Al-Muhaddîth Muhammad al-`Alawî al-Mâlikî al-Hassanî, l’ancien Muftî Mâlikite de la Mecque écrit dans « Mafâhîm yujibu an tusahhah » (p. 110-114) :

« Le Soufisme est persécuté et accusé d’être la source de beaucoup de maux et subit ainsi une injustice de la part d’un grand nombre. Pire encore, certains ont exagérés jusqu’à lui attribuer des qualificatifs offensants et dénigrants pour les utiliser comme base de récusions du témoignage. Ils disent ainsi : « Untel n’est pas digne de confiance et on n’accepte pas son récit. Pourquoi ? Car il est soufi. »

Et ce qui est étrangement curieux, c’est que ceux-là même qui dénigrent le Soufisme et le combattent n’ont pas froid aux yeux de se référer aux paroles des Imâms du Soufisme dans leurs prêches du Vendredi et dans les cours qu’ils donnent. Ils disent par exemple : Al-Fudayl ibn `Iyâd a dit, al-Junayd a dit, al-Hassan al-Basrî a dit, Sahl al-Tustarî a dit, Al-Muhâsibî a dit et Bishr al-Hâfî a dit.

Ces derniers sont les imâms du Soufisme et ils sont considérés comme ses pôles (aqtâb), ses piliers, ses fondements et ses structures. D’ailleurs, les ouvrages du Soufisme sont pleins de leurs paroles et de descriptions de leurs comportements et de leurs qualités. C’est à se demande : est-ce qu’il s’agit d’une véritable ignorance ou d’une prétendue ignorance ? Est-ce qu’il s’agit d’un véritablement aveuglement ou un prétendu aveuglement ?

J’aimerai rapporter les paroles des Imâms de la religion qui sont eux-même des piliers du Soufisme afin de faire connaître leur véritable position vis-à-vis de la Législation Islamique, car le meilleur moyen de connaître une personne, c’est de la connaître à travers elle-même et l’homme est le meilleur interprète de lui-même, de ses opinions et de ses idées.

Al-Imâm al-Junayd (رضي الله عنه ) : « Toutes les voies sont fermées aux créatures, sauf celle qui suit le Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم), et se conforme à sa Sunnah, celle-ci bénéficiant de l’ouverture de tous les chemins de la bienfaisance et en fait bénéficier tous ceux qui le suivent.»

Il est parvenu qu’Abû Yazîd al-Bastâmî (قدس سره) dit un jour à ses compagnons : « Allons voir celui qui s’attribue la sainteté. » Arrivés à la mosquée, ils constatèrent que l’homme en question crachait dans la direction de la Qiblah. Alors Abû Yazîd partit alors sans le saluer en disant : « Celui-ci n’est pas digne de se voir confier un comportement des comportements du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم). Comment serait-il apte à se voir confier la station des Saints (awliyâ‘) et des Véridiques (siddîqîn) à laquelle il prétend ?»

Dhû al-Nûn al-Misrî a dit : « En résumé, quatre choses : l’amour du Majestueux, l’exécration du modique, la conformité à la révélation et la crainte de la déviance. Parmi les signes de l’amour d’Allâh : la constance à suivre le bien-aimé d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) dans sa morale, ses comportements, ses ordres et sa tradition.»

Al-Sirî al-Saqatî a dit : « Le Soufisme est une même appellation pour trois concepts : La lumière de la dévotion n’éteint pas la lumière du savoir, l’ésotérisme n’est pas en contradiction avec le sens apparent du Coran et de la Sunnah et les prodiges ne poussent pas à violer les voiles des secrets sacrés d’Allâh. »

Abû Nasr ibn al-Harîth al-Hâfî : « J’ai vu le Prophète (صلى الله عليه وسلم) en rêve et il m’a dit : « Ô Bishr ! Sais-tu pourquoi Allâ t’a élevé par rapport à tes proches ? » Je lui ai répondu : « Non, Ô Messager d’Allâh ! » Il dit : « Parce que tu suis ma Sunnah, tu rends service aux pieux, tu conseilles tes frères et tu aimes mes compagnons et mes Ahl al-Bayt, c’est cela qui t’a fait accéder au rang des vertueux. » »

Abû Yazîd ibn Tayfûr ibn `Îssâ al-Bastâmî a dit : »Je m’apprêtais à demander à Allâh de me préserver des besoins en nourriture et en femmes mais je me suis dit : « Comment me permettrai-je de demander cela à Allah alors que le Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) ne l’a pas demandé ? » Alors je me suis abstenu de le demander. Ensuite, Allâh m’a préservé du besoin en femmes au point où je pouvais rencontrer une femme et sentir exactement la même chose que si j’avais en face de moi un mur.»

Il dit également : « Si jamais vous voyez quelqu’un arriver à des prodiges (karâmât) jusqu’à voler dans les airs, ne soyez pas impressionnés avant de vous assurer de son comportement vis-à-vis du licite et de l’illicite et de son respect des normes de la Législation. »

Sulaymân `Abd al-Rahmân ibn `Atiyyah al-Dârânî a dit : « Quelques fois, il peut arriver à mon cœur d’apprécier un trait d’esprit de certaines personnes, mais je rétorque à mon cœur que je ne pouvais accepter cette appréciation que si elle tait étoffée par deux témoins : le Coran etl la Sunnah. »

Abû al-Hassan Ahmad ibn Abî al-Hawârî a dit : « Tout acte qui ne respecte pas la Sunnah du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) est vain. »

Abû Hafs `Umar ibn Muslimah al-Haddâd a dit : « Celui qui ne contrôle pas la conformité de ses actes, ses paroles, ses états avec le Coran et la Sunnah en tout temps, ne peut être considéré comme faisait parti du Conseil [des saints] (diwân) »

Abû al-Qâssim al-Junayd ibn Muhammad a dit : « Celui qui ne connaît pas le Coran par coeur et qui n’a pas étudié le hadîth ne peut constituer un exemple à suivre dans cet ordre, car notre savoir est conditionné par le Coran et la Sunnah. »

Il dit également : « Notre doctrine est attachée aux fondements du Coran et de la Sunnah, et notre savoir est basé sur le hadith du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) »

Abû Uthmân Saîd ibn Ismâ`îl al-Hîrî était dans un état [spirituel], son fils Abû Bakr a déchiré la chemise qu’il portait, alors Abû `Uthmân a ouvert ses yeux, a vu l’habit déchiré et lui a dit : « Ô mon fils ! Cela est contraire à la Sunnah ! En apparence c’est un signe d’hypocrisie dans le faux.»

Il dit également : « La compagnie d’Allâh ne peut être atteinte qu’avec un bon comportement exemplaire et par Sa crainte permanente. La compagnie du Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) ne se fait qu’avec le suivi de sa Sunnah et l’observance de la science exotérique. La compagnie des Saints (awliyâ’) d’Allâh ne peut être atteinte que si on les respecte et en leur rendant service. La compagnie de la famille doit se faire par le bon comportement, la compagnie des frères doit se faire avec simplicité tant que cela ne constitue pas un péché et la compagnie des ignorants doit se faire en priant pour eux et en les prenant en pitié.»

Il dit également : « Celui qui prend la Sunnah comme bornes pour ses paroles et ses actes, profère la sagesse et celui qui prend ses penchants ou ses caprices comme bornes pour ses paroles et ses actes profère l’hérésie : Allâh a dit : ﴾ Si vous lui obéissez vous serez guidés ﴿ [S.24/V.54] »

Abû al-Hassan Ahmad ibn Muhammad al-Nawawî : « Si vous voyez quelqu’un prétendre un état de rapprochement d’Allâh qui le sort des limites de la science de la Législation, ne l’approchez pas car il est certes un innovateur. »

Abû al-Fawârîs Shah ibn Shujâ` al-Karmânî : « Celui qui évite de regarder les choses qui sont illicites à voir, qui se retient devant les désirs de ce qui est interdit, qui s’emplit intérieurement par l’observance pieuse et extérieurement par la conformité avec la Sunnah et qui s’habitue à ne manger que ce qui est licite, sa vision intuitive ne sera pas faussée. »

Abû al-`Abbâs Ahmad ibn Muhammad ibn Sahl ibn `Atâ’ al-Adamî a dit : « Celui qui s’oblige à respecter l’éthique vertueuse de la Législation, Allâh illuminera son cœur par la lumière du savoir et le fera accéder au rang des suiveurs du Prophète (صلى الله عليه وسلم) dans ses recommandations, ses comportements et sa morale. »

Il dit également : « Tout ce que tu veux savoir cherche le dans le domaine de la science, si t ne le trouve pas, cherche le dans le domaine de la sagesse, si tu ne le trouve pas, soupèse-le avec le principe de l’unicité divine et si tu le ne trouve pas dans ces trois dimensions, frappe le visage de Satan avec. »

Abû Hamzal al-Baghdâdî al-Bazzâr : « Celui qui connaît la voie du Vrai le Très-Haut, il lui est aisé de la suivre ; Or il n’y a de chemin à la voie d’Allâh, que la constance dans l’imitation du Messager (صلى الله عليه وسلم) dans ses états, ses paroles et ses actes. »

Abû Ishâq Ibrâhîm ibn Dâwud al-Ruqqî a dit : « Le signe de l’amour d’Allâh, c’est la préférence de Son obéissance et de l’imitation de Son Prophète (صلى الله عليه وسلم).»

Mumchâd al-Dînûrî a dit : « La politesse du disciple réside dans le respect de la sacralité des maîtres spirituels, dans la disponibilité à rendre service à ses frères et dans observance de l’éthique comportementale de la Législation. »

Abû Muhammad `Abdallâh ibn Manâzil a dit : « Celui qui n’observe pas une obligation religieuse, Allâh l’afflige de l’inobservance de la Sunnah et toute personne qui observance pas la Sunnah risque de tomber dans des agissements hérétiques. »

Fin de citation


Publicités