas selon celui-ci ? »

Mâlik lui répondit : « C’est pour qu’un ignorant comme toi sache que je l’ai délaissé tout en le connaissant. » »


  • Texte en arabe :

قال له رجل : « لِم رَويت حديث (البيعان بالخيار) في الموطأ ولم تعمل به ؟
قال له مالك: لِيعلم الجاهل مِثلك أنّي على عِلم تركته ».


Concernant la méthode à adopter lors de divergence d’opinion

« Il n’est pas permis à une personne du commun d’arrêter de suivre les quatre Imâms et de prendre directement depuis les sources textuelles du Qur’ân et des ahâdîth pour la simple et bonne raison que cela implique de nombreuses conditions explicitées dans les livres de fondements (usûl). De plus, ces conditions sont rarement atteintes par les grands savants, particulièrement en cette époque ou l’Islâm est devenu quelque chose d’étrange tout comme il a commencé comme quelque chose d’étrange. »

“L’avis qui est appuyé par les règles des fondements (usûl) et sur lequel se sont basés la preuve de l’islâm al-Ghazâlî et l’ imâm al-Mâzirî, qui dit que le fait de délaisser l’avis prépondérant (mashhûrou l’avis que les shuyûkh de l’école mâlikite ont considéré comme le plus fort (râjihfait partie de la faiblesse de la science et du peu de religion, c’est cela la vérité et l’avis retenu, et celui qui suit un autre chemin que cela dans le qâdâ’ (application judiciaire) et la fatwâ (réponse juridique) a certes suivi sa passion et s’est égaré du bon chemin. La pratique de l’avis prévalent (râjih) s’impose pour tout savant conforté dans sa science. Lorsque le muqallid (imitateur) prendra connaissance d’une divergence sur une question qui le concerne, et qu’il y aura un avis prévalent (râjih) à cause du fait qu’il est l’avis prépondérant (mashhûr), ou à cause de la pratique (‘amal) ou pour une autre raison que cela, il devra pratiquer le râjih , et il ne fera pas de fatwâ par autre que lui, sauf pour une nécessité extrême et la présence d’une perversion évidente”

“Il n’est pas permis à l’imitateur (muqallid) ou au muftî de faire une fatwâ si ce n’est par l’avis prépondérant (mashhûr). Al-Bâjî a dit : ‘C’est un point qui ne fait l’objet d’aucune divergence parmi les musulmans pris en considération pour le consensus (ijmâ‘) qu’il est interdit de donner la fatwâ par autre que l’avis prépondérant (mashhûr).’”


  • Texte en arabe :
لَا يَجُوزُ لِعَامِّيٍّ أَنْ يَتْرُكَ تَقْلِيدَ الْأَئِمَّةِ الْأَرْبَعَةِ وَيَأْخُذَ الْأَحْكَامَ مِن الْقُرْآنِ وَالْأَحَادِيثِ ؛لِأَنَّ ذَلِكَ لَهُ شُرُوطٌ كَثِيرَةٌ مُبَيَّنَةٌ فِي الْأُصُولِ لَا تُوجَدُ فِي أَغْلِبْ الْعُلَمَاءِ وَلَا سِيَّمَا فِي آخِرِ الزَّمَانِ الَّذِي عَادَ الْإِسْلَامُ فِيهِ غَرِيبًا كَمَا بَدَأَ غَرِيبًا
الَّذِي عَضَّدَهُ الْقَوَاعِدُ الْأُصُولِيَّةُ , وَعَلَيْهِ بَنَى – حُجَّةُ الْإِسْلَامِ – الْغَزَالِيُّ وَالْإِمَامُ الْمَازِرِيُّ وَنَصَّ عَلَى أَنَّ الْعُدُولَ عَنْ الْمَشْهُورِ أَوْ مَا رَجَّحَهُ شُيُوخُ الْمَذْهَبِ الْمَالِكِيِّ مِنْ ضَعْفِ الْعِلْمِ وَقِلَّةِ الدِّينِ وَهَذَا هُوَ الْحَقُّ وَالتَّحْقِيقُ وَمَنْ سَلَكَ سَبِيلًا غَيْرَ ذَلِكَ فِي الْقَضَاءِ وَالْفُتْيَا فَقَدْ اتَّبَعَ هَوَاهُ وَهَلَكَ فِي بَيِّنَاتِ الطَّرِيقِ فَالْعَمَلُ بِالرَّاجِحِ مُتَعَيِّنٌ عِنْدَ آُلِّ عَالِمٍ مُتَمَكِّنٍ . وَإِذَا اطَّلَعَ الْمُقَلِّدُ عَلَى خِلَافٍ فِي مَسْأَلَةٍ تَخُصُّهُ وَفِيهَا قَوْلٌ رَاجِحٌ بِشُهْرَةٍ أَوْ عَمَلٍ أَوْ غَيْرِهِمَا تَعَيَّنَ عَلَيْهِ الْعَمَلُ عَلَى الرَّاجِحِ وَلَا يُفْتِي بِغَيْرِهِ إلَّا لِضَرُورَةٍ قَادِحَةٍ وَالْتِزَامِ مَفْسَدَةٍ وَاضِحَةٍ

أَنَّ الْمُقَلِّدَ أَوْ الْمُفْتِي لَا يَحِلُّ لَهُ أَنْ يُفْتِيَ إلَّابِالْمَشْهُورِ قَالَ الْبَاجِيُّ وَهَذَا لَا خِلَافَ فِيهِ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ مِمَّنْ يُعْتَدُّ بِهِ فِي الْإِجْمَاعِ فِي مَنْعِ الْفُتْيَا بِغَيْرِ الْمَشْهُورِ


  • Taqî al-‘Uthmanî dans «Usūl al-Iftā’ wa Ādābuh» (p. 206) rapporte que :

« L’Imām al-Awzā‘ī (m. 157 H) (رحمه الله تعالى) a dit : “Celui qui sélectionne les avis marginaux des savants s’écarte de l’Islām.” »


  • Abû al-‘Abbâs Ahmad ibn Yahyâ Al-Wansharîsî écrit dans « alMi`yâr al-mu`arab » (Vol. 12, p.25; Edition : Rabat, 1981) :

Le Shaykh Abû Ishâq al-Shâtibî — qu’Allâh lui fasse miséricorde — a dit : “Voyez comment cet Imâm et savant (al-Mâzirî), malgré son éminence et sa grandeur qui ne fait aucun doute, n’a point autorisé de faire la fatwâ par autre que le mashhûr (l’avis prépondérant) dans l’école (madhhab) et ses règles bien connues, et c’est un intérêt (maslaha) nécessaire …”


“Cependant, si la formulation implique que ce qui est correct est restreint à cet avis seulement; par exemple “l’avis juste” (al-sahîh), ou ce qui est “pris en considération” (al-ma’khudh bihi) (l’avis qui est pris pour la fatwa) et les choses similaires qui impliquent que l’opinion qui est opposé est faible, alors il n’est pas permis de donner la fatwa par cet avis (faible), car, comme nous allons l’expliquer, le fait de donner la fatwa par un avis faible est de l’ignorance.”

وأما إذا كان التصحيح بصيغة يقتضي قصر الصحة على تلك الرواية فقط, كالصحيح والمأخوذ به ونحوهما ممّا يفيد ضعف الرواية المخالفة لم يجز الإفتاء بمخالفها, لما يأتي من أن الفتيا بالمرجوح جهل.

Et l’auteur de “Al-Durr al-Mukhtar” écrit en introduction de son livre dans la section concernant les protocoles pour le muftî :

“Le jugement (d’un Qâdî) et la Fatwâ (d’un muftî) selon un avis faible est de l’ignorance, de la stupidité et enfreint le consensus.”

وأن الحكم والفتوى بالقول المرجوح جهل وخرق للإجماع

Ibn ‘Âbidîn al-Hanafî dit en commentant ces paroles : “Comme par exemple, prendre l’avis de Muhammad (al-Shaybânî) lorsqu’il y a un avis d’Abû Yusuf [deux élèves d’Abû Hanîfah] , et ce qui est encore plus invalide est le fait de donner la fatwa par un avis qui est contraire à « Zâhir al-Riwaya » [l’avis prépondérant] lorsque personne (parmi les autorités qualifiés) n’a déclaré qu’un autre avis était correct (sahîh), et de donner la fatwâ par un avis qu’un savant capable d’émettre un avis juridique (mujtahid) a rejeté.”

كقول محمد مع وجود قول أبي يوسف إذا لم يصحح أو يقو وجهه, وأولى من هذا بالبطلان الإفتاء بخلاف ظاهر الرواية إذا لم يصح, والإفتاء بالقول المرجوع عنه


Concernant la construction de tombeaux

Shaykh Zakîyy al-Dîn Ibrâhîm écrit dans « Abjadiyyat al-tassawûf al-islamî » (p.38-40)

« Pourquoi les soufis ont-ils un tel engouement pour :

  • La construction de tombeaux […]

Réponse :

Les soufis ne désespèrent pas que les morts [aient un sort favorable], contrairement aux mécréants qui perdent espoir pour les gens des tombes ﴿ (S.60/V.13)

Car ils savent bien que la mort n’est qu’une étape parmi d’autres du pénible voyage humain vers Allâh. Selon eux, le mort est vivant d’une vie intermédiaire (barzakhiyyah) et a une véritable relation avec le vivant, comme cela est authentifié dans les ahadiths de l’Envoyé d’Allah (صلى الله عليه و سلم) : le mort rend le salut à celui qui le visite, il le reconnait, la salutation au mort près de sa tombe est légale, la conversation qu’il a eue avec les morts « de Qulayb le jour de Badr » (صلى الله عليه و سلم) . Tout cela figure dans nombre de traditions confirmées (thâbitah).

Quant au Coran, Sa Parole te suffit – exalté soit-Il – : Ils se réjouissent pour ceux qui, restés en arrière, ne les ont pas encore rejoints ﴿ (S.3/V.170)

Cela [montre] qu’il existe une relation fondamentale entre les vivants et les morts, sinon l’invocation et le salut qui leur sont adressés seraient adressés aux pierres !

En ce sens nous avons la visite de l’Envoyé (صلى الله عليه و سلم) aux gens du Baqî’, la salutation qu’il leur adresse, son entretien avec eux et la demande qu’il fait pour eux.

Dans son livre « al-rûh » auquel il n’y a rien à ajouter, l’Imâm Ibn Qayyim al-Jawziyyah, (élève, apôtre, et héritier de la prédication de Ibn Taymiyyah) a établi l’ensemble de la doctrine soufi au sujet de la vie après la mort et de la relation des esprits avec les vivants. Ibn Abî al-Dunyâ a écrit à ce propos une œuvre utile.

Les Soufis croient à raison que le Saint dans cette vie est un Saint par ses caractéristiques spirituelles et ses dons seigneuriaux. Ces caractéristiques et dons sont liés aux esprits et n’ont absolument aucune relation avec les corps. Ainsi, lorsque le Saint meurt, ses caractéristiques et ses dispositions se retirent avec son esprit dans son monde intermédiaire, mais son esprit reste totalement relié à sa tombe, selon l’argument précédant concernant le salut qu’on lui adresse et sa réponse, etc. De là découle la vénération accordée à ces grands hommes pieux d’entre les gens des tombes.

Il est attesté que l’Envoyé d’Allah (صلى الله عليه و سلم) a déposé une pierre sur la tombe d’un compagnon, ‘Uthmân b. Madh’ûn (رضي الله عنه), et a dit : « Je reconnaitrai la tombe de mon frère grâce à elle » .Ce hadîth est survenu après celui rapporté par notre maître ‘Alî (رضي الله عنه) à propos du nivellement des tombes honorées (musharrafah). [Les savants] s’y réfèrent pour autoriser l’utilisation de quelque chose pour marquer l’emplacement de la tombe et la valeur de celui qui l’occupe, sans toutefois tomber dans l’excès ou l’exagération, mais dans l’espoir de permettre qu’il soit toujours visité, de faire des invocations en sa faveur, de [prendre] exemple sur lui, de faire des aumônes pour lui et de conserver sa trace (âtharahu).

Par conséquent, il est permis de transférer un mort d’un endroit à un endroit meilleur, comme il est authentifié dans le hadith de Jâbir et d’autres.

Ensuite, certaines personnes ont exagéré – avec une bonne intention d’un côté, et la crainte de la disparition des tombes de l’autre – et l’affaire a pris la tournure que l’on connait aujourd’hui. Comme il est dit : « La chose dépend de sa motivation (‘illah) » : la motivation (‘illah) du nivellement (taswiyyah) des tombes, et l’interdiction originelle de leur visite était la crainte de la dégradation [de la foi] et du retour à l’associationnisme. Or quand la foi et le monothéisme se sont ancrés dans les cœurs des gens (même si parfois leur langue s’est trompée), il n’y a plus rien eu de blâmable à célébrer la mémoire des pieux par [le souvenir] de leur exemple, à montrer de la considération (i’tibâr) [à leur égard], et à devoir rendre visite au défunt, etc. (Nous avons rapporté les points de vue des savants des différentes écoles, reporte toi à ce qui suit !).

Le point de vue qu’ils ont généralement adopté, en regard des motivations [à l’origine de ces comportements], n’est jamais allé jusqu’à menacer les gens d’associationnisme, d’idolâtrie, de mécréance, d’apostasie ou de rendre licite le sang des musulmans. Ainsi, des centaines années ont passé sur ces tombes sans qu’aucune d’elles n’ait été adoré en dehors d’Allah, ni qu’aucun musulman n’ait prié une seule unité [de prière] pour un Saint, et l’exemple le plus éloquent est dans la tombe du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et celle des grands imams.

Normalement, ce qui concerne les innovations lors des visites et qui est blâmable peut être soigné en s’entraidant de la meilleure manière.

Je sais pertinemment par avance que ces paroles seront contredites par les langues et les plumes des querelleurs professionnels, ceux qui en ont fait le fondement de leur courant de pensée, la totalité de leur mode de prédication et leur fonds de commerce. J’expose un avis sans prétendre à l’infaillibilité ni être le seul détenteur de la vérité, et je pense qu’on peut prendre ou laisser de chacun, sauf pour ce qui vient d’Allah et de Son Messager. De ce que j’en sais déjà concernant les textes allant dans ce sens et ceux qui sont contradictoires, le propos en question est ancien et récurent, il ne contient aucune nouveauté, et il est possible de rapprocher les différents points de vue. Mais il n’est de pouvoir et de force qu’en Allah. Vous pouvez vous référer à ce que nous avons écrit en détail sur l’intercession et la tombe dans l’épître « la question de l’intercession et des tombes ».

Fin de citation

Auteur originel de la traduction : leporteurdesavoir


Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑